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    Dossier: Minnelli Vincente

    Vincente Minnelli et la ruse de la Passion

    Jean-Philippe Costes

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vincente Minnelli (cliquez ici pour accéder à son dossier biographique)

     

                Le sage Hegel était d’avis que la Raison gouvernait l’Histoire. De prime abord, la Post-Modernité a infirmé sa théorie. Tout, dans la Société contemporaine, est en effet placé sous le signe de l’Amour, du Sexe, du Plaisir, de la Création, du Pouvoir, de l’Argent ou encore, du Jeu. Ce triomphe de la Passion a des origines multiples, qu’il serait vain de vouloir exposer de façon exhaustive. Trois d’entre elles, néanmoins, émergent plus distinctement que les autres du vaste océan de la Causalité. La première est l’influence du Romantisme, puissant courant de pensée que Novalis, Fourier, Nietzsche et d’autres esprits aventureux ont animé dans le but d’exalter la grandeur des Sentiments. La deuxième est la vague libérale qui, en déferlant sur les années 1960, a balayé les conventions sociales et mis à nu ce qui devait jadis être soigneusement refoulé : les pulsions corporelles. L’ultime catalyseur du crépuscule de la Raison est la chute du Communisme et la victoire du Capitalisme, système dont la logique repose essentiellement sur la satisfaction marchande des désirs humains.

     

     

                La Passion désigne, de façon générale, un mouvement de l’être vers ce qu’il convoite. En sacralisant ce chemin tracé selon les règles de la volonté individuelle, l’Homme aurait dû accéder au Bonheur. Le monde post-moderne et sa promesse permanente d’assouvir toutes nos envies nous laissent pourtant insatisfaits. Ils n’ont offert que fureur et anxiété, désespoir, solitude et morosité. Quelle est la source de cette contradiction qui aggrave notablement le malaise existentiel de notre Civilisation ? Pour tenter de le savoir, il convient naturellement d’interroger les essayistes, les philosophes, les romanciers, les sociologues et les théologiens. Toutefois, il est également possible de trouver la lumière dans les salles obscures, en compagnie d’un cinéaste dont le talent a éclairé le milieu du XXè siècle : Vincente Minnelli. N’en déplaise à l’opinion commune, l’œuvre de ce créateur à l’inventivité incandescente est irréductible à quelques comédies musicales. Des films à l’image du Chant du Missouri (Meet Me in Saint Louis), de Yolanda et le voleur (Yolanda and the Thief, du Pirate (The Pirate), d’Un Américain à Paris (An American in Paris), de Tous en scène (The Band Wagon), de Melinda (On a Clear Day You Can See Forever) et de Brigadoon ont certes une flamboyance qui a légitimement contribué à la fortune et à la gloire de leur auteur. Néanmoins, ce dernier est infiniment plus qu’un zélé serviteur du divertissement de masse. Il est avant tout un théoricien de la Passion, de ses rouages, de sa logique et plus encore, de ses limites.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Lame de fond (Undercurrent)

     

                En dépit de ses hautes ambitions intellectuelles, Vincente Minnelli se défie de l’élitisme dont le Cinéma d’auteur est coutumier. Il s’entend s’adresser au Spectateur comme le feraient ces fins pédagogues, qui usent de la simplicité et parfois même, de la légèreté, pour mieux instruire leur auditoire. Ce parti pris narratif explique, pour une large part, la carrière étincelante du metteur en scène : il a répondu aux attentes profondes du Public, tout en satisfaisant les exigences plus superficielles des magnats de l’industrie Hollywoodienne. Que professe donc ce savant funambule, qui a su cheminer sur le fil du succès sans jamais tomber dans le gouffre du spectacle de bas étage ? La Passion est au centre de la Vie parce qu’elle n’est que séduction et jouissance, parce qu’elle est synonyme de plaisir et d’épanouissement, parce qu’elle fait naître dans les cœurs un buisson ardent qui enflamme les sens. En termes plus concis, elle est la maîtresse de l’Homme parce qu’elle possède des qualités qui lui confèrent un charme irrésistible. Tous les héros de Minnelli font l’expérience de cette attraction universelle, qui mêle subtilement la loi de Newton au péché d’Adam. Ils nous rappellent en chœur que d’ « amants » à « aimants », il n’y a qu’une lettre que le désir efface à sa guise. Ainsi, Ann Hamilton et Alan Garroway dans Lame de fond (Undercurrent), Stuart McIver et Meg Rinehart dans La toile d’araignée (The Cobweb), Mark et Marina dans La femme modèle (Designing Woman), Hannah et Wade Hunnicutt dans Celui par qui le scandale arrive (Home from the Hill), Marguerite Laurier et Julio Desnoyers dans Les quatre Cavaliers de l’Apocalypse (The Four Horsemen of the Apocalypse), Carlotta et John Andrus dans Quinze jours ailleurs (Two Weeks in Another Town) sont, comme Laura Reynolds et le Docteur Hewitt dans Le chevalier des sables (The Sandpiper), unis par des liens que la chair et l’esprit, entrelacés par les inclinations les plus primitives de l’espèce humaine, ont rendus pratiquement indissolubles[1]. Cet attachement viscéral pourrait sembler désincarné si Vincente Minnelli n’avait eu le génie de lui faire traverser l’écran, en choisissant des acteurs à la sensualité communicative. Quel homme peut-il rester de marbre devant les courbes sculpturales de Deborah Kerr, d’Ingrid Thulin et de Lauren Bacall ou bien, se montrer insensible à la splendeur féline de Cyd Charisse, de Katharine Hepburn et d’Elizabeth Taylor ? Quelle femme peut-elle ignorer la force de Kirk Douglas, la finesse de Robert Taylor, le regard troublant de Richard Burton ou la sublime désinvolture de Robert Mitchum ? Ceux qui, dans leur modeste fauteuil, ont le privilège d’être les témoins de cette magnificence, ne peuvent arriver qu’à une seule et unique conclusion : la Passion est trop belle pour susciter le dédain et l’indifférence des simples mortels.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les ensorcelés (The Bad and the Beautiful)

