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    Dossier: Pauvreté

    La pitié et la férule

    Nicole Morgan

    Plus besoin de voler une orange pour attirer les foudres. On punit les pauvres parce qu’ils sont pauvres. Paul Krugman l’avoue : « Cela fait peur. » Le Prix Nobel d’économie n’arrive pas à trouver le sens des mesures économiques imposées par la Banque des règlements internationaux (BRI) (Bank for International Settlements en anglais ou BIS) qui s’en prend aux plus fragiles et aux démunis. Cela n’a, dit-il, aucun sens économique. Une grande partie de ce texte est tirée du livre de l’auteure : Haine froide, Paris, Le Seuil, 2012.

    En octobre 2005, Le Monde diplomatique traduisait un article de John Kenneth Galbraith, « L’art d’ignorer les pauvres ». Publiée vingt ans auparavant en anglais par Harper’s Magazine, la pensée du grand économiste n’avait rien perdu de sa pertinence ni de sa clarté. Il y décrit « l’un des plus anciens exercices humains : le processus par lequel, au fil des années, et même au cours des siècles, nous avons entrepris de nous épargner toute mauvaise conscience au sujet des pauvres »1.

    Les politiques de l’Occident reposent sur cette mauvaise conscience, entretenue et régulée par la chrétienté. Dans un article sur les fondements de la politique, Glenn Tinder nous rappelle que le mot charité vient du latin caritas qui signifie « amour », un amour de l’autre bien particulier : « L’amour chrétien, écrit-il, a un nom bien précis, agapè, différent des autres formes d’amour : la philia, l’amitié, l’eros, la passion. »2 L’origine des organisations caritatives qui portent bien leur nom repose sur cette définition. Les philosophes des Lumières ou Karl Marx essaieront de fonder l’altruisme sur d’autres bases mais, nous dit Tinder, le fait est que les politiques d’aide et d’entraide des États modernes laïcs puisent leurs racines profondes dans l’agapè. Il reprend ici en partie les thèmes de Carl Schmitt qui entreprit une analyse de la sécularisation des concepts théologiques pour les appliquer à la théorie de l’État. Suivant cette idée, le Dieu religieux devient juge, tandis que le miracle devient l’exception. La théorie moderne de l’État reposerait sur des concepts théologiques sécularisés.

    C’est ainsi que l’État-providence aurait remplacé presque toutes les organisations caritatives, redéfinissant leurs modalités. La charité devint une application du droit des citoyens incluant des droits économiques, créant ce que Gosta Esping Anderson a nommé « le monde de l’État-providence », un monde complexe d’aide directe et indirecte, variant d’un État à l’autre. C’est un déplacement de pouvoir dont il faut comprendre qu’il signifie une perte pour les Églises. Certes les sœurs de la charité continuaient d’aider les plus démunis, mais nous sommes loin du temps où les ordres caritatifs organisaient le champ du social, comme au Moyen Âge, financés par une Église qui possédait le tiers des terres de l’Europe.

    Cela dit, qu’il se justifie par le « droit » ou par l’ « amour », l’altruisme est pour Ayn Rand et l’économiste Milton Friedman une hérésie économique à plus d’un titre. Ayn Rand est brutale : l’altruisme est, dans la bouche de l’un de ses héros, « un sentiment monstrueux » dont profitent les « parasites » sur lesquels des bureaucrates intéressés vont bâtir leur empire égoïste. Pour Milton Friedman, c’est un sentiment déplacé qui freine la croissance (alias le Bien Commun) et devient contre-productif. Laissez faire les bâtisseurs de croissance et la pauvreté disparaîtra, dit-il. En attendant ces jours heureux, le laissez-faire bien compris ne fait rien. Le laissez-faire est dans un premier temps un laisser-mourir qui permet des alliances qui sentent peut-être le soufre mais qui n’en ont pas moins bonne conscience.

