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Solon

Solon: législateur d'Athènes, l'un de sept sages de la Grèce. Le maître à penser de l'Occident chrétien, Aristote, avait toujours les yeux tournés vers Solon quand il traitait de politique; quand ils ont voulu introduire les lois écrites dans leur République, les Romains ont envoyé une délégation de sénateurs étudier les lois de Solon à Athènes.

Dans de nombreux pays africains d'aujourd'hui, les femmes travaillent de façon servile une terre immense appartenant à un puissant personnage. Six siècles avant-Jésus Christ, Solon a indiqué la voie à suivre pour combattre une telle injustice. Athènes, c'est-à-dire la ville comme telle et la campagne environnante, était dominée par quelques grands propriétaires terriens qui subordonnaient tout à leurs intérêts. Tôt ou tard les rares paysans demeurés libres étaient obligés d'emprunter de l'argent à l'un d'entre eux. Celui qui ne pouvait pas rembourser son créancier en espèces lui cédait une partie de sa terre, à défaut de quoi, il devait payer de sa personne en se constituant esclave. Le grand poème d'Hésiode, Les travaux et les jours, est empreint de ce malheur.

Bien qu'aristocrate lui-même, Solon a éprouvé une telle compassion pour les petits paysans qu'il a réussi à faire adopter des lois justes à leur égard; des lois telles que sans que les grands en soient inutilement et démesurément humiliés, les dettes fussent effacées et les petits paysans habilités à devenir propriétaires. Les prêts sur la personne et autres abus de même nature allaient désormais être considérés comme barbares. L'État de droit venait d'être instauré. Il était accompagné de réformes politiques et juridiques qui donnaient au peuple une participation réelle au pouvoir.

Nous sommes aux environs de ~600. La démocratie ne sera pleinement instaurée qu'un siècle plus tard. Après avoir reçu les lois de Solon, le peuple d'Athènes plébiscita Pisistrate, qui devint un tyran, mot auquel il ne faut toutefois pas donner un sens trop péjoratif dans ce contexte. Pisistrate, contre toute attente, allait respecter et faire respecter les lois de Solon. C'est un autre tyran de même qualité, Clisthène, qui achèvera la grande réforme. Les citoyens allaient désormais être définis par leur appartenance à un dème (village ou quartier) plutôt que par leur appartenance à une lignée. On n'allait plus dire Socrate fils de, mais Socrate du dème de. Vue sous cet angle la démocratie apparaît comme le passage d'une référence au temps à une référence à l'espace.

Désormais le pouvoir appartenait vraiment au peuple qui l'exerça de façon directe et qui, bien vite, en abusa. Pour empêcher un riche de prendre trop d'ascendant, on pouvait le bannir en recueillant à cette fin 6,000 signatures. Les démagogues, qui suivent la démocratie comme les charognards suivent les proies faciles, utilisèrent bientôt cette loi, qui était nécessaire au début, pour éliminer leurs adversaires. Les mêmes démagogues distribuèrent des jetons de présence aux juges et autres magistrats. Et ce fut le début d'une gangrène bureaucratique incurable.

Si bien que la même démocratie qui avait permis aux Athéniens de vaincre les Perses allait être cause de leur défaite devant les Spartiates cinquante ans plus tard. C'est l'une des raisons pour lesquelles Socrate (~470, ~399), Platon (~427, ~347) et Aristote (~384, ~422), (dans une moindre mesure) allaient se montrer très sévères pour le régime démocratique.

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