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    • Édition

    Taine Hippolyte

    Philosophe, historien et critique français (1823-1893).

    « Ah! que nous connaissons bien cette forme de l’érudition ou de la paresse française! Le XVIIIe siècle, dans la personne de ses Marmontel, de ses La Harpe, de Voltaire lui-même, n’en chercha et n’en ambitionna jamais d’autre. Fontanes, à son heure, en était le souverain et voluptueux représentant; Daunou aussi, quoique infiniment plus travailleur, n’en sortit guère; nous tous de race gallicane plus ou moins pure, nous en tenons plus ou moins : nous nous lassons vite, nous goûtons, nous effleurons, nous devinons; il est rare que nous possédions à fond et en maîtres ce qui n’est pas nôtre. – O Taine! que vous avez fait de chemin depuis nous! votre estomac est de force vraiment à digérer des pierres, et votre esprit ne s’en porte que mieux. »

    SAINTE-BEUVE, « M. Charles Magnin ou Un érudit écrivain », Nouveaux lundis. Nouvelle édition revue. Paris, Calmann Lévy, 1884, tome cinquième, p. 445-446.

    Biographie


    La méthode de Taine
    «La littérature (...) n'est pour M. Taine qu'un appareil plus délicat et plus sensible qu'un autre pour mesurer tous les degrés et toutes les variations d'une même civilisation, pour saisir tous les caractères, toutes les qualités et les nuances de l'âme d'un peuple. Mais, en abordant directement et de front l'histoire des oeuvres littéraires et des auteurs, sa méthode scientifique non ménagée a effarouché les timides et les a fait trembler. Les rhétoriciens en désarroi se sont réfugiés derrière les philosophes ou soi-disant tels, eux-mêmes ralliés pour plus de sûreté sous le canon de l'orthodoxie; ils ont tous vu dans la méthode de l'auteur je ne sais quelle menace apportée à la morale, au libre arbitre, à la responsabilité humaine, et ils ont poussé les hauts cris.

    Il n'est pas douteux pourtant que, quoi que l'homme veuille faire, penser ou écrire (puisqu'il s'agit ici de littérature), il dépend d'une manière plus ou moins prochaine de la race dont il est issu et qui lui a donné son fonds de nature; qu'il ne dépend pas moins du milieu de société et de civilisation où il s'est nourri et formé, et aussi du moment ou des circonstances et des événements fortuits qui surviennent journellement dans le cours de la vie. Cela est si vrai que l'aveu nous en échappe à nous tous involontairement en nos heures de philosophie et de raison, ou par l'effet du simple bon sens. Lamennais, le fougueux, le personnel, l'obstiné, celui qui croyait que la volonté de l'individu suffit à tout, ne pouvait s'empêcher à certain jour d'écrire: "Plus je vais, plus je m'émerveille de voir à quel point les opinions qui ont en nous les plus profondes racines dépendent du temps où nous sommes nés, et de mille circonstances également passagères. Songez seulement à ce que seraient les nôtres si nous étions venus au monde dix siècles plus tôt, ou, dans le même siècle, à Téhéran, à Bénarès, à Taiti." C'est si évident, qu'il semblerait vraiment ridicule de dire le contraire. Hippocrate, le premier, dans son immortel Traité des Airs, des Eaux et des Lieux, a touché à grands traits cette influence du milieu et du climat sur les caractères des hommes et des nations. Montesquieu l'a imité et suivi, mais de trop haut et comme un philosophe qui n'est pas assez médecin de son métier ni assez naturaliste. Or, M. Taine n'a fait autre chose qu'essayer d'étudier méthodiquement ces différences profondes qu'apportent réules races, les milieux, les moments, dans la composition des esprits, dans la forme et la direction des talents. - Mais il n'y réussit pas suffisamment, dira-t-on; il a beau décrire à merveille la race dans ses traits généraux et ses lignes fondamentales, il a beau caractériser et mettre en relief dans ses peintures puissantes les révolutions des temps et l'atmosphère morale qui règne à de certaines saisons historiques, il a beau démêler avec adresse la complication d'événements et d'aventures particulières dans lesquelles la vie d'un individu est engagée et comme engrenée, il lui échappe encore quelque chose, il lui échappe le plus vif de l'homme, ce qui fait que de vingt hommes ou de cent, ou de mille, soumis en apparence presque aux mêmes conditions intrinsèques ou extérieures, pas un ne se ressemble (1), et qu'il en est un seul entre tous qui excelle avec originalité. Enfin l'étincelle même du génie en ce qu'elle a d'essentiel, il ne l'a pas atteinte, et il ne nous la montre pas dans son analyse; il n'a fait que nous étaler et nous déduire brin à brin, fibre à fibre, cellule par cellule, l'étoffe, l'organisme, le parenchyme (comme vous voudrez l'appeler) dans lequel cette âme, cette vie, cette étincelle, une fois qu'elle y est entrée, se joue, se diversifie librement (ou comme librement) et triomphe.»

