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Lectures
Essai sur l'Europe

CHANTAL DELSOL INTERROGE JEAN-FRANCOIS MATTEI, PHILOSOPHE, SUR SON LIVRE "LE REGARD VIDE"

Dans cette belle description du génie européen (génie au sens premier de “caractère propre”), je vois d’abord une forte croyance européocentrée : dès les premières pages, vous citez Husserl et plus loin Patocka, son disciple, et l’on a le sentiment que vous les rejoignez dans vos analyses successives : l’Europe serait-elle donc, comme le disait autrefois Brugmans, “la métropole du genre humain” ?

Je m’inscris effectivement dans la lignée de Husserl, de Patocka et de Hegel, mais aussi de Baudelaire, de Proust ou de Kundera. Il s’agit d’envisager ce qui a fait l’originalité de la culture européenne dans le sens étendu qui était celui que Cicéron a donné au mot cultura. Or, les œuvres majeures de notre patrimoine, ce que Braudel nommait ses « unités brillantes » pour qualifier leur rayonnement universel, soulignent la spécificité du regard que l’Europe a porté sur le monde.

Ce “regard” est d’ordre théorique en ce qu’il vise intentionnellement une idée éloignée de toute empiricité : l’idée de vérité, l’idée de justice, l’idée de bien ou l’idée d’humanité.

Husserl écrivait en ce sens que l’Europe a toujours visé un “télos”, une fin transcendantale, de sorte que l’homme européen est devenu « un spectateur désintéressé, un regard jeté sur le monde ». Certes, d’autres peuples s’étaient interrogés sur le monde et sur l’homme. Mais jamais leur regard n’a franchi les limites d’une représentation centrée sur son propre foyer : la Chine a découvert d’autres pays, mais ne les a pas soumis à une connaissance universelle. Au contraire, l’Europe a toujours posé un regard excentré sur son monde pour appréhender les autres, comme le montre l’invention de l’anthropologie. >>
Dossier
Honoré Mercier
Biographie en résumé
Neuvième premier ministre du Québec, du 29 janvier 1887 au 21 décembre 1891. Dans la mémoire collective, il reste un des grands défenseurs de l'autonomie du Québec face aux intrusions du pouvoir fédéral.






En haut - Gravure publiée dans L'album universel, vol. 19, no 2, 10 mai 1902, p. 29. Source : collection de la Bibliothèque nationale du Québec
En bas - Gravure publiée dans : Benjamin Sulte, Histoire des Canadiens-Français, 1608-1880, Montréal, Wilson et Cie, éditeurs, 1882, tome V

Vie et œuvre
«Né à Saint-Athanase, près d'Iberville, le 15 octobre 1840, fils de Jean-Baptiste Mercier, cultivateur, et de Marie-Catherine Timineur (Kemeneur).

Fit ses études au collège Sainte-Marie à Montréal. Étudia le droit auprès de Mes Laframboise et Papineau, à Saint-Hyacinthe, et auprès de Joseph-Adolphe Chapleau. Admis au barreau du Bas-Canada en 1865. Créé conseil en loi de la reine le 31 mai 1878.

Rédacteur au Courrier de Saint-Hyacinthe du 11 juillet 1862 jusqu'à sa démission, le 4 mai 1864. De retour au Courrier le 27 février 1866 comme membre du comité de rédaction, il quitta de nouveau le journal le 23 mai suivant. Dans le domaine journalistique, il fonda également à Montréal, en 1883, le quotidien le Temps, avec Félix-Gabriel Marchand et Toussaint-Antoine-Rodolphe Laflamme, député à la Chambre des communes de 1872 à 1878.

Exerça sa profession d'avocat à Saint-Hyacinthe de 1865 à 1881 et s'associa à Jean-Baptiste Bourgeois de 1874 à 1879 et à Odilon Desmarais en 1876. S'établit à Montréal en 1881 où il fut associé à Cléophas Beausoleil (député à la Chambre des communes de 1887 à 1899) et Paul Martineau. Fut associé à partir de 1892 à Lomer Gouin et Rodolphe Lemieux (député à la Chambre des communes de 1896 à 1930 et sénateur de 1930 à 1937). Participa à la fondation de la Compagnie d'aqueduc de Saint-Hyacinthe en 1874.