    Il ne s’agit que d’un transfert de pouvoir qui arrange tout le monde : le laissez-faire ne veut plus que l’État joue les sœurs de charité et certaines églises ne sont que trop heureuses de reprendre le contrôle de ce qu’elles avaient perdu. L’autre aspect est un corollaire plus complexe mais que l’on peut résumer ainsi : le laissez-faire fondamentaliste et l’intégrisme chrétien font porter la responsabilité morale au seul individu. Si l’individu ne trouve pas de travail, c’est qu’il est paresseux, dit le premier. Et s’il vole une orange parce qu’il a faim, c’est qu’il écoute le démon, dit l’autre. L’essentiel est de dégager toute responsabilité de la société envers lui mais aussi de faire en sorte que le voleur d’orange ne vole plus le fruit du labeur des entrepreneurs. Le laissez-faire fondamentaliste a besoin d’un ordre social punitif. L’intégrisme n’est que trop heureux d’offrir ses services de culpabilisation.

    Mais il faut, d’abord, reprendre le contrôle.

    Reprendre le contrôle

    La sécularisation a été déplorée par les Églises certes parce qu’elles perdaient des territoires mais aussi parce que le « droit » manquait d’amour. Elles firent chorus avec les critiques de la bureaucratie qu’on accuse également d’indifférence et de froideur. Le droit est conçu, il faut bien le dire, pour mettre une distance entre faits et sentiments. Max Weber nous a expliqué que froideur et neutralité sont une condition sine qua non du passage de l’État féodal à l’État moderne. C’est un incontournable : le prix de la démocratie est la bureaucratie en ce qu’elle applique la loi « sans haine, ni passion et donc sans affection ni enthousiasme ». Dans son dernier ouvrage, Francis Fukuyama ajoute une perspective intéressante à celle de Weber en faisant remonter cette neutralité au célibat des prêtres qui, dit-il, a permis à l’église de les retirer de l’emprise émotionnelle que le clan et la famille pourraient avoir sur eux3. L’agapè était délégué aux missionnaires et bonnes sœurs dont la longue histoire a été décrite par Georges Duby et Michèle Perrot dans L’Histoire des femmes en Occident4.

    La neutralité avait ses défauts symbolisés par la férule. Mais peu de qualités pour ceux qui se souviennent du dévouement sans bornes de ces dernières dans des hôpitaux et hospices dont ceux de Beaune, qui étaient un modèle de gestion. Lorsqu’il s’agit d’apaiser la souffrance humaine, l’agapè est sans rivale.

    Revenons à notre siècle laïque. Les services sociaux et hôpitaux sont accusés, non sans raison parfois, d’incompétence, de dilapider des fonds et de manque de cœur. La nostalgie aidant, un retour de pendule était éminent à ce moment critique où un fort courant conservateur voulait rendre aux bonnes sœurs ce qui, disait-il, leur revenait de droit. C’était d’ailleurs dans les métaphores qu’il utilisait couramment. Lorsqu’on reprochait aux hommes d’affaires les mises à pied, renvois et autres sévices – imposés, disaient-ils, par le marché –, ils répondaient invariablement « nous ne sommes pas les sœurs de la charité ».

    Le transfert des fonctions fut officialisé par George Bush dans les années quatre-vingt-dix.

    Il le nomma « conservatisme compatissant ».

    Cela semblait parfait à l’époque : « La politique sociale préconisée par Bush reposait sur la condamnation du gouvernement fédéral, le renforcement de l’initiative privée et la valorisation du travail accompli par les organisations religieuses. Ces dernières, longtemps confinées à la sphère privée, seraient au cœur du dispositif mis en place par l’administration Bush pour venir en aide aux plus nécessiteux. » L’état pouvait se permettre de n’être plus providence sans mauvaise conscience puisqu’il serait remplacé par beaucoup mieux, « une armée de la compassion » qui apporterait aux pauvres et aux exclus l’amour, l’attention et le réconfort nécessaires. Cette « armée », composée, selon Bush, d’hommes et de femmes habités d’une grande conviction religieuse et d’un altruisme inébranlable, prendrait la place des bureaucrates et des fonctionnaires « insensibles » et « inefficaces ».

