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Astrologie

Art divinatoire, cherchant à déterminer l'influence des astres sur le cours des événements terrestres et à en tirer des prédictions d'avenir.



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Une illusion nécessaire à l'inquiète curiosité de l'être humain (Laplace)
«[Chez les peuples égyptiens et chaldéens], l'astronomie ne fut cultivée que dans les temples, par des prêtres qui firent servir leurs connoissances, à consolider l'empire de la superstition dont ils étoient les ministres. Ils les cachèrent soigneusement sous des emblêmes qui présentoient à la crédule ignorance, des héros et des dieux dont les actions n'étaient qu'une allégorie des phénomènes célestes, et des opérations de la nature ; allégorie que le pouvoir de l'imitation, l'un des principaux ressorts du monde moral, a perpétuée jusqu'à nous, dans les institutions religieuses. Profitant pour mieux asservir les peuples, du desir si naturel de pénétrer dans l'avenir, ils créèrent l'astrologie. L'homme porté par les illusions des sens, à se regarder comme le centre de l'univers, se persuada facilement, que les astres influent sur sa destinée, et qu'il est possible de la prévoir, par l'observation de leurs aspects au moment de sa naissance. Cette erreur chère à son amour-propre, et nécessaire à son inquiète curiosité, paroît être aussi ancienne que l'astronomie...»

M. DE LAPLACE, Exposition du système du monde, 1796



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Prophétiser par la science de l'astronomie
«Tout est prédit par un souffle divin et grâce à l'esprit angélique inspiré à l'homme qui prophétise, lui rendant des augures consacrés par l'onction qui l'illuminent, lui enlevant toute fantaisie par diverses apparitions nocturnes, autant que par une certitude diurne, il prophétise par la science de l'astronomie, avec l'aide de la très sainte prédiction future, en ne considérant que son courage dans la liberté.»
NOSTRADAMUS, cité par Jean-Paul Citron, Le signal astrologique


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Aristote et l'astrologie
«On a coutume de tenir l'exposition de la théologie d'Aristote à part de sa doctrine des sphères et des âmes astrales, qui ont des vies divines, qui sont des dieux. Ce sont pourtant là des sujets étroitement liés chez lui par l'astrologie, science qu'il appelle «la plus propre et la plus intime philosophie des sciences mathématiques; car elle fait la théorie de l'être à la fois sensible et éternel, tandis que les autres de ces études ne s'occupent point des êtres mais seulement de la géométrie ou des nombres». En écartant cette doctrine on ne saurait se faire une idée complète et juste de l'état réel d'esprit religieux et de croyance de cet ancien. C'est avec intention que nous venons de traduire par astrologie, non par astronomie, car s'il n'est pas question d'horoscopes, il s'agit au moins des astres comme dieux, sujet étranger à l'astronomie. Voici donc comment Aristote concevait le système du monde divin. Les planètes participent à différents mouvements relatifs, puisque, en outre de la révolution générale apparente du ciel, elles éprouvent à nos yeux plusieurs déplacements qui ne peuvent s'expliquer que par d'autres révolutions (qu'on supposait toujours circulaires, uniformes et concentriques) et par plus d'une pour chacune d'elles. Aristote s'en remettait, sauf amendement, aux observateurs de son temps pour décider du nombre des sphères nécessaires pour rendre compte de cette manière de tous les phénomènes. Ce nombre des sphères emboîtées pouvait alors aller jusqu'à cinquante-six. Quelques-unes n'étaient introduites qu'afin d'annuler, par des mouvements exactement contraires, des mouvements de sphères supérieures qui ne devaient pas se faire sentir dans le déplacement des planètes portées si des sphères inférieures. Malgré ce qu'a de visiblement fictif un tel arrangement, Aristote voulait qu'il y eût dans le ciel autant d'êtres ou d'essences, principes immobiles et sensibles, qu'il y a de ces sphères mouvantes dont les mouvements composent les mouvements des astres; car à, chaque révolution particulière, et non pas seulement à chaque planète, il faisait correspondre un moteur, lui-même immobile et éternel, sans étendue, le tout, d'ailleurs, ne laissant pas de dépendre du premier moteur, afin que le ciel fait un. La philosophie confirmait ainsi, selon lui, la tradition de la divinité du monde et des corps célestes.
    Une tradition venue de l'antiquité la plus reculée et transmise à la postérité sous le voile de la fable nous apprend que les astres sont des dieux et que la divinité embrasse toute la nature ; tout le reste n'est qu'un récit fabuleux imaginé pour persuader le vulgaire et pour servir les lois et les intérêts communs. Ainsi on donne aux dieux la forme humaine, on les représente sous la figure de certains animaux ; et mille inventions du même genre qui se rattachent à ces fables. Si l'on sépare du récit le principe lui-même, et qu'on ne considère que cette idée, que toutes les essences premières sont des dieux, alors on verra que c'est là une tradition vraiment, divine. Une explication qui n'est pas sans vraisemblance, c'est que les arts divers et la philosophie furent découverts plusieurs fois et plusieurs fois perdus, comme cela est très possible, et que ces croyances sont pour ainsi dire des débris de la sagesse antique, conservés jusqu'à notre temps. Telles sont les réserves sous lesquelles nous acceptons les opinions de nos pères et la tradition des premiers âges.»
CHARLES RENOUVIER, Philosophie analytique de l'histoire: les idées, les religions, les systèmes, t. I, Paris, éd. Leroux, 1896-1897

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