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Chlore

Élément chimique, de la famille des halogènes. Numéro atomique: 17.

"Le chlore, dont le symbole est Cl, le poids atomique 35,453, est un gaz jaune verdâtre, d’une odeur suffocante, dangereux à respirer. C’est un gaz lourd, de densité 2,491, que l’on peut recueillir par déplacement. Son point d’ébullition et - 34o C; son point de fusion, - 102oC. Un litre d’eau en dissout 3 litres à 10oC. Cette dissolution porte le nom d’eau de chlore.

Le chlore n’existe pas à l’état libre; ses composés les plus importants sont des chlorures métalliques; en particulier, le chlorure de sodium NaCl (sel marin et sel gemme) qui est à la base de toute l’industrie du chlore et de ses composés, le chlorure de potassium, la carnallite MgCl2KCl6H2O (mines de Stassfurt, en Prusse).

Découvert par Scheele en 1772, il a été étudié et reconnu comme corps simple par Davy en 1809.

Propriétés chimiques. Chimiquement, le chlore présente de puissantes affinités; il prend place entre le fluor et le brome, dans la série des métalloïdes monovalents. Le soufre, le phosphore, l’arsenic, le silicium, le bore se combinent directement à lui; il en est de même de la plupart des métaux; le charbon est inerte; l’oxygène et l’azote forment des composés avec absorption de chaleur. Avec l’hydrogène, la combinaison a lieu avec une très grande énergie, pour donner l’acide chlorhydrique; aussi le chlore déplace le brome, l’iode, le souffre des acides bromhydrique, iodhydrique et sulfhydrique, l’azote du gaz ammoniac. En présence d’un corps susceptible de s’oxyder, il décompose l’eau, fixe l’hydrogène et met en liberté l’oxygène, qui se porte sur les substances oxydables voisines; c’est à cette action que le chlore doit ses propriétés oxydantes. Sur les composés organiques, il enlève généralement de l’hydrogène pour se substituer à lui; avec les corps incomplets, éthylène, acéthylène, il y a addition de 2 ou 4 atomes de chlore.

Usages. Il est utilisé pour le blanchiment des matières d’origine végétale (lin, coton, papier); la désinfection; mais on lui préfère en ce cas le chlorure de chaux ou l’eau de Javel, plus maniables et qui agissent par le chlore qu’ils dégagent.

Thérap. Le chlore agit énergiquement sur l’organisme; respiré, il provoque une toux suffocante, suivie de crachements de sang; en contact avec la peau, il produit une vive démangeaison. Ses propriétés désinfectantes ont été utilisées dans le lavage des plaies putrides; c’est le meilleur contrepoison dans les cas d’asphyxie par l’hydrogène sulfuré dégagé des fosses d’aisances; dans cet usage, on fait respirer au patient du chlorure de chaux contenu dans une compresse imbibée de vinaigre."

source: Larousse du XXe siècle en six volumes (éd. 1932) - mis à jour


"Le chlore fut découvert en 1774 par Scheele,qui le nomma d’abord acide muriatique déphlogistiqué; plus tard, Lavoisier et Berthollet, l’envisageant comme de l’acide muriatique surchargé d’oxygène, l’appelèrent acide muriatique oxygéné. À partir de 1811, il fut constaté en France par MM. Gay-Lussac et Thénard, et par Humphry Davy en Angleterre, que ce corps est un élément. Berthellet utilisa le premier en 1785 l’action du chlore sur les matières colorantes en l’appliquant au blanchiment des tissus. Le professeur Hallé de la Faculté de médecine de Paris signala, vers la même époque, les propriétés antiseptiques du chlore, et en 1791 Fourcroy le recommanda comme propre à désinfecter les cimetières, les salles de dissection, les étables dans les cas d’épizootie; à détruire les effluves infectes, les virus contagieux, etc. Guyton-Morveau popularisa l’emploi du chlore comme désinfectant par l’invention d’un petit appareil portatif, propre à faire les fumigations."

M.-N. Bouillet, Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts…. Troisième édition revue et corrigée, Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1857.


"L'allégeance à Berthollet a d'ailleurs privé Gay-Lussac et son collaborateur Louis Jacques Thenard de la découverte de l'élément chlore. Leur étude de l'acide oxymuriatique les avait conduits à la conclusion que ce prétendu acide oxygéné - conformément à la théorie de Lavoisier qui fait de l'oxygène le principe acide - était en fait un corps simple. Mais Berthollet les ayant mis en garde, ils constatèrent prudemment, dans le mémoire lu à l'Académie le 27 février 1809, que cet acide devait être simple, mais que les phénomènes s'expliquaient aussi bien si on le considèrait comme un composé. Ils laissaient ainsi à Humphrey Davy la gloire d'identifier le chlore."

Bernadette Bensaude-Vincent, Mort de Louis Joseph Gay-Lussac (Célébrations 2000, Ministère de la Culture et de la Communication, Fr.)

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