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Frankl Viktor

1905-1997

Viktor Frankl est né à Vienne, le 26 mars 1905 et déjà très jeune il manifeste une curiosité pour toute chose. A quatre ans déjà, il émet le désir de devenir médecin. Son intérêt et son souci de la personne humaine le conduisent à entamer des études de psychologie. A 16 ans, il entame une correspondance avec Freud qui sera pour lui décisive. Bien des années plus tard, Frankl dira : « A côté de Freud, je ne suis qu’un nain, mais si un nain grimpe sur les épaules d’un géant, il voit beaucoup plus loin que lui » (Viktor Frankl, La psychothérapie et son image de l’homme, Resma, paris, 1970, p. 13). Cela laisse présumer de son ambition. En 1925, lors d’une conférence, il emploiera pour la première fois le terme de « logothérapie », c’est aussi à ce moment-là qu’il commence à se démarquer des écoles de Vienne (celle de Freud et de Adler) – thérapeutique qu’il approfondira toute sa vie. Il obtient son doctorat de médecine et poursuit une spécialité en neurologie. Rapidement, il devient directeur du service de neurologie au seul hôpital pour juifs à Vienne. Durant cette période, il établit une grande quantité de faux diagnostics, afin de sauver ses patients de l’euthanasie, exigée alors pour les malades mentaux. C’est dans ces temps obscurs qu’il commence la rédaction d’une de ses œuvres majeures : Le docteur et l’âme. Mais la guerre dans sa violence inouïe va lui arracher sa jeune épouse, son père, sa mère et son frère. Quant à lui, sa survie tient du miracle. Plus tard il confiera que le désir de retrouver son manuscrit et de revoir les siens, auront maintenu en lui l’espoir et la vie. Délivré par les Américains, il rentre à Vienne. Il apprend alors la disparition de toute sa famille. C’est à ce moment précis que la logothérapie va prendre vie. En neuf jours, malgré la fatigue, malgré l’extrême faiblesse de son corps à la sortie d’une telle épreuve, Viktor Frankl va dicter sans relâche, entre larmes et voix éteintes, un livre expiatoire, qui aura un succès sans pareil : Un psychiatre déporté témoigne. Il va alors retrouver sa vocation première et bien que seul au monde et brisé, il reprend son travail à la polyclinique de Vienne. Statut qu’il conservera pendant 25 ans. En 1948, Viktor Frankl obtient un doctorat de philosophie sur la question du rapport entre la psychologie et la religion. Ce qui donnera lieu au très profond ouvrage intitulé Le Dieu inconscient. La même année, il devient professeur associé à l’université de médecine de Vienne. Il va continuer à enseigné à l’université de Vienne jusqu’à ses 85 ans, en 1990.
En 1992, famille et amis créent en son honneur l’Institut Viktor Frankl. Il publiera en 1997, un ouvrage reprenant l’ensemble de ses recherches : Man’s Search for Meaning (Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie). Aujourd’hui, plus d’une trentaine de livres portent son nom, traduits en 27 langues. Celui dont on aimait à remarquer le caractère jovial et expansif (Viktor Frankl, La psychothérapie et son image de l’homme, op. cit., p12) nous a quitté le 2 septembre 1997, d’un arrêt du cœur. Son approche psychologique et psychiatrique du sujet aura des répercussions encore bien longtemps et la logothérapie est aujourd’hui une thérapeutique fondamentale. La vie de Viktor Frankl justifie à elle seule sa pratique.

Elsa Godart
Philosophe, psychanalyste et logothérapeute
Présidente de l’association LOGOPHISENS
www.logophisens.org



la logothérapie en quelques mots

Composée du grec logos – terme majeur en philosophie, rappelant l’idée de sens rationnel et pas seulement de parole – la logothérapie a révolutionné la psychothérapie. Dans Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie (Man’s Search for Meaning), Viktor Frankl la définit comme « la recherche d’un sens à sa vie ». La logothérapie est avant tout cette recherche de sens inhérent à toute existence humaine. Elle se définit par un effort de la volonté, qui en visant un but – c’est-à-dire un sens – à nos actions, motive l’agir humain. En ce sens, la recherche d’une signification devient plus importante que le rôle des pulsions si fondamentales dans la psychanalyse freudienne. Ce qui implique que chaque sujet doit se donner à lui-même sa propre raison d’exister. Cette raison comble alors l’exigence existentielle et spirituelle de l’âme humaine.
Aussi logothérapie est avant tout une réponse aux symptômes propres à notre époque comme le « vide existentiel » .
Le danger du vide existentiel est qu’il est si puissamment encré dans le sujet, qu’il donne l’impression d’appartenir à une fatalité incontournable. Être atteint de « vide existentiel » c’est perdre toute motivation à vivre : c’est le vide qui remplace le plein de la vie. Lutter contre le sentiment du vide existentiel, c’est aussi le moyen de se battre face une existence qui ne laisse ni place à l’espoir, ni à l’avenir. Viktor Frankl s’est battu de toutes ses forces en camp de concentration pour retrouver de l’espoir et croire à nouveau en l’avenir. Dans Découvrir un sens à sa vie, il précise : « Le mot fin signifie : but et terminaison. Un homme qui est incapable de prévoir la fin d’une « existence provisoire » est incapable de poursuivre un but. Il cesse de vivre en fonction de l’avenir, contrairement à un homme qui mène une vie normale ». Or, celui qui souffre se trouve dans cette « existence provisoire », un état qui est en attente de normalité. Aussi, est-il question de « remplir » ce vide par le sens. Pour vaincre cette souffrance, Viktor Frankl propose deux comportements imparables: Le sens de l’amour et le sens de l’humour.

Elsa Godart

 

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