Le virus du Nil

Jacques Dufresne
Aux nouvelles de la télévision de la Société Radio-Canada, le 16 août, on a consacré de longues minutes à une éventuelle épidémie de la maladie causée par les moustiques infectés par le virus du Nil. Le pourcentage des insectes infectés est infinitésimal et seulement une personne sur cent, parmi celles qui auraient reçu l’inamicale piqure risqueraient d’être victimes de la maladie.
Les représentants de la santé publique se sont d’ailleurs empressés de rassurer les gens. Mais le mal était fait. Les téléspectateurs avaient une raison de plus de vouloir se débarrasser des moustiques par des procédés probablement beaucoup plus dangereux pour la santé humaine que ne l’est l’ennemi désigné. À la fin du reportage, on voyait un enfant déambulant dans la rue avec une bombe de pesticide à la main et un nuage mortifère dans son sillage. Évidemment personne ne nous a dit dans l’émission que les larves de moustiques peuvent filtrer jusqu’à 15 litres d’eau par jour. Au Canada, cinq corbeaux seraient morts de la maladie causée par le virus du Nil. Aucune perte vie humaine n’est encore à déplorer. Combien de corbeaux et d’êtres humains sont morts durant la même période d’empoisonnement par les pesticides ou par une eau non filtrée. Toujours le même scénario de la terreur : on fait de la vie humaine un absolu, par rapport à toutes les autres formes de vie, qui deviennent négligeables, on crée une panique artificielle, et finalement on provoque des réactions en chaîne dont les effets sur la vie humaine sont pires que ceux du premier mal diagnostiqué.


Autres articles associés à ce dossier

Les soins d'aide à la personne

Coalition Solidarité Santé

Le 11 juin dernier, la Coalition Solidarité Santé, la Coalition féministe pour une transformation du système de la santé et des services sociaux

Les problèmes des services de santé au Canada

Marc Lalonde

Le Canada a été l'un des premiers pays à tenir compte des divers déterminants de la santé dans ses lois mêmes et à se soucier du rendement des

Priorité dans le domaine de la santé au Québec

Jacques Brunet

En 1976, on aurait pu croire que la médecine sociale et préventive aurait un jour autant d'importance que la médecine curative.

Les priorités dans le domaine de la santé

Yves Mongeau

Ce texte écrit en 1976 est toujours d'actualité en 1999. Les questions qu'il soulève demeurent. Elles se posent d'une façon plus aigüe.

Choix pour l'an 2000

Jacques Dufresne

La quantité ou la qualité, la préventif ou le curatif, le care ou le cure, autant de choix inévitables qui doivent orienter un système de santé

À lire également du même auteur

Vie
Première version: 2000. Dernière mise à jour 2022,. Quand nous abordons le th&

Univers
Première version 2003. Dernière mise à jour 2020. Bien des idées re&cced

Radio-Canada, une chapelle de la religion du progrès
Tout est bien qui est nouveau !  Un dogme à la SRC ! L’auto-critique exigera plus

Élisabeth II ou le conte de fées britannique
...« Quand à travers les légendes et les poèmes/ Nous connaîtrons

Le ciel français au secours du fait français au Canada
Quelles notes de français donneriez-vous à Justin Trudeau et à François

Le Monastère buissonnier, par Simon Nadeau
Un livre (Boréal 2022) à la fois improbable, inclassable et incomparable, au premier s

Rod Dreher ou une droite américaine qui pense
R.D. : «Trump n’est pas la solution au déclin culturel : il en est un symptô




Articles récents