     

                Elle est d’autant plus fascinante, nous susurre Minnelli au détour des aventures qu’il relate, qu’elle invite les âmes qui l’accueillent à s’affranchir des pesanteurs de l’existence. Madariaga (Lee J. Cobb), le patriarche des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, a depuis longtemps saisi cette propriété libératrice. A l’heure où tant d’autres se seraient docilement soumis aux lois de la vieillesse, l’impétueux personnage fait fi de son âge et bâtit son propre jardin d’Eden en cultivant les passions. Peu lui importent les contingences du quotidien. Il ne veut que chanter, danser, manger, festoyer. Il ne vit que pour éprouver toutes les sensations qui foisonnent à la surface de la Terre. Le Révérend Hewitt et l’irrévérencieux Mark, héros du Chevalier des sables et de La Femme modèle, comptent parmi les héritiers de ce Prométhée des temps modernes. Fidèle à son mentor imaginaire, le premier renonce aux obligations inhérentes à son mariage et à son ministère pour jouir, avec une divine créature, des joies extatiques que procurent les plages de Californie. Proche cousin de ce nouveau Walden, qui semble tout droit sorti de la plume de Henry David Thoreau, le second épouse une belle inconnue après une nuit d’ivresse. Son acte est totalement irrationnel. Sa folie manifeste le tracasse quelque peu mais au fond, il n’a que faire de la prudence des gens sensés. Il est trop désireux d’oublier sa morne besogne de journaliste sportif pour tourner le dos, sans regimber, à la dolce vita que lui promet sa dulcinée sous le soleil de l’Arizona. Ces êtres formidablement audacieux, auxquels il faudrait associer Julio Desnoyers, le fantasque petit-fils de Madariaga, ont en commun de répondre sans détour à une question qui taraude l’ensemble du genre humain : pourquoi devrions-nous céder au principe de réalité, alors même que nous pouvons ouvrir en grand les portes du plaisir ?

     

     

                La Passion, suggère Minnelli en paraphrasant Bizet, est enfant de Bohême. La domestiquer requiert une force herculéenne, car outre sa capacité à nous offrir la beauté et la légèreté, elle se distingue par sa formidable propension à éclairer les ténèbres de l’ordinaire. Bama Dillert (Dean Martin), le joueur impénitent et le buveur invétéré de Comme un torrent (Some Came Running), ne démentira pas cette assertion. L’essentiel de sa gaîté proverbiale émane essentiellement de ce que les moralisateurs de son entourage et d’ailleurs considèrent comme des vices. Ann Hamilton, l’austère scientifique de Lame de fond, doit également sa découverte du Bonheur à l’exploitation des ressources prophétiques de son cœur. Si elle ne s’était ouverte aux joies de la Sensibilité, en épousant le puissant Alan Garroway comme la Belle au Bois Dormant s’unit à son prince charmant, elle serait restée prisonnière de cette noire citadelle du Sens que l’on appelle vulgairement la condition de « vieille fille ». Tom et Laura[2], l’étudiant androgyne et la femme au foyer délaissée de Thé et sympathie (Tea and Sympathy), sont tout aussi conscients des vertus revigorantes des sentiments. Sans l’amour adultérin qui les lie, envers et contre tous les dangers qui s’attachent à pareille relation, ils seraient conjointement condamnés au long supplice de la solitude. L’itinéraire de John Andrus est toutefois le meilleur exemple du caractère salvateur de la volupté. Ainsi, l’acteur suicidaire de Quinze jours ailleurs renaît instantanément à la vie lorsque son mentor, le cinéaste Maurice Kruger (Edward G. Robinson), lui demande de quitter l’hôpital psychiatrique pour se joindre au tournage de son dernier film. La Passion a des raisons que la Raison ne peut ignorer…