Membre fondateur de la section de Montréal du Parti national et secrétaire de cette formation en 1872. Élu député libéral à la Chambre des communes dans Rouville en 1872. Ne s'est pas représenté en 1874. Défait dans Saint-Hyacinthe aux élections fédérales de 1878. Assermenté solliciteur général dans le cabinet provincial de Joly de Lotbinière le 30 avril 1879, il occupa cette fonction jusqu'au 31 octobre 1879. Élu député libéral à l'Assemblée législative dans Saint-Hyacinthe à l'élection partielle du 3 juin 1879. Réélu sans opposition en 1881. Chef de l'Opposition libérale de 1883 à 1887. Fondateur et chef, en 1885, d'un nouveau Parti national regroupant libéraux et conservateurs. Élu de nouveau dans Saint-Hyacinthe en 1886. Son siège devint vacant lors de son accession au cabinet et il fut réélu sans opposition à l'élection partielle du 12 février 1887. Élu dans Bonaventure en 1890, sans opposition. Premier ministre de la province du 29 janvier 1887 au 21 décembre 1891. Président du Conseil exécutif du 29 janvier 1887 au 30 juin 1890. Procureur général du 29 janvier 1887 au 8 mai 1888. Commissaire de l'Agriculture et de la Colonisation du 8 mai au 7 décembre 1888 et du 30 juin 1890 au 21 décembre 1891. Fut renvoyé d'office par le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers, le 16 décembre 1891, à la suite du scandale de la Baie-des-Chaleurs. Traduit en justice sous une accusation de pot-de-vin dans un contrat de papeterie avec J.-A. Langlais, il fut acquitté le 4 novembre 1892. Réélu dans Bonaventure en 1892, il conserva ce siège jusqu'à son décès.

Prononça de nombreuses conférences dont plusieurs furent publiées. Président de l'Union catholique de Saint-Hyacinthe. Bâtonnier du barreau de Montréal en 1885 et 1886, puis bâtonnier du barreau de la province de Québec en 1886 et 1887. Créé officier de la Légion d'honneur de France et grand-croix de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand en 1888. Récipiendaire d'un doctorat en droit honoris causa de l'université Laval en 1890, et des universités de Fordham (New York) et de Georgetown. Chevalier de l'ordre du Saint-Sépulcre et commandeur de l'ordre de Léopold II de Belgique.

Décédé à Montréal, le 30 octobre 1894, à l'âge de 54 ans. Inhumé à Montréal, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, le 2 novembre 1894. Avait épousé dans la cathédrale de Saint-Hyacinthe, le 29 mai 1866, Léopoldine Boivin, fille de Narcisse Boivin, marchand, et d'Élisabeth Maillette; puis, au même endroit, le 9 mai 1871, Virginie Saint-Denis, fille de Jean-Baptiste Saint-Denis, marchand, et d'Hermine Boivin.

Père d'Honoré Mercier (fils). Beau-père de Lomer Gouin. Grand-père d'Honoré Mercier (petit-fils), de Gaspard Fauteux et de Paul Gouin, ainsi que de Léon Mercier Gouin, sénateur de 1940 à 1976.»

Source : Honoré Mercier (Les parlementaires depuis 1792, Assemblée nationale du Québec)

Œuvres de Honoré Mercier
Esquisse générale de la province de Québec, Québec, [s.n.], 1889, 68 p. (Notre mémoire en ligne)

Lettre et portrait d'Honoré Mercier («La correspondance: miroir d'une société», «Les fins de siècles au Québec», exposition virtuelle, Archives nationales du Québec)

Documentation
Images de Honoré Mercier (Bibliothèque nationale du Québec)

Gallichan, Gilles. Honoré Mercier. La politique et la culture. Sillery, Septentrion, 1994, 212 p. Lire la présentation sur le site de l'éditeur

Gosselin, Augustin. Honoré Mercier à l'abbaye de Bellefontaine, Québec Histoire, vol. 6, no 3, mars 2001. Extrait d'un ouvrage de M. l'abbé Auguste Gosselin (Au pays de Mgr de Laval) publié à Québec, en 1910, par Laflamme & Proulx.

Documents associés
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Raccourcis intéressants
Article du Dictionnaire biographique du Canada (auteurs : Pierre Dufour et Jean Hamelin)
Notice de l'Encyclopédie canadienne (auteur: Daniel Latouche)
Brève biographie (Commission de la capitale nationale, Québec) - on peut aussi télécharger ce dépliant (format PDF)
Biographie (site personnel)
Notice de la Catholic Encyclopedia
Monument (Monuments commémoratifs de la ville de Québec)
Testament de H. M. - monument en son honneur (Mouvement estrien pour le français)
Rue Honoré-Mercier (ville de Québec)
Pont nommé en son honneur
    Textes de Honoré Mercier

    Dernière mise à jour: 05/25/2006
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