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Dossier
Première Guerre mondiale




En haut - Soldats allemands dans des tranchées lors de la bataille de la Marne (France, 1914)
Crédit: National Archives of Canada/C-0006531

En bas - Une attaque menée par les forces canadiennes, juin 1916
Crédit: Canada. Dept. of National Defence / National Archives of Canada/ PA-000169


Première Guerre mondiale (notice de l'Encyclopédie Hachette, Yahoo ! France) : page1, page 2 et page 3





Documentation
Stefan Zweig: la levée des masses au début de la Guerre
Dans le passage qui suit, l'écrivain autrichien Stefan Zweig évoque l'irrésistible mouvement d'enthousiasme qui balaya l'Autriche au lendemain de la déclaration de la guerre en 1914. Alors que quelques semaines plus tôt, les Viennois vivaient dans l'insouciance la plus totale d'une guerre qui s'annonçait pourtant de plus en plus inévitable, il retrouve, au retour d'un bref séjour à l'étranger, les rues de la capitale envahies par des cohortes d'hommes défilant fièrement sous les drapeaux, au son des marches militaires :
    « Je dois à la vérité avouer que dans cette première levée des masses, il y avait quelque chose de grandiose, d'entraînant et même de séduisant, à quoi il était difficile de se soustraire. Et malgré toute ma haine et mon horreur de la guerre, je ne voudrais pas être privé dans ma vie du souvenir de ces premiers jours ; ces milliers et ces centaines de milliers d'hommes sentaient comme jamais ce qu'ils auraient dû mieux sentir en temps de paix : à quel point ils étaient solidaires. Une ville de deux millions d'habitants, un pays de près de cinquante millions éprouvaient à cette heure qu'ils participaient à l'histoire universelle, qu'ils vivaient un moment qui ne reviendrait plus jamais et que chacun était appelé à jeter son moi infime dans cette masse ardente pour s'y purifier de tout égoïsme. Toutes les différences de rangs, de langues, de classes, de religions, étaient submergées pour cet unique instant par le sentiment débordant de la fraternité. Des inconnus se parlaient dans la rue, des gens qui s'étaient évités pendant des années se serraient la main, partout on voyait des visages animés. Chaque individu éprouvait un accroissement de son moi, il n'était plus l'homme isolé de naguère, il était incorporé à une masse, il était le peuple, et sa personne, jusqu'alors insignifiante, avait pris un sens. Le petit employé de la poste qui, d'ordinaire, ne faisait que trier des lettres du matin au soir, , qui triat et triait sans interruption du lundi au samedi, le commis aux écritures, le cordonnier avaient soudain dans la vie une autre perspective, une perspective romantique : ils pouvaient devenir des héros. [...] Mais peut-être une puissance plus profonde, plus mystérieuse, était-elle aussi à l'oeuvre sous cette ivresse. Cette houle se répandit si puissamment, si subitement sur l'humanité que, recouvrant la surface de son écume, elle arracha des ténèbres de l'inconscient, pour les tirer au jour, les tendances obscures, les instincts primitifs de la bête humaine, ce que Freud, avec sa profondeur de vues, appelait "le dégoût de la culture", le besoin de s'évader une bonne fois du monde bourgeois des lois et des paragraphes, et d'assouvir les instincts sanguinaires immémoriaux. Peut-être ces puissances obscures avaient-elles aussi leur part dans cette brutale ivresse de l'aventure et la foi la plus pure, la vieille magie des drapeaux et des discours patriotiques — cette inquiétante ivresse des millions d'êtres, qu'on peut à peine peindre avec des mots et qui donnait pour un instant au plus grand crime de notre époque un élan sauvage et presque irrésistible. »

Mais, rappelle-t-il également, les Autrichiens conservaient un souvenir tout romantique de la guerre, la dernière participation de l'Autriche remontant à 1871 et n'ayant duré en tout et pour tout que trois semaines.
    «[...] Et puis, en 1914, après un demi-siècle de paix, que savaient de la guerre les grandes masses ? Elles ne la connaissaient pas. Elle restait une légende et c'est justement cet éloignement qui l'avait faite héroïque et romantique. On la voyait toujours dans la perspective des livres et des lectures scolaires et des tableaux des musées : d'éblouissantes attaques de cavaliers en uniformes resplendissants ; la balle mortelle frappait toujours en plein coeur ; toute la campagne était une foudroyante marche à la victoire : "Nous serons de retour à la maison pour Noël", criaient à leur mère, en riant, les recrues de 1914. Qui au village ou à la ville, se souvenait encore de la "véritable" guerre ? Tout au plus quelques vieillards qui, en 1866, avaient combattu contre les Prussiens [...]; et que cette guerre avait été rapide et lointaine, qu'il s'y était versé peu de sang ! Une campagne de trois semaines [...] Une rapide excursion en pays romantique, une aventure sauvage et virile... C'est dans ces couleurs que la guerre se peignait en 1914 dans l'imagination de l'homme du peuple.»
SWEIG, Stefan, Le monde d'hier, Paris, Le livre de poche, 1972 (édition originale en allemand : 1944)

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Sylvie Caucanas et Rémy Cazals (éd.), Traces de 14-18. Actes du colloque international de Carcassonne, 24-27 avril 1996, Éditions Les Audois

A line of bayonets protruding from the earth still testifies to French valor at Verdun in World War I, par Ernest O. Grab (Military History)

Affiches militaires américaines de la Grande Guerre: une exposition en ligne des Archives de l‘État de Louisiane

Histoire et mémoire des deux guerres mondiales (Centre régional de documentation pédagogique)

Compte rendu de: Forgotten Victory, de Gary Sheffield; The Myth of the Great War, de John Mosier, par Frank McLynn (Independent Enjoyment, 29 June 2001)

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Raccourcis intéressants

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Point de vue d'un membre de la noblesse russe exilé en France. Le texte se réfère à des événements qui ont eu lieu au cours de l'année 1916.
Dernière mise à jour: 02/28/2007
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