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    Impression du texte

    Rousseau Théodore

    Peintre paysagiste français, né à Paris le 15 avril 1812, mort à Barbizon le 22 décembre 1867, frère du peintre Philippe Rousseau.

    Biographie

    Notice tirée d'une encyclopédie française réputée de la fin du XIXe siècle:
    «C'est un des maîtres de l'école contemporaine. Élève de Rémond et Guillon-Lethière, il apprit en réalité la peinture pour ainsi dire sans maître, en étudiant la nature et sous l'influence des maîtres hollandais paysagistes et animaliers ; il voyagea en Auvergne et en Normandie et se consacra exclusivement au paysage ; il créa le genre que l'on désigne sous le nom de « paysage intime ». Les sujets de ses tableaux sont empruntés principalement aux sites de la forêt de Fontainebleau; à partir de 1848, il s'installa définitivement sur la lisière de la forêt, dans le petit village de Barbizon.

    Il arriva à l'époque où l'école du paysage historique et mythologique dominait et s'adonna avec passion à peindre la nature: « des arbres qui n'étaient pas la gaine d'une hamadryade, mais bien de naïfs chênes de Fontainebleau, d'honnêtes ormes de grande route, de simples bouleaux de Ville-d'Avray, et tout cela sans le moindre temple grec, sans Ulysse, sans la plus petite Nausicaa ». Il exposa d'abord au Salon de 1834 la Lisière d'un bois coupé, dont la vérité réaliste et poétique frappa vivement le public ; en 1835, il exposa des Esquisses ; mais, à partir de cette date, il se heurta à une mauvaise volonté de parti pris, et le jury refusa systématiquement ses tableaux, malgré les protestations de nombreux critiques. Rousseau ne se découragea pas et continua à étudier minutieusement la nature, rendant ce qu'il voyait avec son attitude, son dessin, sa couleur, ses rapports de ton; naïvement, sincèrement, amoureusement, il épiait la nature, dans toutes ses formes, le matin, à midi, et surtout au crépuscule, parfois même à la nuit dans la demi-transparence des mystérieuses ténèbres. La conscience scrupuleuse, l'observation profonde du peintre qui ajoutait son âme à la nature en font un des maîtres de l'école réaliste dans le paysage. Critiqué par l'Académie, exalté par les artistes les plus originaux, Rousseau finit par vaincre les préventions du jury : le refus de son Allée de châtaigniers, qui excita une grande admiration, décida enfin les peintres officiels à lui ouvrir les portes du Salon, en 1849; à partir de cette époque et jusqu'en 1867, il exposa régulièrement, chaque année.

    Son caractère était à la hauteur de son talent : il avait une confiance absolue dans son art et le plus profond sérieux moral ; indifférent à la richesse, ne vivant que pour l'art et la gloire, il vécut une existence presque monastique dans la contemplation passionnée de la nature. Sa sincérité devant elle est complète; son dessin excellent, sa peinture un peu grasse, sa facture large et son coloris si vivant, lui ont assuré une place considérable dans l'histoire de la peinture française. On trouve dans ses premières toiles une couleur un peu légère et toute la fougue de l'esquisse ; plus tard, on lui a reproché d'avoir trop détaillé ses paysages et d'en avoir ainsi diminué la fraîcheur, mais ils conservèrent toujours leur profond charme poétique. Son oeuvre est très variée, et les moyens employés pour produire l'effet, très différents ; tantôt il empâte, tantôt il frotte ; un jour, il choisit un site éclairé d'une manière particulière et le peint sous cet aspect fantastique que prend parfois la nature; le lendemain, il reproduit la campagne toute plate, à peine accidentée de quelques maigres peupliers, ou bien il peint avec amour le portrait d'un chêne dans sa chère forêt de Fontainebleau. Théophile Gautier l'a appelé le « Delacroix du paysage » et estimait qu'il resterait surtout comme coloriste.