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La toile d'araignée (The Cobweb)

     

                L’Entendement, explique Minnelli en fin connaisseur des choses humaines, est pleinement fondé à répondre favorablement aux appels répétés de cette grande infirmière de la détresse commune. Vincent Van Gogh (Kirk Douglas) en administre la preuve dans l’édifiant Lust for Life[3]. Que serait en effet devenu ce piètre pasteur Néerlandais, s’il ne s’était converti au culte de l’Art pictural ? Qu’aurait légué au monde cet homme qui ne savait rien des techniques fondamentales de la Peinture si son enthousiasme d’amateur enflammé ne l’avait conduit, au péril de sa santé financière, à étudier sans relâche le dessin, les couleurs et tous les maîtres de l’Esthétique ? Plus que de plates évidences, ces questions appellent une réponse trop souvent occultée par les séides de la Raison pure : en tant que mouvement vers l’objet du désir, la Passion implique une progression de l’Individu. Elle est plus encore synonyme d’initiation, en ce sens qu’elle nous instruit sur le monde et sur notre propre personnalité. Le Révérend Hewitt en fait l’expérience dans Le chevalier des sables. Alors qu’il se croyait inaccessible à toute forme de subversion, il découvre aux côtés de la sulfureuse Laura qu’il est perméable aux idées progressistes et même, au péché. En un mot comme en cent et pour user d’une terminologie Socratique, son amour extraconjugal lui permet de se « connaître lui-même ». Tom Lee suit une trajectoire similaire dans Thé et sympathie. En s’éprenant de Madame Reynolds[4], la femme de son professeur d’éducation physique, il comprend qu’il est hétérosexuel et non, homosexuel, comme se plaisent à lui faire croire les misérables qui voient en sa délicatesse un manque de virilité.

     

     

                Est-ce à dire que la Passion est, en quelque sorte, l’institutrice de l’être humain ? Vincente Minnelli n’a aucun doute à ce sujet. Les inclinations vigoureuses qui se disputent notre âme, sous-entend-il de film en film, nous sont chères en ceci qu’elles nous tirent vers le haut. Georgia Lorrison (Lana Turner), Fred Amiel (Barry Sullivan) et James Lee Bartlow (Dick Powell), les héros des Ensorcelés (The Bad and the Beautiful) en témoignent avec force. Cette actrice, ce metteur en scène et ce scénariste naguère inconnus doivent ainsi leur ascension vers les sommets de l’Olympe Hollywoodienne aux miracles d’un homme qui a consacré son existence entière à la vénération des dieux du Septième Art : Jonathan Shields (Kirk Douglas). John Andrus connaît une transfiguration identique dans Quinze jours ailleurs. Dès lors qu’il choisit de laisser libre cours à son attrait pour le Cinéma, l’ancien comédien aux abois triomphe de son marasme. Il finit même par conquérir ses galons de réalisateur en suppléant le prestigieux mais vieillissant Maurice Kruger. Ce bond qualitatif est encore perceptible dans La toile d’araignée, drame dont les protagonistes, des personnes atteintes de troubles mentaux, apprennent à surmonter leurs maux grâce aux ateliers de décoration mis au point par le Docteur McIver. C’est néanmoins dans Thé et sympathie que la promotion de l’Individu par le Cœur prend tout son relief. Tom, l’écorché vif, accède en effet à un niveau de raffinement que jamais n’atteindront les jeunes imbéciles qui l’entourent. La Rationalité, semble murmurer cet anticonformiste résolu, a des limites qu’elle n’est pas en mesure de transcender sans le secours providentiel de la Sensibilité.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     

     

    Thé et sympathie (Tea and Sympathy)

     

