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La justice et la vie future

Jean-Jacques Rousseau

Plus je rentre en moi et plus je me consulte, plus je lis ces mots écrits dans mon âme : Sois juste, et tu seras heureux. Il n'en est rien pourtant, à considérer l'état présent des choses : le méchant prospère, et le juste reste opprimé. Voyez aussi quelle indignation s'allume en nous quand cette attente est frustrée. La conscience s'éleve et murmure contre son auteur; elle lui crie en gémissant : « Tu m'as trompée! — Je t'ai trompée, téméraire! qui te l'a dit? Ton âme est-elle anéantie? As-tu cesse d'exister? »

O Brutus, ô mon fils, ne souille pas ta noble vie en la finissant : ne laisse pas ton esprit et ta gloire avec ton corps aux champs de Philippes. Pourquoi dis-tu : La vertu n'est rien, quand tu vas jouir du prix de la tienne? Tu vas mourir, penses-tu? Non, tu vas vivre, et c'est alors que je
tiendrai ce que je t'ai promis.

On dirait, aux murmures des impatients mortels, que Dieu leur doit la récompense avant le mérite, et qu'il est obligé de payer la vertu d'avance. Oh ! soyons bons premièrement, et puis nous serons heureux. N'exigeons pas le prix avant la victoire, ni le salaire avant le travail. Ce n'est pas dans la lice, disait Plutarquc, que les vainqueurs de nos jeux sacrés sont couronnés, c'est après qu'ils l'ont parcourue.
 

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