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Ellul Jacques

6 janvier 1912-19 mai 1994

Jugement de Roger Payot, suite à la publication de La raison d'être,Méditation sur l'Ecclésiaste, en 1987

«Nous savons depuis longtemps que Jacques Ellul représente — avec deux ou trois autres — le meilleur de ce que j'oserais appeler la « pensée protestante » en France. J'entends par là, plus encore qu'une appartenance confessionnelle ou une identité de thèmes et d'idées, une tournure d'esprit, des références communes, un ton, un angle d'attaque (c'est le mot qui convient) caractérisé par une extrême pertinence, un sérieux dans l'information qui n'exclut pas l'audace des hypothèses, un esprit critique aiguisé, un humour permanent, une ironie constante — au sens kierkegaardien — qui peut retourner sa pointe en autocritique, un sens du dialogue et de l'autre qu'accompagne un individualisme méthodologique et intellectuel bien compris.» À propos de son livre:Lecture indispensable pour ceux qui n'ont jamais bien compris l'Ecclésiaste comme pour ceux qui croient l'avoir compris. Oeuvre d'un homme vivant qui dialogue avec un texte vivant, l'un et l'autre placés sous le regard du Dieu vivant.»

Roger Payot, Le Bulletin des Lettres, 15 juin 1987, numéro 467

Hommage d'Ivan Illich

« Jacques Ellul, c'est pour moi un honneur et une grande joie que d'être invité par Daniel Cérézuelle à participer à cet hommage. Monsieur Ellul, j'aimerais plutôt dire Maître Jacques, j'ai été touché par votre comparaison du maître avec le boeuf qui, en tirant la charrue ouvre un sillon. Je me suis efforcé de vous suivre dans un esprit de filiation, avec tous les faux pas que cela implique. Veuillez accepter la moisson et reconnaître les fleurs dans ce que vous pourriez regarder comme de mauvaises herbes. Ainsi puis-je exprimer ma gratitude envers un maître à qui je dois une orientation qui a infléchi de façon décisive mon chemin depuis quarante ans. Ma dette à son égard est indiscutable, et j'ai pu le vérifier tout récemment. [...]

La technique est entrée dans mon existence en 1965 à Santa Barbara, le jour où, chez Robert Hutchins, John Wilkinson m'a donné un exemplaire de Technological Society qu'il venait de traduire sur la recommandation pressante d'Aldous Huxley. Depuis lors, les questions soulevées par votre concept de la technique ont constamment réorienté l'examen de mon rapport aux objets et aux êtres. J'ai adopté cette notion ellulienne parce qu'elle éclaire une mutation de l'esprit: c'est une notion qui permet de cerner, entre l'éducation, les transports, les activités médicales et scientifiques modernes, le seuil auquel ces entreprises absorbent, conceptuellement et physiologiquement, le client dans l'outil; le seuil auquel les produits de consommation se muent en produits qui, eux-mêmes, consomment; le seuil auquel le milieu technique transforme en chiffres ceux qui y baignent; le seuil auquel la technique se transforme manifestement en Moloch. Pendant dix bonnes années après ma rencontre avec vous, Monsieur Ellul, j'ai concentré mon étude principalement sur ce que la technique opérait: ce qu'elle faisait à l'environnement, aux structures sociales, aux cultures et aux religions. J'ai étudié le caractère symbolique ou, si vous préférez, perversement sacramentel des institutions pourvoyeuses d'éducation, de transport, de logement, de soins de santé ou d'emploi. Je ne le regrette pas. Les conséquences sociales de la domination par le moyen de la technique, qui rend les institutions contre-productives, doivent être comprises pour en mesurer les effets sur l'hexis (l'état) et la praxis qui définissent l'expérience de la modernité. Il faut regarder leur horreur, en dépit de la certitude qu'elle dépasse nos sens. »

IVAN ILLICH, "Hommage à Jacques Ellul", L'Agora, vol 1 no 10, 1994.

Articles


Genèse et déclin de la raison instrumentale

Jean Robert
Convergences entre les pensées d'Ellul et d'Illich. Le texte est publié dans l'ouvrage dirigé par Patrick Troude-Chastenet : Jacques Ellul, penseur sans frontières, L'Esprit du Temps, coll. « Jacques-Ellul », 2005. Voir la présentation du li

L'incarnation chez Jacques Ellul

Daniel Cérézuelle
Extrait de l'article « La technique et la chair » rédigé en vue d'une communication au colloque sur Jacques Ellul qui s'est tenu les 21 et 22 octobre 2004 à l'université de Poitiers. Voir le programme du colloque. Le texte est publié dans l'ou