                Ajoutées les unes aux autres, ces raisons multiples et variées amènent à considérer que la Passion est l’alliée la plus fidèle de l’Homme. Cette conclusion relève cependant de la pure illusion. En vérité, nous dit Minnelli avec un sens du retournement dramatique qui va de pair avec sa remarquable intelligence, les émotions qui nous habitent sont identifiables à des drogues : elles semblent douces et délectables pour mieux nous attirer et nous asservir. La Passion, monstre de ruse, serait donc ambivalente par essence. Minnelli démasque ce double visage en exploitant toutes les possibilités formelles du Cinéma. Qui sait regarder attentivement observera par exemple que l’un des traits caractéristiques du réalisateur est de recourir au Technicolor et  aux forts contrastes chromatiques. Cet invariant n’est nullement une coïncidence. Il suffit de voir Les quatre Cavaliers de l’Apocalypse pour s’en convaincre. En opposant judicieusement le rouge et le noir, cette tragédie fait ainsi ressortir la dualité fondatrice de la Passion plus nettement que ne le ferait un philosophe de premier plan. Qui sait user de son ouïe à bon escient remarquera, de la même manière, que Minnelli accompagne ses films de partitions éminemment ambiguës. Qu’elles soient l’œuvre d’André Prévin ou d’autres compositeurs, ces oscillations sonores qui font balancer le Spectateur entre le romantique et le dramatique poursuivent un objectif immuable : saisir la duplicité fondamentale des sentiments. Qui est sensible à la photographie notera enfin que l’immortel auteur de Gigi est le cinéaste du clair-obscur. Cette option esthétique obéit, là encore, à une volonté constante de souligner la nature irrémédiablement équivoque de nos transports. C’est au nom de ce principe structurant que les scènes d’amour de Comme un torrent  ou de La toile d’araignée se déroulent systématiquement dans la pénombre. Cette logique justifie également que l’admirable Raphael Copley (George Peppard) évolue en permanence dans un halo de lumière, tandis que ses congénères sombrent dans les noires profondeurs du désir : il est l’unique homme de Raison de Celui par qui le scandale arrive

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh (Lust for Life)

     

                Vincente Minnelli ne serait toutefois pas entré au Panthéon du Septième Art s’il s’était contenté de cette approche purement technique. Ce qui le distingue du commun des metteurs en scène, c’est qu’il s’efforce de recueillir la substantifique moelle de son sujet. Son propos, d’une rare pertinence, pourrait se résumer en ces termes allusifs : la Passion agit comme un torrent de passions ; elle fait naître un flot de sentiments qui, à la façon d’une lame de fond, submerge l’Entendement et ravage tout sur son passage. Autrement dit, la Passion est une prédatrice redoutable qui a coutume de chasser en meute. Elle cerne sa proie en requérant l’appui de ce que William Shakespeare aurait nommé « ses sœurs fatidiques »[5]. The Cobweb expose magistralement ce mécanisme diabolique. Le point de départ de son scénario est apparemment anodin : le Docteur McIver, adepte des nouvelles thérapies psychiatriques, demande à ses patients de confectionner de nouveaux rideaux pour sa clinique. La méthode du praticien, fondée sur l’appel à la créativité des malades, semble porter ses fruits. L’œuvre d’Art collective redonne envie de vivre à ceux qui, à l’image du jeune Stevie Holte (John Kerr), ne rêvaient que de s’abandonner à la Mort. Hélas, elle provoque simultanément une recrudescence de passions aussi contradictoires qu’exacerbées. Victoria Inch (Lilian Gish), l’intendante de l’institution, combat ainsi le projet d’avant-garde de Stewart McIver. Sa fierté s’oppose à ce que quiconque porte atteinte à l’autorité dont elle jouit sur les choses matérielles de « son » établissement. Elle multiplie donc les incidents et les manigances. Son pouvoir de nuisance étant limité, elle invite le Docteur Devanal (Charles Boyer) à faire front commun avec elle. Le médecin, déliquescent et frustré d’avoir du céder sa place de directeur, ne tarde pas à lui donner satisfaction. L’infirmière en chef Meg Rinehart (Lauren Bacall) fait cependant barrage aux méfaits des deux intrigants. Son exceptionnelle probité lui vaut l’amour fou de Stewart McIver. Ivre de jalousie, Karen (Gloria Grahame), l’épouse de ce dernier, arrache les rideaux par lesquels tous les malheurs sont arrivés. L’imprévisible Stevie voit dans cet acte de dépit une atteinte personnelle à son travail et à sa dignité. Accablé de douleur, il s’enfuit et laisse croire à son entourage qu’il a mis fin à ses jours.