    Note
    (1) Il semble que Théophraste, l'auteur des Caractères, ait devancé l'objection, lorsqu'il dit tout au commencement de son livre: "J'ai admiré souvent, et j'avoue que je ne puis encore comprendre, quelque sérieuse réflexion que je fasse, pourquoi toute la Grèce étant placée sous un même ciel, et les Grecs nourris et élevés de la même manière, il se trouve néanmoins si peu de ressemblance dans leurs moeurs." C'est cette différence d'homme à homme dans une même nation, et jusque dans une même famille, qui est le point précis de la difficulté.

    SAINTE-BEUVE, "Histoire de la littérature anglaise, par M. Taine (lundi 30 mai 1864)", Nouveaux Lundis, tome huitième (reproduit à partir de la quatrième édition revue, Paris, Calmann Lévy, éditeur, 1885, p. 67-70)

    Oeuvres

    Les origines de la France contemporaine, Paris, Hachette, 1901-1904. 12 vol. Il s'agit de la 24e édition sauf pour les t. VII et VIII qui font partie de la 23e édition. Comprend : I-II. L'ancien régime. - 1902 ; III-IV. La révolution, l'anarchie. - 1904 ; V-VI. La révolution, la conquête Jacobine. - 1904 ; VII-VIII. La révolution, le gouvernement révolutionnaire. - 1901 ; IX-XI. Le régime moderne. - 1904 ; XII. Index général des onze volumes. - 1904 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF) : Tome 1
    Tome 2
    Tome 3
    Tome 4
    Tome 5
    Tome 6
    Tome 7
    Tome 8
    Tome 9
    Tome 10
    Tome 11
    Tome 12 : index général Histoire de la littérature anglaise. Paris, L. Hachette (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF) : Tome premier. Deuxième édition revue et augmentée. Paris, L. Hachette, 1866, XLIX-412 p.
    Tome deuxième. Deuxième édition revue et augmentée. 1866, 523 p.
    Tome troisième. Quatrième édition revue et corrigée. 1878, 426 p.
    Tome quatrième. Quatrième édition revue et corrigée. 1878, 483 p.
    Tome cinquième et complémentaire. Les contemporains. Deuxième édition revue et augmentée. Paris : L. Hachette, 1869, 480 p. Philosophie de l'art. Numérisation de la 13e édition. Paris, Hachette, 1909 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF) : Tome premier, II-292 p.
    Tome second, 360 p. De l'idéal dans l'art : leçons professées à l'Ecole des beaux-arts, Paris, G. Baillière, 1867, 183 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    De l'intelligence. Numérisation de la 6e édition. Paris, Hachette, 1892 : premier volume; deuxième volume (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Essai sur Tite Live. Numérisation de la 5e éd. rev. et corrigée. Paris, Hachette, 1888, V-364 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    L'idéalisme anglais. Étude sur Carlyle, Paris, G. Baillière, 1864, 187-10 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Le positivisme anglais : étude sur Stuart Mill, Paris, G. Baillière, 1864, 157 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Nouveaux essais de critique et d'histoire. Deuxième édition. Paris, Hachette, 1866, 396 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Notes sur Paris : vie et opinions de M. Frédéric-Thomas Graindorge. Numérisation de la 18e édition. Paris, Hachette, 1913, XI-346 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)
    Vie et opinions de Monsieur Frédéric Thomas Graindorge. Numérisation de l'édition de Paris, Hachette, 1921 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode texte, format html)