    Il signa deux décrets à cet effet, « l’un pour créer un bureau à la Maison-Blanche afin de superviser l’aide aux initiatives communautaires, l’autre pour instituer des centres de coordination avec les organisations confessionnelles dans cinq ministères (travail, logement, santé, justice et éducation) qui s’occupent de ces questions5 ».

    On n’en parla plus beaucoup ensuite. L’idée néanmoins était lancée : il fallait rendre à l’Église ce qu’on lui avait pris. Un des candidats aux élections de 2012, Rick Santorum le répète à chaque ville étape de sa campagne : « Regardez tous ces pays dont nous venons. Ils sont tous morts du point de vue de la foi. Allez en Europe ; la fréquentation des églises se compte sur les doigts. Pourquoi ? Parce que le gouvernement s’est emparé des prérogatives de la foi. »

    Tu as volé l’orange du marchand

    Le laissez-faire n’est pas tendre pour les voleurs, sauf si les escrocs sont des entrepreneurs ou des banquiers, soupire Frank Rich, un des meilleurs analystes de ce qu’il appelle « le cirque politique américain ». Non pas que la doctrine voie en eux des suppôts de Satan. Les voleurs volent parce qu’ils sont égoïstes, comme tout le monde. Leur crime est de vivre de la richesse des autres et de rejoindre ainsi les rangs déjà trop gonflés des parasites qui, dans les années soixante, ont joué les victimes pour excuser leurs crimes. Si le voleur vole l’orange du marchand, comme l’a chanté Gilbert Bécaud, ce n’est pas parce que la société est injuste et qu’il a faim. Il peut travailler mais trouve plus facile de parasiter cette société qui ne lui doit rien. S’il persiste dans le crime, c’est la prison, à vie à la troisième offense.

    La cause du mal n’étant jamais situationnelle, on ne recherchera pas de solutions sociales préventives. En ce sens, le laissez-faire et l’Église cherchent à responsabiliser l’individu. C’est un retour de balancier bienvenu après plusieurs décennies de ce que certains ont vu, non sans raison, comme un abus du principe selon lequel tout le monde était coupable sauf l’individu. Pendant deux décennies au moins, la victimisation, nous dit Steve Salerno, a présenté la culpabilité sous un mauvais jour6. Ce fut l’époque où l’État-providence porta le poids extrême de toutes les responsabilités, le temps où le voleur d’orange accusa son père, sa mère, l’école et la société.

    Les retours de balanciers sont souvent violents. Dans le cas qui nous intéresse ils le furent d’autant plus que le désir de responsabiliser et châtier dépassa le monde de la criminalité. Plus n’est besoin de voler une orange pour attirer les foudres. On punit les pauvres parce qu’ils sont pauvres. Paul Krugman l’avoue : « Cela fait peur. » Le Prix Nobel d’économie n’arrive pas à trouver le sens des mesures économiques imposées par la Banque des règlements internationaux (BRI) (Bank for International Settlements en anglais ou BIS) qui s’en prend aux plus fragiles et aux démunis. Cela n’a, dit-il, aucun sens économique. Il le dit très vite à la fin d’un article « On dirait qu’ils ont affaire à un besoin impératif et profond d’infliger des souffrances, d’expurger le péché ou quelque chose comme cela. »7 Lui, toujours si clair et si précis, ne trouve pas les mots pour le dire.

    Prêtons-lui un mot, la haine, celle qui est nichée au plus profond de ce cerveau humain dont nous parle Henri Laborit dans L’Homme et la Ville : l’homme continue d’utiliser son cerveau reptilien et son système limbique afin de maintenir sa domination sur les autres hommes et sur la nature. Il a besoin pour confirmer cette domination d’imposer la souffrance, de la voir et même d’en jouir. « Le but de la punition, dit Hobbes, n’est pas la revanche mais la terreur. » Nietzsche a écrit ses pages les plus fortes sur ce thème. Nous sommes loin de l’Utopien de Thomas More qui n’aime rien moins que voir le bonheur de l’autre  ou du bon sauvage de Jean-Jacques Rousseau ou de l’homme dont l’âme aspire au bien universel défini par Kant.

