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Le poème fondateur

Solon
Voici un texte de Solon qui a été transmis à la postérité par Aristote, qui l'associe à la Constitution athénienne. Les extraits sont présentés dans la traduction de Marguerite Yourcenar et le commentaire est de Jacques Dufresne.

Solon fait d'abord allusion aux techniques d'arpentage que les riches utilisaient pour s'emparer de la terre de leurs débiteurs insolvables.

«Temps sois mon témoin! Et toi, noire Terre,
Mère de tous les dieux! Toi que j'ai délivrée
Des bornes dont tu fus bassement encombrée
Par les accapareurs! Toi que jai affranchie!
Redressant la Justice indignement gauchie.»

Plutôt que de devenir esclaves sur une terre appartenant désormais au maître, de nombreux paysans avaient préféré l'exil. Les lois de Solon permirent à ces exilés de rentrer au pays.

«J'ai ramené dans leurs foyers par Zeus bâtis
Les exilés, innocents ou non, engloutis
Dans le malheur, vendus, chassés ou bien partis
D'eux-mêmes et si longtemps errant à l'étranger
En proie à la misère, au malheur, au danger,
Qu'ils avaient oublié la langue de leurs pères!»

Et voici comment des lois justes font renaître les hommes:

«Et d'autres qui tremblaient sous un injuste maître,
Ici même, opprimés, je les ai fait renaître,
Et de nouveau, grâce à mes lois, les voilà libres!»

L'expression tissu social a des racines profondes en Occident:

«J'ai réparé, j'ai joint, j'ai rapproché les fibres
Aidant les pauvres, juste envers les gens prospères,
En haut ainsi qu'en bas, j'ai placé l'équité.
Un cupide et un lâche eût peut-être hésité
Sans savoir diriger ou tenir en respect
La foule. Je n'ai pas pour être moins suspect
À certains, transigé, pactisé; quand les chiens
Attaquent, le loup les tient en respect; les biens
Reçus grâce à mes lois, ils n'osaient en rêver,
Et de meilleurs que moi vont plus tard m'approuver.»

Le grand législateur est aussi un médiateur

«J'empêchai que chacun, à son gré, n'écrémât
Le lait de tous. Et quand la colère enflamma
Les deux partis, moi seul, entre eux médiateur,
Je me tins...»

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