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    Vadeboncoeur Pierre

    Écrivain québécois. Un des grands essayistes contemporains.

    « Écrivain public qui interroge sans relâche l'état actuel de la culture dans ses rapports piégés au politique et à l'esthétique, Pierre Vadeboncœur mène depuis près de 50 ans une réflexion personnelle sur la conscience critique de notre temps, poursuivant les quêtes fondamentales de la liberté de parole et du bonheur de l'homme. Traversée d'expériences personnelles et chargée d'une discrète poésie de l'esprit, son œuvre s'impose comme un lieu essentiel de pensée en mouvement, livrée dans une prose de superbe maîtrise, souple et vibrante, d'une portée souvent prophétique. » (Pierre Filion, "Lauréat - Prix Athanase-David 1976" (Prix du Québec)) - © Gouvernement du Québec, 2003

    Biographie

     

    L'auteur de cette biographie est monsieur Paul-Émile Roy, écrivain québécois bien connu avec lequel Pierre Vadeboncoeur a entretenu une longue correspondance.


    Pierre Vadeboncoeur est né à Strathmore, dans l’île de Montréal, en 1920. Il fit ses études classiques au Collège Brébeuf et s’inscrivit par la suite à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. Il ne semble pas avoir été spécialement intéressé par l’étude du droit, mais il en fit suffisamment cependant pour travailler comme négociateur, conseiller et plaideur pour la Confédération des travailleurs catholiques, qui deviendra par la suite la CSN.

    Après ses études classiques, avant de s’engager dans le syndicalisme, il semble se chercher. Il s’intéresse à la peinture, fréquente les artistes, se met à écrire. Il publie son premier article, «La Joie», dans une revue d’avant-garde, La Nouvelle Relève. Il collabore à différents journaux, et c’est en 1950 qu’il commence à travailler pour la Confédération des travailleurs catholiques du Canada. Ce travail l’enthousiasme et il y devient permanent en 1953. Il y restera jusqu’à la retraite en 1995.

    Pierre Vadeboncoeur était un écrivain et un syndicaliste très engagé. C’est peut-être cette double appartenance qui donne à son oeuvre son caractère de si grande authenticité. Vadeboncoeur n’est pas un rêveur mais un homme d’action, un militant qui est aussi un contemplatif. Il a écrit un grand nombre d’articles publiés dans des journaux et des revues, et une trentaine de volumes qui sont des essais traitant de la politique, de l’art, de l’amour, de la modernité. Il s’est engagé à fond dans la bataille du Québec pour l’indépendance, et a porté sur la modernité un regard critique qui reste d’une très grande actualité.

    Il est significatif que le premier texte de Vadeboncoeur porte sur la joie. Il s’agit de se situer dans l’univers, de prendre conscience de ce que comporte le fait d’exister. Dès le point de départ, l’écrivain proclame la suprême dignité de la conscience humaine et son affinité profonde avec le secret de l’être. Lui qui plus tard critiquera très sévèrement la société québécoise et la modernité, n’écrira pas moins dans L’Absence: «Nous relevons sans le savoir d’une ontologie stable et lumineuse». Et jusqu’à la fin, il maintiendra à la fois un regard critique sur la société et la culture, et une attention insatiable au grand secret de l’univers.

    Vadeboncoeur s’est engagé très tôt dans la bataille du Québec pour l’indépendance. C’était là pour lui une question de liberté et de dignité. Il a écrit un livre dont le titre est très significatif: Un génocide en douce. Il exprime sa conviction que le Québec dans le Canada est condamné à disparaître. Un autre de ses livres porte le titre: To be or not to be, that is the question. Il écrit dans La Dernière heure et la première, en 1970: «Il y a ceci de tout à fait nouveau: langue, culture, liberté et pouvoir sont aujourd’hui absolument indissociables. Il n’y aura plus un jour ici de langue et de culture françaises, de liberté et de pouvoir, que munis de toute la force politique à laquelle nous puissions prétendre.» Jusqu’à la fin de sa vie, il militera en faveur de l’indépendance du Québec même s’il était pessimiste pour ce qui concerne notre avenir.

    Le jeune Vadeboncoeur a entretenu de grands espoirs en la modernité. Il croyait, dans sa jeunesse, que la révolution était en marche et que la démocratie produirait un type d’homme libre, autonome, ouvert à la culture. Il dut déchanter assez rapidement, et c’est cette déception qu’il décrivit dans son livre Les deux royaumes qui déçut certains de ses lecteurs qui n’avaient pas compris l’orientation de sa méditation. Dans ce livre, en effet, publié en 1978, il décrit le malaise qu’il ressent face la la modernité. Être moderne, croit-il, c’est vivre dans une actualité folle, privée de mémoire, sans attache à ce qui se passait hier. C’est vivre dans l’instant, dans un instant sans cesse happé par le futur, façonné par lui. «C’est n’être rien» puisque tout ce que le processus historique a fait de nous ne compte plus. Dans ce capharnaüm qu’est la modernité, l’âme est bafouée, niée, reléguée aux oubliettes. Elle n’a plus droit de cité. Les contemporains sont des «taupes». Il n’existe plus d’espace spirituel, le mystère est aboli, l’ineffable est touché, «frappé d’excommunication». On ne peut plus parler de hauteur, d’altitude. «Le sacré qu’on porte en soi» est bafoué, l’âme est «livrée à plus bas qu’elle».

