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Motivation

On ne trouve pas ce mot dans le Littré. Il s'est imposé au cours du vingtième siècle, au point d'être aujourd'hui utilisé plus fréquemment que motif ou mobile pour désigner le même phénomène psychologique: ce qui pousse à faire une chose. Le Trésor de la langue française donne une vue d'ensemble des divers usages actuels du mot, qui doit pour une bonne part sa popularité à la psychologie behavioriste, comme en témoigne cette définition trouvée dans un glossaire de la psychologie sur Internet. «On peut aussi définir une motivation en terme d'état d'activation de l'organisme qui résulte d'un besoin à satisfaire. Il existe un grand nombre de motivations. Certaines ont pour but de satisfaire un besoin biologique (ex: faim), d'autres satisfont des besoins sociaux (ex: compétition) alors que d'autres sont dites cognitives (ex: curiosité).»

Pour motiver artificiellement un rat, on l'affame et on associe le son d'une cloche à la nourriture qu'on lui tend ensuite. Derrière cet usage du mot, qui ne fait aucune place aux mobiles spirituels innés et qui réduit les instincs à un rôle mineur, il y a l'idée d'un psychisme -le mot âme serait ici déplacé- entièrement construit par cet ensemble de conditionnements plus ou moins complexes appelé expérience.

Les théories de l'apprentissage, si importantes en éducation, ont subi l'influence de l'école behavioriste, ce qui explique pourquoi le mot motivation occupe une place centrale dans la pédagogie contemporaine. Le dictionnaire Larousse de l'éducation donne la définition suivante: «ensemble de désir ou de volonté qui pousse une personne à accomplir une tâche ou à viser un objectif qui correspond à un besoin. Le deuxième sens est : ensemble des forces qui pousse l'individu à agir et le troisième: forces internes qui entraînent l'individu à agir.» Le même dictionnaire n'a retenu ni le mot motif, ni le mot mobile.

Essentiel

Voilà un autre mot qui engage toute la philosophie. Si, dans son sens vague, il s'applique à tout ce qui pousse à l'action, son sens précis varie du tout au tout selon le contexte philosophique dans lequel il est utilisé. Pour un penseur spiritualiste, qui croit qu'aux grands idéaux correspondent dans l'âme humaine des désirs innés, la motivation ne se réduit pas à la satisfaction d'un besoin ou à la visée d'un objectif. Elle se confond avec l'inspiration. Dans ce cas, il vaut mieux employer le mot inspiration, qui a moins de connotations inavouables.

En raison de la place centrale qu'il occupe dans une psychologie qui se veut scientifique, le mot motivation n'aime pas la compagnie des mots évoquant une hiéarchie morale. «L'énergie des mobiles est inversement proportionnelle à leur degré de pureté.» (A. Comte) «Les mobiles bas sont oppressifs, les mobiles purs sont inopérants.» (Simone Weil) À la rigueur, on pourrait remplacer le mot mobile par le mot motivation.

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