• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort


    Mourir (et La tombe est un berceau)

    Doris Lussier

    Écrivain et humoriste québécois, Doris Lussier (15 juillet 1918-28 octobre 1993), créa un personnage comique, "le père Gédéon", qu'il interpréta tout au long de sa vie et qui fut adopté par l'écrivain Roger Lemelin dans son feuilleton célèbre «Les Plouffe» en 1954. Doris Lussier fut également au milieu des années 1940 secrétaire du père Georges-Henri Lévesque, fondateur de la faculté des sciences sociales de l'Université Laval de Québec
    http://agora.qc.ca/dossiers/Doris_Lussier

    Doris Lussier a longuement et profondément médité sur la mort en lien direct avec la vie. La vie, voyage du berceau au tombeau, ne termine pas avec la mort, croit-il et espère-t-il. La mort n'est que prélude à une vie éternelle. Voici
    comment il envisageait la mort en général et sa propre mort.
    Mourir

    Il m'apparaît impossible que la vie humaine,
    une fois commencée,
    se termine bêtement;
    et que l'âme, comme une splendeur éphémère,
    sombre dans le néant,
    après avoir inutilement été le lieu spirituel
    de si riches expériences
    et de si douces affections.

    Pour moi, mourir ce n'est pas finir,
    mais continuer autrement.
    Un être humain qui s'éteint,
    ce n'est pas un mortel qui finit,
    mais un immortel qui commence.
    La tombe est un berceau.

    La mort n'est pas une chute dans le vide,
    mais une montée dans la lumière.
    Quand on a la vie,
    ce ne peut être que pour toujours.
    Mourir, c'est aussi beau que naître.
    Est-ce que le soleil couchant n'est pas aussi beau
    que le soleil levant ?

    Si naître est une façon douloureuse d'accéder à la vie,
    mourir ne serait-il pas une façon douloureuse
    de devenir heureux ?



    La tombe est un berceau

    Je n'ai qu'une toute petite foi naturelle,
    fragile, vacillante, bougonneuse et toujours inquiète.
    Une foi qui ressemble bien plus à une espérance qu'à une certitude.

    Mais voyez-vous, à la courte lumière de ma faible raison,
    il m'apparaît irrationnel, absurde, injuste et contradictoire
    que la vie humaine ne soit qu'un insignifiant passage
    de quelques centaines de jours sur cette terre ingrate et somptueuse.
    Il me semble impensable que la vie, une fois commencée,
    se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière,
    et que l'âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant
    après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clarté,
    de si riches espérances et de si douces affections.
    Il me parait répugner à la raison de l'homme autant qu'à la providence de Dieu
    que l'existence ne soit que temporelle et
    qu'un être humain n'ait pas plus de valeur et d'autre destin qu'un caillou.

    J'ai déjà vécu beaucoup plus que la moitié de ma vie;
    je sais que je suis sur l'autre versant des cimes et
    que j'ai plus de passé que d'avenir.
    Alors j'ai sagement apprivoisé l'idée de ma mort.
    Je l'ai domestiquée et j'en ai fait ma compagne si quotidienne
    qu'elle ne m'effraie plus…ou presque.

    Au contraire, elle va jusqu'à m'inspirer des pensées de joie.
    On dirait que la mort m'apprend à vivre.
    Si bien que j'en suis venu à penser que la vraie mort, ce n'est pas mourir,
    c'est perdre sa raison de vivre.
    Et bientôt, quand ce sera mon tour de monter derrière les étoiles,
    et de passer de l'autre côté du mystère, je saurai alors quelle était ma raison de vivre.
    Pas avant.

    Mourir, c'est savoir, enfin.
    Sans l'espérance, non seulement la mort n'a plus de sens,
    mais la vie non plus n'en a pas.
    Ce que je trouve beau dans le destin humain, malgré son apparente cruauté,
    c’est que, pour moi, mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement.
    Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit,
    c’est un immortel qui commence.
    La tombe est un berceau.
    Mourir au monde, c'est naître à l'éternité.

    Car la mort n'est que la porte noire qui s'ouvre sur la lumière.
    La mort ne peut pas tuer ce qui ne meurt pas. Or notre âme est immortelle.
    Il n’y a qu’une chose qui peut justifier la mort…. C’est l’immortalité.
    Mourir, au fond, c’est peut-être aussi beau que de naître.
    Est-ce que le soleil couchant n’est pas aussi beau que le soleil levant ?
    Un bateau qui arrive à bon port, n’est-ce pas un événement heureux ?
    Et si naître n’est qu’une façon douloureuse d’accéder au bonheur de la vie,
    pourquoi mourir ne serait-il pas qu’une façon douloureuse
    de devenir heureux ?

    La plus jolie chose que j'ai lue sur la mort, c'est Victor Hugo qui l'a écrite.
    C'est un admirable chant d'espérance en même temps qu'un poème d'immortalité.
    "Je dis que le tombeau qui sur la mort se ferme
    Ouvre le firmament,
    Et que ce qu'ici bas nous prenons pour le terme
    Est le commencement."

    IMAGE

    Doris Lussier

    http://www.chezlu.com/hommage/Doris%20Lussier/beaute_de_la_mort.htm
    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30

    Documents associés

    • Ainsi vint la mort
    • Tourné par un cinéaste indien, d'après une légende de l'Inde, ce film d'animation nous ramène aux...
    • Madame Perfecta
    • Elle l'a construite planche par planche, sa maison, durant soixante-six ans, vingt-sept en terre...
    • De l'homme
    • 30 (I) Il y a des maux effroyables et d'horribles malheurs où l'on n'ose penser, et dont la seule...
    • Le bonheur humain
    • Définir le bonheur La définition du bonheur soulève plusieurs questions. Que sait-on du bonheur ?...
    • Notre vie
    • Notre vie tu l'as faite elle est ensevelie Aurore d'une ville un beau matin de mai Sur laquelle...
    • Vivez longtemps
    • Les adieux Kraft me regarda un peu perplexe. «Adieu, Kraft! À quoi bon s'accrocher aux gens qui ne...
    • Durée et destin
    • La nature de ces oppositions importe plus ici que leur contenu: les rapports de solidarité et de...