    Bref on se sentirait moins riche s’il n’y avait pas de pauvres et si nous ne pensions pas qu’ils le méritent pour leurs péchés. Nous sommes humains. « Ce que les hommes désirent, soutient Hobbes, ils l’appellent bien et ce qu’ils haïssent, ils l’appellent mal. » Si nous désirons avec tant de passion la prospérité pour nous-même, la pauvreté de l’autre est un péché haïssable, preuve d’une déficience morale.

    Les riches sont plus riches, les pauvres plus pauvres. Le fossé entre riches et pauvres aux États-Unis s’est creusé ces dernières années. Le 1 % des familles les plus riches possèdent plus de la moitié des richesses.  Pour les 99 %, c’est le recul partout.

    L’euphorie du 1 % se double d’une petite inquiétude à mesure que la pauvreté devient de plus en plus visible et possiblement dangereuse. « Au fur et à mesure que l’État-providence est démantelé, il est remplacé par les dures réalités de l’État-punition avec des problèmes sociaux de plus en plus criminalisés. Les valeurs dures de ce nouvel ordre social sont révélées par les taux d’incarcération des jeunes de plus en plus jeunes, la modélisation des écoles publiques sur le modèle des prisons, et les lois anti-immigration très dures. »8

    Les prisons regorgent de prisonniers, le droit pénal américain étant devenu de plus en plus répressif, en particulier à partir des années 1970. Reagan fit triompher le slogan Get tough on crime (« Soyez durs envers le crime »). Le taux d’incarcération, qui était déjà l’un des plus élevés des pays industrialisés dans les années soixante-dix, quadrupla en quinze ans : on passe de 240 000 détenus en 1975 à près de 1 million en 1995, puis 2 millions en 2005.

    Pour l’idéologie de la haine froide, c’est une consécration et disons même que parfois c’est un plaisir. On en parle peu sinon pas du tout, mais comment expliquer l’histoire de l’humanité sans ce plaisir de destruction qui la traverse de temps à autre. Il y a une jouissance à punir, cela Nietzsche et Foucault nous l’ont dit, mais ils ne sont pas allés assez loin : il y a aussi une jouissance à détruire une montagne, polluer une rivière, abattre des animaux en voie d’extinction et à détruire à jamais des cultures trop faibles pour résister.

    La guerre économique n’est pas une métaphore vide.

    Notes

    1 John K. Galbraith, « L’art d’ignorer les pauvres », Le Monde diplomatique, octobre 2005 ; http://www.monde-diplomatique.fr/2005/10/ GALBRAITH/12812.
    2. Glenn Tinder, « Can we be Good without God? On the political meaning of Christianity », The Atlantic, décembre 1989.
    3. Francis Fukuyama, The Origins of Political Order. From Prehuman Times to the French Revolution, New York (NY), Farrar Straus & Giroux, 2011.
    4. George Duby et Michelle Perrot (dir.), L’Histoire des femmes en Occident, Paris, Perrin, 2002, 3 vol.
    5. Jean-Guy Vaillancourt, « Le conservatisme compatissant du président Bush », Relations, n° 668, mai 2001 ; http://cjf.qc.ca/fr/relations/ article.php?ida=1753.
    6. Steve Salerno, Sham. How the Self-Help Movement Made America Helpless, New York (NY), Crown, 2005.
    7. Paul Krugman, « The Urge to Purge », New York Times, 27 juin 2011 ; http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/06/27/the-urge-to-purge/.
    8. Henry A. Giroux, « Trickle-Down Cruelty and the Politics of Austerity », Truthout, 11 juillet 2011 ; http://www.truth-out.org/trickle-down-cruelty-and-politics-austerity/1310134880.

    Date de création : 2018-02-11 | Date de modification : 2018-02-13
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    L'auteur

    Nicole Morgan
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