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Art roman

En histoire de l'art, période qui s'étend de l'an mil à l'an 1200 environ.

Ces premiers temps du Bas Moyen Âge correspondent à une époque de paix et d'abondance relatives en occident. Le système féodal s'impose et les monastères sont au sommet de leur influence politique et culturelle.

Nikolaus Pevser1 distingue le premier roman,de l'an mil à la première Croisade vers 1100, et le roman classique,de 1100 au triomphe du gothique vers 1200.

1. NIKOLAUS PEVSNER, The out line of european Architecture, Penguin Books, Middlesex, England, 1943

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Architecture romane

«L'église romane, avec ses murs percés d'étroites fenêtres cintrées, flanquée de contreforts de peu de saillie, avec sa porte abritée habituellement sous trois arcs, et surmontée de l'ouverture circulaire, l'oculus, point de départ de la rose des cathédrales gothiques, avec son clocher qui dresse sa masse trapue, soit sur la façade, soit au centre, soit sur un des côtés, ce type d'église, en un mot, dont le principe est clairement inscrit dans la vieille basilique romaine, traduit exactement l'esprit chrétien du moyen-âge. Il est marqué d'une empreinte d'austérité un peu sombre, de foi robuste, d'idéal sobrement mais fortement exprimé.» (suite)

Sculpture romane

«Dans l'art roman, la sculpture n'est pas un accessoire superflu plus ou moins décoratif; elle fait partie intégrante de l'édifice et se trouve étroitement liée à la conception architecturale. On n'en met qu'à la place où il en faut et où elle prend la signification qu'il convient. C'est d'abord au seuil du temple, dans le tympan de la porte, comme pour préparer les fidèles au recueillement. Là elle représente la figure colossale et grave du Christ entouré des évangélistes. Puis, dans l'intérieur de l'édifice, elle anime les chapiteaux des colonnes, et, dans quelques rares bas-reliefs, placés avec une parfaite intelligence de la décoration, elle appelle la ferveur religieuse sur quelque épisode chrétien.
(...) La sculpture monumentale n'a jamais eu plus de caractère que dans cette période de l'art roman.» (suite)

Peinture romane

« les documents que l'on possède autorisent à penser que la peinture romane fut, comme la sculpture, avant tout en harmonie avec le monument qu'elle décorait. (...) Les figures sont ordinairement sans lien entre elles ; le geste est sobre, mais net; point de détails inutiles dans les draperies; absence totale de plans ; les tons sont mats, sans parti pris de lumière et d'effet, réduits à un très petit nombre.» (suite)

Source: voir le document «L'art roman en France» ci-dessous.

Essentiel

« [L'essence de l'inspiration occitanienne] resplendit dans l'art roman. L'architecture, quoique ayant emprunté une forme à Rome, n'a aucun souci de la puissance ni de la force, mais uniquement de l'équilibre; au lieu qu'il y a quelque souillure de force et d'orgueil dans l'élan des flèches gothiques et la hauteur des voûtes ogivales. L'église romane est suspendue comme une balance autour de son point d'équilibre, un point d'équilibre qui ne repose que sur le vide et qui est sensible sans que rien en marque l'emplacement. C'est ce qu'il faut pour enclore cette croix qui fut une balance où le corps du Christ fut le contrepoids de l'univers. Les êtres sculptés ne sont jamais des personnages; ils ne semblent jamais représenter; ils ne savent pas qu'on les voit. Ils se tiennent d'une manière dictée seulement par le sentiment et par la proportion architecturale. Leur gaucherie est une nudité. Le chant grégorien monte lentement, et au moment qu'on croit qu'il va prendre de l'assurance, le mouvement montant est brisé et abaissé; le mouvement montant est continuellement soumis au mouvement descendant. La grâce est la source de tout cet art.» (texte intégral)

SIMONE WEIL, Le génie d'Oc

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«Femme je suis pauvrette et ancienne,
Rien ne sait; oncques lettre n'ai lue;
À l'église vois dont suis paroissienne
Paradis Saint, où sont harpes et luths,
Et un enfer où damnés sont bouillis
L'un me fait peur, l'autre joie et liesse.
La joie avoir fais-moi, haute Déesse,
À qui pécheurs doivent tous recourir,
Comblez de foi, sans feinte ni paresse.
En cette foi je veux vivre et mourir.»

(Ballade, François Villon)

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