      

                Le commentaire qu’inspire cette succession de calamités au Docteur McIver est éloquent : « Nos passions ont tissé une toile d’araignée dans laquelle Stevie Holte s’est pris ». La métaphore est fondamentale. Elle constitue en effet la synthèse idéale de la pensée de Vincente Minnelli. Le réalisateur Américain, suprême témoignage de génie, fait pourtant plus que décrire la Passion comme un réseau destructeur, qui se ramifie à l’infini pour étouffer ses victimes insouciantes. Il désigne également ses origines. Ces centres de gravité universels sont au nombre de trois. Le premier, sanctifié par l’apostasie Nietzschéenne et dévoyé par des générations de dictateurs en mal de légitimité intellectuelle, est la volonté de puissance. Le vieux Madariaga la hait de tout son cœur. En homme d’expérience, il sait que le désir de croître est une créature féroce et prolifique, qui forge les totalitarismes au-delà du temps et des frontières en réveillant sans cesse les quatre Cavaliers de l’Apocalypse : la Conquête, la Guerre, la Peste[6] et la Mort. La montée du Nazisme confirme tragiquement cette prémonition.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La femme modèle (Designing Woman)

     

               Le deuxième semeur de discorde que Minnelli met en relief est l’Art. Pareille mise à l’index peut surprendre de la part d’un cinéaste de premier ordre. Elle est d’autant plus déconcertante que son auteur l’a consciencieusement réitérée, en la faisant planer au-dessus de tous ses héros. Mike Garroway (Robert Mitchum), le frère maudit de Lame de fond, est par exemple un pianiste émérite. Tom Lee, le jeune paria de Thé et sympathie, est également féru de musique. Marina, la « Femme modèle » aux mœurs de harpie, est dessinatrice de mode. Dave Hirsh (Frank Sinatra), le soldat perpétuellement défait par la Vie de Comme un torrent, est un ancien romancier. Julio Desnoyers et Laura Reynolds, les marginaux en crise des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse et du Chevalier des sables, ne vivent que par et pour la Peinture. Quant à Vincent Van Gogh, le créateur décadent de Lust for Life, point n’est besoin de rappeler quelle fut sa profession. Les charges répétées de Vincente Minnelli à l’encontre de ses propres domaines de prédilection ne portent cependant pas les marques infamantes de l’incohérence et de l’ingratitude. Elles proviennent au contraire d’un observateur avisé, qui se veut lucide avec le monde et avec lui-même. Cette réalité donne toute sa valeur aux deux portraits assassins du Cinéma que sont Quinze jours ailleurs  et Les ensorcelés. Le metteur en scène de ces brûlots lumineux use ainsi de sa connaissance intime du Spectacle pour montrer, d’une caméra experte, comment l’envie de bâtir une œuvre génère infailliblement des myriades de sentiments ravageurs. John Andrus, l’acteur dépressif, est le témoin privilégié de cette fatalité du pire. Des studios mythiques de Cinecitta, où le Destin l’a conduit à officier, il est mieux placé que quiconque pour observer l’incroyable déchaînement d’émotions que suscite le tournage d’un film. A travers ses yeux mi-fascinés, mi-consternés, le Spectateur est convié à découvrir l’envers d’un décor que le système médiatique et l’idolâtrie ordinaire lui ont fallacieusement appris à révérer. Il assiste, médusé, aux crises de nerfs de David Drew (George Hamilton), le jeune premier désespérément instable. Il regarde, amusé, les caprices homériques de « la Barzelli » (Rosanna Shiaffino), la diva des plateaux. Il entend, affligé, les discours outrageusement prosaïques de Tucino (Mino Doro), producteur écervelé qui aime à se définir comme « un marchand de soupe ». Il voit, écoeuré, les infidélités permanentes et la paranoïa délirante de Maurice Kruger, le cinéaste déclinant. Ce faisant, il prend conscience de la nocivité intrinsèque des passions qui accompagnent tout acte créatif. La contemplation des Ensorcelés n’est pas de nature à inverser ce cheminement intellectuel. Le film retrace en effet l’itinéraire chaotique d’un requin de Hollywood, qui a pour seule et unique ambition de satisfaire son insatiable appétit d’images. La scène finale de cette odyssée carnassière, tristement représentative d’un microcosme vicié par la convoitise, surpasse les enseignements des plus illustres moralistes. En montrant Georgia Lorrison, Fred Amiel et James Lee Bartlow se presser au téléphone pour s’enquérir du dernier projet du ténébreux Jonathan Shields, alors même que ce dernier a naguère été leur bourreau, elle met en évidence le caractère foncièrement addictif de la Passion.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Comme un torrent (Some Came Running)

     