    Notes sur l'Angleterre. Onzième édition. Paris, Hachette, 1899, 394 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Voyage en Italie – 1. À Rome. Précédé de M. H. Taine, artiste, par Emile Zola. Numérisation de l’édition de [Bruxelles], Ed. Complexe, 1990, XXXIV-307 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Voyage en Italie – 2. D'Assise à Florence. Numérisation de l'édition de [Bruxelles], Complexe, 1990, 248 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Voyage en Italie – 3. À Venise. Numérisation de l’édition de [Bruxelles], Complexe, 1990, 185 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Voyage aux Pyrénées. Paris, L. Hachette, 1858, 350 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)
    Voyage aux Pyrénées. Illustré par Gustave Doré. Paris, L. Hachette, 1860, VI-554 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Mémoires du duc de Saint-Simon : siècle de Louis XIV, la Régence, Louis XV. Augmenté de quelques annotations inédites faites par Saint-Simon au journal de Dangeau, et d'une analyse de ce journal par M. Sainte-Beuve. Bruxelles, Librairie internationale, 1856, 121-4 p (Etude historique) - Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF

    H. Taine, sa vie et sa correspondance. [1]. Correspondance de jeunesse, 1847-1853. Paris, Hachette, 1905, 272 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    H. Taine, sa vie et sa correspondance. Tome II. Le critique et le philosophie, 1853-1870. Paris, Hachette, 1904, 396 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    H. Taine, sa vie et sa correspondance. Tome III. [L']historien (1870-1875). Deuxième édition. Paris, Hachette, 1905, 364 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    H. Taine, sa vie et sa correspondance. Tome IV. [L']historien (suite). [Les] dernières années (1876-1893). Paris, Hachette, 1907, 363 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Documentation

    Monod, Gabriel. Les maîtres de l'histoire : Renan, Taine, Michelet, Paris, Calmann Lévy, 1894, XIV-313 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Thibaudet, Albert. "Le centenaire de Taine", La Revue de Paris

    Chevrillon, André. "La jeunesse de Taine - I", La Revue de Paris, 1er juillet 1902; "La jeunesse de Taine (fin)", La Revue de Paris, 15 juillet 1902 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Morland, Jacques. "Une visite au tombeau de Taine", Mercure de France, no 202, 15 novembre 1905, p. 231-237 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Péladan. "Réfutation esthétique de Taine", Mercure de France, no 207, 1er février 1906, p. 321-339 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)



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    Jugements sur Taine

    Une critique de la démarche de Taine (à propos de l'Histoire de la littérature anglaise)

    «Tant mieux si la littérature anglaise de Taine vous intéresse. Son ouvrage est élevé et solide, bien que j’en blâme le point de départ. Il y a autre chose dans l’art que le milieu où il s’exerce et les antécédents physiologiques de l’ouvrier. Avec ce système-là, on explique la série, le groupe, mais jamais l’individualité, le fait spécial qui fait qu’on est celui-là . Cette méthode amène forcément à ne faire aucun cas du talent. Le chef-d’oeuvre n’a plus de signification que comme document historique. Voilà radicalement l’inverse de la vieille critique de La Harpe. Autrefois, on croyait que la littérature était une chose toute personnelle et que les oeuvres tombaient du ciel comme des aérolithes. Maintenant, on nie toute volonté, tout absolu. La vérité est, je crois, dans l’entre-deux.»

    GUSTAVE FLAUBERT, lettre à Madame Roger Des Genettes, octobre (?) 1864.


    « Croiriez-vous que j’ai lu récemment sous une plume universitaire que nous ne pouvions pas comprendre Corneille sans un lexique pour expliquer les allusions contemporaines ! C’est une folie pédantesque, encore qu’il soit intéressant de connaître les allusions et les clefs de Corneille, si au moins elles ne sont pas forgées; mais c’est une curiosité bien secondaire. Je crains que Taine et son école n’aient grandement contribué à affaiblir chez les hommes d’aujourd’hui le goût de la lecture et vraiment à leur désapprendre à lire, en les inclinant à regarder les chefs-d’œuvre littéraires du passé comme des fontaines de renseignements et non des fontaines d’ennoblissement et de jouissance. »

    PIERRE LASSERRE, Mes routes : littérature, questions germaniques, questions d'enseignement, philosophie, Paris, Librairie Plon, 1924, p. 264.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    1828
    Déces
    1893
    Documents Associés

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