• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Fluxs RSS:

    Impression du texte

    Dossier: Reproduction

    Les nouvelles techniques de reproduction

    Jacques Dufresne

    Le débat public sur les nouvelles techniques de reproduction, qui a commencé au Québec dans ce journal, est maintenant bien lancé dans les médias électroniques.

    Le principal enjeu, c'est l'idée de progrès. Jusqu'au début des temps modernes, faute peut-être de moyens techniques pour faire plus ou mieux, l'humanité s'était limitée à composer avec la nature, complétant ainsi, mais sans la transformer radicalement, l'oeuvre, de Dieu pour les uns, du hasard pour les autres. L'Arcadie, devenue mythique, et les paysages européens entourant les monastères et les cités médiévales comptent parmi les plus beaux accomplissements caractéristiques de ce rapport avec le monde.

    Au dix-septième siècle, mais d'une façon plus décisive au dix-huitième, la même humanité est engagée dans une transformation systématique, radicale et illimitée de la nature. Même si la très grande majorité des gens considèrent toujours ce progrès comme une chose heureuse à tous égards, des fléaux comme les pluies acides, la bombe H et la mécanisation des rapports humains en amènent plusieurs à se demander si nous ne sommes pas en train de jouer à une étrange roulette russe consistant à échanger des avantages immédiats contre des risques destinés à croître avec le temps.

    Les nouvelles techniques biologiques nous lancent actuellement dans une aventure encore plus audacieuse. Après la matière inanimée, c'est la vie, et, au sommet de cette dernière, l'être humain, que nous nous apprêtons à transformer radicalement.

    Entre les objets d'autrefois qui, étant l'oeuvre d'artisans, étaient tous des choses uniques, et les objets fabriqués aujourd'hui en série, il y a un abîme, que l'humanité a franchi le plus facilement du monde. Un abîme équivalent a été franchi tout aussi facilement dans le monde animal, chez les vaches Holstein notamment, que l'on peut maintenant fabriquer en série en divisant un embryon.

    Pourquoi s'arrêter là, au seuil de l'étape la plus enivrante de l'aventure, celle qui pourrait permettre a des parents d'acquérir, via un embryon congelé, la réplique biologique exacte d'un premier enfant auquel ils sont très attachés et qui risque toujours de mourir d'un accident? J'ai déjà deux garçons, disait une femme à la radio, je veux une fille. Je serais prête à faire n'importe quoi pour en avoir une. Si la science peut me la donner, pourquoi pas ? Un autre auditeur a dit qu'il aurait bien aimé que ses parents le programment génétiquement de façon à ce qu'il soit plus fort en maths et en musique. Un troisième a précise que l'uniformisation de l'espèce humaine ne l'inquiétait nullement.

    La plupart des gens ne sont sans doute pas disposés à donner leur assentiment à des prouesses comme celles que nous venons d'évoquer, mais, dans une discussion très serrée, ils seraient vite mis en déséquilibre par l'argument du fait accompli.

    Si on permet à une femme ayant déjà obtenu une ligature des trompes de satisfaire son nouveau désir d'un enfant par la fécondation in vitro, de quel droit refuserait-on à une autre femme de demander à la médecine de satisfaire son désir de compléter sa famille par une fille? Pourquoi la médecine du désir serait-elle une bonne chose dans un cas et une mauvaise dans l'autre? Si, à la suite d'une échographie où d'un autre test comme il en existe plusieurs actuellement, on s'estime en devoir de recourir à l'avortement préventif, n'est-on pas en plein eugénisme, et, qui plus est, en plein eugénisme négatif? De quel droit alors empêcher un eugénisme positif consistant à se procurer du sperme de Québécois «en forme » ?

    C'est pour toutes ces raisons qu'un moratoire s'impose de toute urgence. Chaque nouveau «progrès» constitue un fait accompli qu'on invoquera bientôt pour justifier, hors de toute considération morale, un nouveau pas en avant. C'est l'ensemble de l'aventure, depuis la première insémination artificielle, qu'il faut revoir, calmement. L'insémination artificielle, faite le plus souvent avec le sperme de donneurs anonymes, implique déjà la réduction de la procréation à sa seule dimension biologique. Il s'agit d'un précédent si lourd de conséquences qu'on se prive sans doute, en l'acceptant, des arguments les plus sérieux qui pourraient être invoqués ensuite contre des pratiques plus manifestement contestables.

     Date approximative de la publication de cet article dans le journal La Presse 1985-1990.

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2018-04-15
    Informations
    L'auteur

    Jacques Dufresne
    Mots-clés
    Désir de l'enfant
    Documents associés
    Hélène Laberge
    Eugénisme négatif, eugénisme positif, Indignation, DPI, Diagnosnostic préimplantatoire
    Jacques Dufresne
    Reproduction humaine
    Louise Vandelac
    Stéphane Mallarmé
    Les hasards du lit
    Josette Lanteigne
    Banques de sperme, biotechnologie, eugénisme, clonage
    Christian Rioux
    Novlangue,barbarie, gestation, reproduction, mère porteuse
    Jacques Dufresne

    0%
    Dons reçus (2018-2019):0$
    Objectif (2018-2019): 25 000$


    Nous avons reçu près de 11 407$ lors de la campagne 2017-2018. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2018-2019, notre objectif s'élève à 20 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.