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Humanité

En général, on distingue l’homme de l’animal par tout ce qui nous paraît être le signe de la culture et de l’esprit: la conscience, le langage, mais aussi, la liberté.

Darwin remarquait que si la nature a toujours favorisé le plus fort au détriment du plus faible, le but de la civilisation est l'inverse: «Quant à nous, hommes civilisés, nous faisons au contraire tous nos efforts pour arrêter la marche de l'élimination: nous construisons des hôpitaux pour les idiots, les infirmes et les malades; nous faisons des lois pour venir en aide aux indigents; nos médecins déploient toute leur science pour prolonger autant que possible la vie de chacun.» Justement, car c'est dans de telles pensées, jugements et actions que l'être humain a choisi de se reconnaître au premier chef.

L'humanité c'est ce que l'homme, ou l'être humain ou simplement l'Humain, choisit de retenir de son histoire (qui coïncide avec celle de l'être). Il s'agit donc d'un mouvement de réflexion, celui de l'être humain prenant conscience de la possibilité de diriger son évolution. Où il veut? La génétique, par exemple, vise à améliorer l'homme. Or celui-ci préfère encore aider ceux qui sont dans le besoin que de produire un nouvel humain qui serait dépourvu de failles: l'évolution va donc dans un sens contraire à l'amélioration de l'espèce. Pourquoi? Parce que l'être humain s'est toujours défini comme mortel. Voilà pourquoi toutes ces tentatives pour produire un homme nouveau, virtuellement immortel, semblent se faire au prix de l'humanité de l'homme.
L'évolution de l'humanité s'enracine dans un sentiment moral, qui tire son origine de la conscience de la mort.

Essentiel

Pour Jean-Claude Guillebaud, la morale est si essentielle à l'humanité qu'on peut comprendre que certains songent à lui attribuer une origine biologique. Toutefois, ces tentatives de biologisation de la morale n'ont pas de véritable pertinence:
    «En dehors de sa pertinence épistémologique très discutable, la volonté de rattacher la morale humaine à la biologie elle-même­ à l'exclusion de toute autre origine ­ implique d'ailleurs un inconvénient de taille: un tel rattachement abolit de factole libre arbitre de l'homme. Il suppprime cet interstice fondamental, ce jeu qui libère la culture humaine des fatalités de l'instinct. Il détruit ce paradoxe émancipateur qui veut que les valeurs fondatrices­de l'égalité à l'universalité ­ soient des artifices, des fictions assumées, des constructions volontaires inséparables de l'histoire et de l'autonomie humaines. Vouloir faire coïncider le principe d'humanité avec je ne sais quelle humanité biologique, ce serait tout simplement asservir l'humain aux tyrannies de la matière.» (p. 358)

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