                Ce piège vertigineux, conclut Minnelli avec une prodigieuse acuité intellectuelle, repose sur un ultime ressort dont la douceur apparente ne saurait dissimuler l’ineffable rudesse : l’Amour. Ce poison insidieux que chacun, satanique malédiction, ressent le besoin irrépressible d’ingérer, fonctionne lui aussi comme un réseau infernal. Il provoque une réaction en chaîne qui emprisonne l’Humanité dans un pénitencier sans issue. Celui par qui le scandale arrive décrit parfaitement ce processus tragique. Esclave de cet enfant naturel du sentiment amoureux qu’est la concupiscence, Wade Hunnicutt (Robert Mitchum), le héros du film, s’enferme en effet dans un dédale de liaisons extraconjugales dont jamais il ne pourra s’échapper. Sur un ton plus humoristique, La femme modèle et son couple uni par les liens profanes du soupçon réciproque souligne, de façon opportune, que le Cœur est la funèbre antichambre de la jalousie. Comme un torrent rappelle enfin que l’Amour est le père éternel de la haine. Cette chronique sentimentale d’un désastre annoncé s’achève ainsi sur l’assassinat de Ginny Moorhead (Shirley MacLaine), femme outragée par un homme qui refuse catégoriquement de laisser son ancienne fiancée convoler à son gré. Ces tragédies successives sont l’occasion de remarquer que Vincente Minnelli n’opère aucune distinction hiérarchique entre l’Amour conjugal et l’Amour filial. Aux yeux du cinéaste, contempteur infatigable des faiblesses humaines, le second est tout aussi nocif que le premier. Toute sa filmographie est placée sous le signe de cette funeste identité. Invariablement, les fils détestent leur père, comme Jonathan Shields, Theron Hunnicutt[7], Tom Lee et Stevie Holte dans Les ensorcelés, Celui par qui le scandale arrive, Thé et sympathie et La toile d’araignée. Immanquablement, les frères se vouent une rancœur tenace, comme Mike et Alan Garroway ou Dave et Frank Hirsh[8], dans Lame de fond et Comme un torrent[9]. Le royaume de la pure émotion, murmure le créateur de cette légion d’affligés, ne sera jamais une terre d’élection pour les âmes pacifiques.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     

     

     

    Celui par qui le scandale arrive (Home from the Hill)

     

                Nouveau témoignage de sa grandeur, Vincente Minnelli motive scrupuleusement cette violente mise en garde. La Passion, dit-il sans jamais se départir de sa morale Stoïcienne, doit être combattue parce qu’au-delà des vertus d’ « architecte des esprits » qu’elle exhibe pour séduire, elle a vocation à détruire tous ceux qui ont l’infortune de la toucher. Sa nature, fondée sur le dépassement de la Raison et du libre arbitre individuel[10], ferait ainsi d’elle un objet d’aliénation. John Andrus, qui a frôlé la démence à deux reprises à cause du Cinéma, n’est pas homme à contredire cette vérité première. La toile d’araignée conforte sa position accusatrice. Souvenons-nous en effet que ce drame collectif se situe dans un lieu hautement symbolique : un asile de fous. Le corollaire de cette tendance pathologique à faire chavirer l’entendement est la désadaptation des personnes à la Société. En d’autres termes, la Passion, telle que Minnelli l’envisage, fait de ses esclaves des étrangers à leur propre univers[11]. Les artistes sont les preuves vivantes de cet avilissement. Tous sont, à des degrés divers, des « misfits » Hustoniens, des désaxés qui ne parviennent pas à prendre place au sein de la Communauté. Tel est notamment le cas de Laura Reynolds, le peintre solitaire du Chevalier des sables ou encore, de Dave Hirsh, le romancier errant de Comme un torrent. La détresse existentielle de ces deux personnages est aussi considérable que significative. Elle trouve un prolongement emblématique dans la déréliction de Van Gogh, le génie incompris de Lust for Life.

      

                Cette misère fait écho à l’affliction que subit une autre catégorie de passionnés : les amoureux. Ces êtres fondamentalement irrationnels sont, eux aussi, en complet décalage avec leur environnement. Julio Desnoyers est l’expression même de cette inadéquation structurelle. Alors que l’Apocalypse Nazie s’abat sur la planète, le Roméo insouciant ne pense qu’à écumer les dancings parisiens en compagnie de sa Juliette. Ainsi va la Passion, clame Vincente Minnelli. Elle rend aveugle aux exigences du monde. Telle est la raison pour laquelle Tom Lee, le jeune Werther de Thé et sympathie, s’obstine à courtiser Laura, femme que l’âge mûr et le mariage ont entourée d’un rempart inexpugnable[12] : la douce folie des sentiments incite à faire fi des dures réalités de l’existence.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

    Les quatre Cavaliers de l'Apocalypse (The Four Horsemen of the Apocalypse)

     

