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    Impression du texte

    Asclépiade commune


    Ombelle de l'Asclépiade commune, une des plus belles fleurs indigènes du Québec.


    Définition

    Fleur sauvage originaire d'Amérique du Nord. (Voir le Sentier des fleurs sauvages)

    Plante vivace; TIGE robuste et duvetée; FEUILLES opposées, grandes, en forme d'ovales (long. 10 à 20 cm de long), d'un vert vibrant, veinées de pourpre; INFLORESCENCE en ombelle* sphéroïde, FLEURS rigides (long. 6 à 8 mm), à pétales courts, à sépales retroussés vers le centre de l'ombelle. Parfum puissant et agréable.
    FRUIT vert en automne, brun en hiver.

    Pousse dans les lieux ouverts (champs, bord des routes) en forme de colonie serrée.
    «Cette plante qu'on retrouve à l'état sauvage dans l'Est du Canada a été ainsi nommée en l'honneur d'Asclépios. «Les Grecs utilisaient autrefois une espèce voisine de l'asclépiade... contre les morsures de serpent; reconnaissant ses vertus thérapeutiques, ils la dédièrent à Asclépios, dieu grec de la médecine». Les Amérindiennes l'utilisaient comme contraceptif.» 1
    Plante exclusivement américaine, elle fut l'une des premières à être décrite scientifiquement par Cornut qui l'assimila à une espèce d'Asie Mineure d'où son nom d'asclépiade de Syrie endossé par Linné.

    L'asclépiade est décorative en toute saison. En été, lors de la floraison, ce sont de grandes boules pourpres et parfumées. Au début de l'automne apparaissent des fruits vert pâles d'une toute autre forme tandis que les feuilles tournent au jaune brillant. À la fin de l'hiver, le fruit de l’asclépiade se fend et laisse échapper des aigrettes soyeuses et brillantes. (images: Croissance de l'asclépiade commune)

     

    Utilisation de l'asclépia
    «Cette espèce indigène a toujours attiré l'attention par d'apparentes possibilités économiques. Peu exigeante pour le sol, elle fournit deux produits intéressants : du caoutchouc et une matière textile (aigrettes) ». Jusqu'ici les tentatives pour en extraire le caoutchouc ou pour mêler les aigrettes à la soie, la laine ou le coton n'ont pas donné les résultats escomptés. À l'heure actuelle, on l'utilise pour en faire des recettes originales, mais attention, toutes les parties de la plante se mangent cuites, son latex pouvant être irritant. Jeunes pousses mangées comme des asperges ou faites en beignets, boutons floraux encore verts cuisinés comme des brocolis, toutes les fantaisies sont permises.»3
    Le suc des fleurs est odorant, très sucré et il attire bon nombre d'insectes, les abeilles en particulier, mais sa faune entomologique est des plus remarquables: Danaus archippus, le plus grand lépidoptère québécois; Tetraopes tetraophtalmus, un coléoptère entièrement rouge; Labidomera clivicollis, coléoptère ressemblant au doryphore mais rouge à taches noires; Lygaeus Kalmii, hémiptère noir mais bordé de rouge. Ces insectes spécifiques se nourrissent des racines et des feuilles depuis l'état de larve jusqu'à l'état adulte. Mais les fleurs attirent aussi et en abondance les papillons dont le Monarque.

    Celui-ci pond sur l'asclépiade, les chenilles s'en nourrissent et comme l'asclépiade est vénéneuse, chenilles et plus tard papillons deviennent inconsommables pour leurs éventuels prédateurs... merci l'asclépiade !

    Les fleurs de l’asclépiade commune ( Asclepias syriaca ) , déjà bien connue pour attirer le papillon Monarque , attireraient également les femelles des moustiques transmettant la malaria . Des chercheurs américains travaillant au contrôle des ravageurs s’emploient à isoler la substance attractive de l’asclépiade pour s’en servir comme piège à moustiques .


    Notes
    (1)Plantes sauvages des villes et des champs, Fides, 1979, p. 72.
    (3) Cuisinons nos plantes sauvages , L'Aurore , 1977 , p.45

    Essentiel

    La pauvre fleur disait au papillon céleste

    (L'asclépiade disait au monarque)

    La pauvre fleur disait au papillon céleste :
    - Ne fuis pas !
    Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
    Tu t'en vas !

    Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
    Et loin d'eux,
    Et nous nous ressemblons, et l'on dit que nous sommes
    Fleurs tous deux !

    Mais, hélas ! l'air t'emporte et la terre m'enchaîne.
    Sort cruel !
    Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
    Dans le ciel !

    Mais non, tu vas trop loin ! - Parmi des fleurs sans nombre
    Vous fuyez,
    Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
    A mes pieds.

    Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t'en vas encore
    Luire ailleurs.
    Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
    Toute en pleurs !

    Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
    Ô mon roi,
    Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
    Comme à toi !

    Victor Hugo

     

    Documentation

    Fiches d'identification:
    1. missouriplants.com (ang.) avec photos de qualité et description

    2-International Asclepiad Society

    Fiches botaniques:
    1. article du King's American Dispensatory (angl.), par Harvey Wickes Felter, 1898, un classique de botanique américaine. Contient les champs: histoire, description, composition chimique, usage médical. Avec photos.

    Recherches:
    1. Pollen-ovule Ratios in Milkweeds (Asclepiadaceae): an Exception that Probes the Rule, par Robert Wyatt, Steven B. Broyles et Sara R. Lipow, publié dans la revue Systematic Botany, Vol. 25, No.2, avril 2000 (angl.) mis en ligne par BIOone, un résumé est offert gratuitement mais l'article complet est réservé aux membres.

    2- Le vol du monarque, par Alexis Duclos, photographe.

    3- Jean Lauriault
    Passionné par le papillon monarque, Jean Lauriault consacre sa vie à la protection de cet insecte merveilleux et d’un phénomène migratoire exceptionnel. Ce spécialiste en environnement suit la situation du papillon Monarque depuis les années 90.

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-07-28
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