    Ses principaux tableaux, outre ceux déjà cités, sont les suivants : Vue du Bassin de Paris et du cours de la Seine, la Vallée du Bas-Meudon et l'île Seguin, Forêt de Compiègne (1833); Descente de vaches dans le Haut-Jura (1835) ; la Mare, l'Avenue de l'Isle-Adam, la Lisière du Bois, Terrains d'automne (1849); Effet de matin, Haute futaie du Bas-Bréau, Village de Barbizon (1850), Paysage après la pluie (1852) ; Sortie de la forêt de Fontainebleau (1852) - qui est au Louvre, ainsi que : Marais dans les Landes (1854) ; Paysage, effet de soleil, Côtes de Granville, Sortie de forêt au crépuscule, Lisière des monts Gérard, Groupe de chênes dans les gorges d'Apremont, un Coteau cultivé, Plaine de Barbizon (1855) ; Bords de la Loire au printemps, Matinée orageuse pendant la moisson, un Hameau dans le Cantal, Prairie boisée (1857) ; Carrefour de l'Epine au Bas-Bréau, Bords de la Sèvre, Bornage de Barbizon, Gorges d'Apremont, Lisière de bois dans la plaine de Barbizon (1859) ; le Chêne de Roche (1861) ; Clairière dans la haute futaie, une Mare sous les chênes (1863) ; Chaumière sous les arbres (1864) ; Coucher de soleil dans la forêt de Fontainebleau (1866) ; Coup de soleil par un temps orageux, l'Automne, Métairie sur les bords de l'Oise, Paysages du Berry (1867).

    Ph. B., article « Théodore Rousseau » de La grande encyclopédie: inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Paris, Société anonyme de «La grande encyclopédie» (1885-1902). Tome trentième.

    Oeuvres

    Peintures Clairière bordée d'arbres, 1945 (Metropolitan Museum of Art, New York)
    Coucher de soleil près d'Arbonne, 1860-1865 (Metropolitan Museum of Art, New York)
    Paysage de rivière (Metropolitan Museum of Art, New York)

    Documentation

    Propos et citations sur Théodore Rousseau

    Eugène Fromentin: Rousseau créateur d'un nouvel art hollandais en France
    «Quant à Rousseau, un artiste complexe, très dénigré, très vanté, en soi fort difficile à définir avec mesure, ce qu'on pourrait dire de plus vrai, c'est qu'il représente en sa belle et exemplaire carrière les efforts de l'esprit français pour créer en France un nouvel art hollandais : je veux dire un art aussi parfait tout en étant national, aussi précieux tout en étant plus divers, aussi dogmatique tout en étant plus moderne.

    À sa date et par son rang dans l'histoire de notre école, Rousseau est un homme intermédiaire et de transition entre la Hollande et les peintres à venir. Il dérive des peintres hollandais et s'en écarte. Il les admire et il les oublie. Dans le passé, il leur donne une main, de l'autre il provoque, il appelle à lui tout un courant d'ardeurs, de bonnes volontés. Dans la nature, il découvre mille choses inédites. Le répertoire de ses sensations est immense. Toutes tes saisons, toutes les heures du jour, du soir et de l'aube, toutes les intempéries, depuis le givre jusqu'aux chaleurs caniculaires;toutes les altitudes, depuis les grèves jusqu'aux collines, depuis les landes jusqu'au mont Blanc; les villages, les prés, les taillis, les futaies, la terre nue et aussi toutes les frondaisons dont elle est couverte, — il n'est rien qui ne l'ait tenté, arrêté, convaincu de son intérêt, persuadé de le peindre. On dirait que les peintres hollandais n'ont fait que tourner autour d'eux-mêmes, quand on les compare à l'ardent parcours de ce chercheur d'impressions nouvelles. Tous ensemble, ils auraient fait leur carrière avec un abrégé des cartons de Rousseau. A ce point de vue, il est absolument original, et par cela même il est bien de son temps. Une fois plongé dans cette étude du relatif, de l'accidentel et du vrai, on va jusqu'au bout. Non pas seul, mais pour la plus grande part, il contribua à créer une école qu'on pourrait appeler l'école des sensations.»

    EUGÈNE FROMENTIN, Les maîtres d'autrefois: Belgique, Hollande, Paris, Plon, 14e éd. 1904, chap. IX
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    1812
    Déces
    1867

    Référence


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