                Pour le plus grand malheur des romantiques, ces dernières sont néanmoins destinées, par les lois impitoyables de la condition humaine, à s’imposer aux Don Quichotte qui ont fait vœu de les combattre. Cette revanche inexorable de la Raison explique que les amants soient si souvent poursuivis par le démon de l’incompatibilité. Un homme et une femme qui s’unissent en rêvant ne sauraient en effet s’accorder durablement, alors même que tout les oppose dans la vraie vie. Mark, l’échalas immature de La femme modèle, apprend cette leçon à ses dépens. Son quotidien, dévasté par la tempétueuse Marina, n’est qu’une longue série de malentendus et de conflits harassants. Cet enfant de la classe moyenne, exclusivement intéressé par le poker et le sport, comprend qu’il n’a rien de commun avec la grande bourgeoise qu’il a épousée après une nuit d’extase. Sa prise de conscience, aussi tardive que douloureuse, intervient le jour où il emménage dans l’appartement de sa belle. Dans ce nid d’amour trop immense pour être humain, il a instantanément l’impression d’être un voyageur égaré dans une contrée qui lui sera toujours inconnue. Ce sentiment de perdition constitue l’un des piliers du Cinéma de Minnelli. Servi par de vastes décors et de larges cadrages qui n’accordent qu’un rôle accessoire aux gros plans, il souligne magistralement la désorientation qui frappe les victimes de la Passion.  

     

                Ces cinq derniers mots peuvent sembler excessifs. Néanmoins, ils rappellent opportunément que celui qui se laisse guider par ses désirs se condamne infailliblement à la douleur. La Philosophie classique le dit sans ambages : le mal de vivre de l’Homme procède essentiellement de son incapacité à obtenir ce qu’il veut. L’Etymologie confirme cruellement cette sentence. « Passion » dérive en effet du Latin « pati », qui signifie « souffrir ». Pour graver ces vérités dans nos mémoires embrumées par l’opium du plaisir, Vincente Minnelli s’approprie le dogme Chrétien et son imagerie puissamment ancrée dans l’inconscient collectif. Cette option narrative est au centre des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Madariaga, le jouisseur impénitent, est ainsi la réincarnation d’Adam, l’ancêtre biblique des insoumis. Sa luxueuse hacienda est une réplique du Paradis terrestre de la Genèse. Heinrich (Karlheinz Böhm), son petit-fils converti au Nazisme, personnifie quant à lui le serpent diabolique qui va précipiter la chute de l’Humanité. Une fois reliés, les éléments de cette somptueuse charade picturale font apparaître une morale aussi tranchante qu’un couperet : Passion est synonyme de cataclysme. Toute l’œuvre de Minnelli est hantée par cette association apocalyptique, scellée sur les fonts baptismaux de l’Ancien et du Nouveau Testament. Tom et Laura, les amants interdits de Thé et sympathie, se perdent par exemple en reproduisant le Péché originel dans un jardin édénique. De même, Alan Garroway sombre dans l’abîme lorsque, contaminé par la jalousie légendaire de Caïn, il essaie de supprimer Mike, son frère innocent comme Abel. Theron Hunnicutt subit une malédiction analogue dans Celui par qui le scandale arrive[13]. Il est contraint de fuir à jamais après avoir traqué et tué l’assassin de son père impur, dans un marécage dont les vapeurs évoquent ouvertement celles de l’Enfer. La boucle biblique est bouclée avec Vincent Van Gogh, dans le bien nommé Lust for Life[14]. Loin de la vacuité de nombreuses biographies cinématographiques, le film reconstitue en effet la Passion d’un Christ laïc, obligé d’endurer un calvaire à cause de sa folle adoration de l’Art.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Quinze jours ailleurs (Two Weeks in Another Town)

     

                La fin pathétique de ce Messie dévoyé permet à Vincente Minnelli d’ajouter une ligne essentielle au terrible acte d’accusation qu’est sa vaste filmographie. La Passion, proclame-t-il avec la solennité d’un juge, n’engendre pas seulement l’aliénation et la souffrance ; elle porte un autre fléau dans ses flancs maudits : la Mort. Mark dans La femme modèle, Stevie Holte dans La toile d’araignée, Dave Hirsh dans Comme un torrent et John Andrus dans Quinze jours ailleurs lui échappent par miracle, après avoir senti son souffle fétide sur leur visage. Comme Alan Garroway et Wade Hunnicutt dans Lame de fond et Celui par qui le scandale arrive, la famille Desnoyers, héroïne tentaculaire des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, finit au contraire par lui succomber. Tom Lee commet pour sa part une tentative de suicide, après avoir subi l’insondable méchanceté des protagonistes de Thé et sympathie. A l’instar de Van Gogh, il ne discerne aucun moyen de sortir de l’impasse morale dans laquelle il s’est laissé prendre[15]. Il ne doit son salut qu’à la vertu très symbolique que possède sa chère Laura : la compassion[16], c’est-à-dire, l’aptitude à partager avec autrui les souffrances qui suivent le sillage de ses sentiments.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le chevalier des sables (The Sandpiper)

