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La recherche médicale au Québec

Jacques Dufresne
Dans l'histoire des sciences au Québec, la recherche médicale occupe une place très importante. Parmi les pionners, outre Michel Sarrazin auquel nous avons déjà fait allusion, il y a Jean-François Gauthier, lui aussi médecin du roi. Comme Sarrazin, Gauthier s'intéresse aux plantes médicinales et aux animaux et comme Sarrazin également il reste en contact avec plusieurs représentants du monde scientifique français auquel il adresse de nombreuses communications sur les plantes et les animaux du Canada.

    La conquête anglaise brise évidemment cet élan. Il n'y aura plus de médecins du roi. Pendant le siècle qui suivra, l'Université McGill aura le monopole de la formation des médecins au Québec. Dès le XIXe siècle, la faculté de médecine de cette université aura une réputation internationale. L'ontarien William Osler y enseigna de 1870 à 1884. C'est pendant cette période qu'il fit sa découverte la plus importante, celle des plaquettes du sang. À la même époque Osler devait se rendre dans les grandes capitales européennes à Berlin, en particulier, où il rencontra celui qui allait devenir son maître et son modèle, Rudolf Virchow.

    Au XXe siècle, c'est le neurologue Wilder Penfield, le fondateur de l'Institut de neurologie de Montréal, qui contribua le plus au maintien de la réputation de la faculté de médecine de McGill. Au cours des années 1940 et 1950 Wilder Penfield et son équipe sont parvenus à localiser le siège de multiples sensations auditives visuelles ou olfactives dans le cerveau. Certains des ouvrages de Penfield, dont The cerebral cortex of man, sont devenus des classiques de la neurologie.

    WILDER PENFIELD

    La faculté de médecine de McGill perdit son monopole en 1843, date à laquelle des médecins francophones fondent l'école de médecine et de chirurgie de Montréal. L'Université Laval est fondée en 1852. Elle comprend une faculté de médecine.

    Dans les hôpitaux francophones, la recherche médicale ne commencera qu'au début du présent siècle. Le démarrage sera encore plus lent dans les universités.

    En 1890, les docteurs Amédée Marien et Télesphore Parizeau de Montréal, Arthur Vallée et Arthur Rousseau de Québec s'inscrivent à l'Institut Pasteur de Paris pour étudier la bactériologie. Le montréalais Oscar-Félix Mercier complète de son côté son apprentissage de la chirurgie dans les hôpitaux de Paris. À son retour le docteur Mercier, avec l'appui des autres anciens de Paris, réussit à imposer les méthodes de Pfister en chirurgie. Ces méthodes sont basées sur l'antiseptie. C'est le début de la médecine moderne au Québec.

    Parmi les grands noms de la recherche médicale dans les institutions francophones au XXe siècle, on note ceux de Hans Selye, Jacques Genest, Armand Frappier et Paul David.

    HANS SELYE

    En tant qu'endocrinologue et auteur de la théorie du stress, mot qu'il à lui-même introduit en médecine, Hans Selye a atteint une notoriété comparable à celle de Wilder Penfield en neurologie.

    En 1954, le docteur Paul David fonde l'Institut de cardiologie de Montréal où en 1968, un an après la grande première de Christian Bernard en Afrique du Sud, le docteur Pierre Grondin réussit une transplantation cardiaque.

    En 1967, le département que dirigeait le docteur Jacques Genest à l'Hôtel Dieu de Montréal devient l'Institut de recherche clinique. Des travaux importants seront accomplis à cet Institut par des équipes comme le groupe interdisplinaires de recherche sur l'hypertension que dirigeait le docteur Marc Cantin en 1988, date à laquelle le docteur Cantin a reçu une distinction de l'américan Hearth Association, The Research Award. Les travaux que récompensaient de cette distinction portait sur hormone produite par le coeur dont il faudra mieux connaître les fonctionnement pour améliorer les traitements de l''hypertension et des défaillances cardiaques.

    JACQUES GENEST

    Fort d'une expérience en bactériologie acquise en France et aux États-Unis, le docteur Armand Frappier fondait en 1938 l'Institut de microbiologie de Montréal qui était appelé à devenir un centre important de recherche en microbiologie et de production de vaccins. Cet institut fut connu par la suite sous le nom d'Institut Armand Frappier.

    Tous ces grands fondateurs, tous ces pionniers de la recherche médicale sont des humanistes. Dans une interview accordée au magazine l'Actualité médicale en janvier 1988, le docteur Paul David tenait ces propos que ne renirait pas Hippocrate: "Il importe d'enseigner non seulement la science médicale mais aussi l'humanisme qui repose sur la psychologie, la sociologie, l'éthique, la morale, l'exemple. Il faut enseigner aux jeunes la beauté et les richesses de l'humanisme. La médecine doit demeurer une occasion de découvrir et de participer aux mystères de l'être humain.

    Je suis toujours étonné qu'il n'y ait pas davantage de médecins romanciers. Car un patient, c'est un chapitre de roman. Il nous fait découvrir la vie d'une façon extraordinaire. Je comprends mal la prétention de la médecine, car tout est nuance. La médecine est l'art de la nuance. Malheureusement, la science s'est posée comme un absolu. Et je n'aime pas les absolus".

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