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    Dossier: Environnement

    Merci monsieur Breton

    Andrée Mathieu

    Monsieur Daniel Breton a été obligé de renoncer à son poste de ministre de l'environnement quelques mois après sa nomination. On lui a reproché des actes, tels des loyers non payés, qui, aux yeux de plusieurs de ses admirateurs n'étaient que la conséquence de son engagement passionné pour la cause qu'il défendait. La première ministre devait accepter sa démission; monsieur Breton conserve toutefois son poste de député et il peut trouver consolation dans fait qu'il a eu le temps de nommer à la direction du  BAPE deux personnes dont la compétence pourra servir de norme pour l'accès à ces responsabilités dans l'avenir.

    Mon propos ne vise pas à prendre la défense de l'ex-ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs. Je tiens plutôt à remercier Monsieur Breton pour le cadeau inestimable qu'il nous a fait, pendant son bref passage au ministère, en nommant messieurs Pierre Baril et Louis-Gilles Francoeur à la tête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

    Parlons d'abord de la prétendue "ingérence politique" de Monsieur Breton dans les affaires du BAPE. Sur le site même de cet organisme consultatif, on peut lire que "le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement est un organisme public et indépendant qui relève du ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs". Si le BAPE relève du ministre, n'est-il pas normal que ce dernier, surtout lorsqu'il y a changement de gouvernement, rencontre les membres de l'organisme "public" pour les informer de l'orientation générale que nos représentants entendent donner aux dossiers concernant le développement durable? Si les renseignements diffusés dans les médias sont exacts, c'est précisément ce que le ministre a fait, il ne s'est pas "ingéré" dans les dossiers. D'ailleurs, n'est-ce pas l'ensemble du Conseil des ministres, incluant les ministères à vocation plus "économique", qui décide de l'avenir des projets visés par la procédure du BAPE?

    Mais revenons à la nomination de Messieurs Baril et Francoeur. Je me réjouis de voir à la présidence du BAPE un scientifique compétent qui comprend bien la complexité des enjeux de développement durable. Ainsi, avant sa nomination, Monsieur Baril occupait le poste de directeur général du consortium Ouranos, un centre de recherche qui intègre quelque 400 scientifiques et professionnels issus de différentes disciplines. Sur le site d'Ouranos on peut lire que l'organisme "a pour mission l’acquisition et le développement de connaissances sur les changements climatiques et leurs impacts ainsi que sur les vulnérabilités socioéconomiques et environnementales, de façon à informer les décideurs sur l’évolution du climat et à les conseiller pour identifier, évaluer, promouvoir et mettre en œuvre des stratégies d’adaptation locales et régionales". Quand la communauté scientifique mondiale, et de plus en plus d'économistes à la suite de Sir Nicholas Stern, ancien vice-président senior de la Banque mondiale, s'accordent pour dire que les changements climatiques constituent le plus grand défi auquel l'humanité ait eu à faire face de toute son existence, c'est rassurant de voir Monsieur Baril à la tête du BAPE. Les systèmes complexes, que les ordinateurs puissants nous aident à mieux comprendre, ont des comportements caractéristiques bien différents de ceux qui nous ont été enseignés dans les théories mécanistes inspirées de Newton et de Descartes. La science de la complexité est encore jeune, mais elle donne de bien meilleures explications sur les crises (ex: situation économique mondiale) et les événements extrêmes (ex: tempête Sandy) que nous observons de plus en plus fréquemment. Je crois donc que ce n'est pas un luxe d'avoir un scientifique au fait de ces nouvelles connaissances à la tête d'un organisme dont la mission est d’"éclairer la prise de décision gouvernementale dans une perspective de développement durable, lequel englobe les aspects biophysique, social et économique". Bien que fort appréciable, la formation du prédécesseur de Monsieur Baril en droit de l'Environnement ne mène pas à la compréhension des effets de seuil, rétroactions positives (amplificatrices) et négatives (régulatrices), points de bascule, sensibilité aux conditions initiales, changements d'attracteur et autres phénomènes propres à la dynamique des systèmes complexes.

    Quant à Monsieur Francoeur, personne au Québec n'a rencontré et interrogé autant de pionniers du développement durable, issus de tous les coins de la planète, ou lu et commenté autant de solutions prometteuses que ce chroniqueur chevronné. Or, comme les fonctions du BAPE consistent à réconcilier les avis d'experts défendant des points de vue très souvent opposés, en tenant compte des avis des citoyens, bien souvent tout aussi compétents et bien informés, il me semble qu'une vision plus globale, à un niveau de complexité plus élevé, est nécessaire pour éclairer la "prise de décision gouvernementale dans une perspective de développement durable" et pour mieux protéger la population.

    Votre passage au ministère aura peut-être été bref Monsieur Breton, mais il vous aura permis de laisser un précieux héritage au Québec, en ce moment charnière de son développement, par vos deux nominations à la tête du BAPE. Vous m'avez redonné confiance en cet organisme chargé de contribuer à notre bien-être collectif, sachant que ses dirigeants s'appuient sur des connaissances pluridisciplinaires à la fine pointe de la science et essentielles à la compréhension des enjeux et des défis extrêmement complexes qui se profilent à l'horizon. Merci Monsieur Breton.

    Andrée Mathieu

    Date de création : 2012-12-06 | Date de modification : 2012-12-10
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    Informations
    L'auteur

    Andrée Mathieu
    Auteur d'un cours de fondements scientifiques du développement durable pour l'université de Sherbrooke et co-fondatrice de l'Institut pour les Organisations vivantes
    Extrait
     Les systèmes complexes, que les ordinateurs puissants nous aident à mieux comprendre, ont des comportements caractéristiques bien différents de ceux qui nous ont été enseignés dans les théories mécanistes inspirées de Newton et de Descartes. La science de la complexité est encore jeune, mais elle donne de bien meilleures explications sur les crises (ex: situation économique mondiale) et les événements extrêmes (ex: tempête Sandy) que nous observons de plus en plus fréquemment. Je crois donc que ce n'est pas un luxe d'avoir un scientifique au fait de ces nouvelles connaissances à la tête d'un organisme dont la mission est d’"éclairer la prise de décision
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