     

                Cette dernière phrase est capitale, dans la mesure où elle sous-entend qu’il existe un antidote au venin de la Passion. Minnelli ne désigne jamais directement ce remède providentiel. Il le représente, par touches subtiles, grâce à une mosaïque de personnages exemplaires. Ann Hamilton, la « femme de tête » de Lame de fond, promeut ainsi les vertus curatives de l’intelligence. Stevie Holte fait quant à lui l’éloge du repentir, en retournant se soigner après sa fugue insensée. Gwen French (Martha Hyer), l’enseignante avisée qui repousse les avances de l’incontrôlable Dave Hirsh, montre le caractère salvateur de la prudence. Raphael Copley, le bâtard outragé qui fait l’impossible pour ramener ses parents naturels sur le droit chemin[17], vante les mérites inégalés de la tempérance et de la miséricorde. Gigi Desnoyers (Yvette Mimieux), résistante de la première heure à la barbarie Nazie, prêche pour le courage et la lucidité en amenant son frère Julio à sortir de sa scandaleuse indifférence au monde. Hewitt, le Pasteur du Chevalier des sables, trace enfin la voie sacrée du détachement lorsqu’il décide de quitter simultanément sa femme et sa maîtresse. Quelle est donc cette divine panacée, qui semble capable de purger les âmes de toutes leurs affections ? Son caractère prétendument terre à terre lui vaut mille anathèmes et pourtant, elle est l’ange céleste qui nous garde du démon des chimères. Elle est cette parente oubliée qui se rappelle à notre bon souvenir quand la folie nous guette. On la décrie à tort, car elle est cette voix Hégélienne qui nous appelle sagement à déjouer la ruse de la Passion. Si Vincente Minnelli avait été Paul Eluard, il aurait écrit son nom sur les murs des prisons : c’est la droite, la sublime, l’irremplaçable Raison.

         


    [1] Les personnages précités sont respectivement interprétés par Katharine Hepburn, Robert, Taylor, Richard Widmark, Lauren Bacall, Gregory Peck, une nouvelle fois Lauren Bacall, Eleanor Parker, Robert Mitchum, Ingrid Thulin, Glenn Ford, Cyd Charisse, Kirk Douglas, Elizabeth Taylor et Richard Burton.

    [2] Ces personnages sont incarnés par John et Deborah Kerr. Précisons que les deux comédiens n’ont aucun lien de parenté, en dépit de leurs patronymes identiques.

    [3] Le titre Français du film a été judicieusement choisi, puisqu’il s’agit de La vie passionnée de Vincent Van Gogh.

    [4] Signe de son souci de cohérence thématique, Vincente Minnelli a baptisé « Laura Reynolds » les héroïnes du Chevalier des sables et de Thé et sympathie.

    [5] Voir Macbeth.

    [6] En l’occurrence, la Peste des âmes.

    [7] Alias George Hamilton qui, pour mémoire, fut également l’interprète du turbulent David Drew dans Quinze jours ailleurs.

    [8] Ce dernier personnage est incarné par Arthur Kennedy.

    [9] Seuls Vincent et Theo Van Gogh dérogent à la règle, dans Lust for Life.

    [10] La Passion désigne non seulement un mouvement impétueux de l’être vers ce qu’il désire mais aussi, une émotion puissante et continue qui domine la Raison et oriente la conduite.

    [11] La Philosophie considère traditionnellement les émotions violentes comme des signes d’inadaptation au monde.

    [12] Notons que si cet obstacle paraît dérisoire aux occidentaux du XXIè siècle, il ne l’était en aucun cas dans l’Amérique du début des années 1950.

    [13] « Malheur à celui par qui le scandale arrive » est une citation extraite des Evangiles. A cet égard, le titre Français du film apparaît plus judicieux que le titre original qui, rappelons-le, est Home from the Hill.

    [14] « Lust » renvoyant au péché de luxure, en Anglais.

    [15] Peu avant de se tirer une balle en plein cœur, Van Gogh écrit ces mots symptomatiques de la claustromanie  des passionnés : « Je ne vois aucune issue ».

    [16] « Sympathy » en Anglais.

    [17] Cette noble entreprise concerne, en l’occurrence, les bouillants Wade et Theron Hunnicutt.

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    L'auteur

    Jean-Philippe Costes

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