    On comprend que Vadeboncoeur devait décevoir plusieurs de ses lecteurs qui n’avaient pas compris où il s’en allait. Mais il persistera à dénoncer ce monde sans âme qui «fonctionne comme une machine qui impose à l’homme son propre rythme, son ordre, ses priorités». Il développera ce thème jusqu’à la fin de sa vie au grand scandale de certains de ses lecteurs moins lucides qui le critiqueront sévèrement. Pourtant, comme l’écrit Jean Marcel, la pensée de Vadeboncoeur sur la modernité «ne condamne pas, elle souffre». Vadeboncoeur n’est pas un sceptique, ni un frustré, mais un écrivain qui se fait une très haute idée de l’homme et de l’univers. Un écrivain qui n’est pas un critique, au fond, mais un contemplatif. Il écrit dans L’Absence: «il n’y a rien de beau que l’indéchiffrable», et une partie importante de son oeuvre est consacrée à une méditation très lucide, très pénétrante sur l’art, qui est «apparition» de l’être, sur l’amour qui est le suprême accomplissement de l’existence.

    L’oeuvre de Vadeboncoeur est construite sur deux démarches qui ne s’opposent pas, mais dont l’une est le soutien ou la raison de l’autre: la démarche de contemplation ou métaphysique, et la démarche critique. C’est cette dernière qui occupe la place la plus considérable dans la première partie de l’oeuvre, mais dans la deuxième, la démarche de contemplation occupe presque tout l’espace. Par ailleurs, plus je réfléchis sur cette oeuvre, plus je prends conscience que la réflexion critique de la première prend sa source dans la réflexion métaphysique ou contemplative qui se déploie dans le deuxième.

    Quelques éléments bibliographiques

    Pierre Vadeboncoeur a écrit de nombreux articles dans les journaux et les revues. Certains ont été repris dans des livres, mais plusieurs ne l’ont pas été. Il est urgent d’effectuer ce travail pour préciser notre connaissance d’une des oeuvres littéraires les plus importantes du Québec.

    Il a aussi entretenu une correspondance importante avec plusieurs écrivains qui mériterait d’être publiée. Certaines démarches sont entreprises actuellement dans ce sens.

    Il a reçu plusieurs prix littéraires:

    En 1971, le Prix de littérature Ludger-Duvernay, décerné par la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.
    En 1976, Le Prix de littérature Athanase-David, décerné par le gouvernement du Québec.
    En 1979, La ville de Montréal lui décerne son grand prix littéraire pour Les deux royaumes.
    En 1984, on lui décerne le Prix littéraire France-Québec Jean Hamelin, à Paris.
    En 1987, il gagne le Prix littéraire Suisse-Canada qui lui est remis à Genève.
    En 2003, il reçoit le Prix de la revue Études Françaises.

    Paul-Émile Roy


    Oeuvres

    Ouvrages de Pierre Vadeboncoeur

    La Ligne du risque, Montréal, Hurtubise HMH, 1963, 1977; Bibliothèque québoise, 1993.
    L’Autorité du peuple, Montréal, Éditions de l’Arc, 1965; Hurtubise HMH, 1977.
    Lettres et colères, Montréal, Éditions Parti pris, 1969.
    Un amour libre, Montréal, HMH,1970.
    La dernière heure et la première, Montréal, L’Hexagone /Parti pris, 1970.
    Indépendances, Montréal, L’Hexagone/Parti pris, 1972.
    Un génocide en douce, Montréal, L’Hexagone/Parti pris, 1976.
    Chaque jour, l’indépendance, Montréal, Leméac, 1978.
    Les deux royaumes, Montréal, L’Hexagone, 1978; Typo 1993.
    To be or not to be, That is the question, Montréal, L’Hexagone, 1980.
    Trois essais sur l’insignifiance suivi de Lettre à la France, Paris, Albin Michel, 1983; Montréal, L’Hexagone 1983, 1989.
    L’Absence, Essai à la deuxième personne, Montréal, Boréal Express, 1985.
    Essais inactuels, Montréal, Boréal, 1987.
    Essai sur une pensée heureuse, Montréal, Boréal, 1989.
    Dix-sept tableaux d’enfant. Étude d’une métamorphose, Montréal, Le Jour, 1991; Bellarmin, 1994. Le Bonheur excessif, Montréal, Bellarmin, 1992.
    Gouverner ou disparaître, Montréal, Typo, 1993.
    Vivement un autre siècle, Montréal, Bellarmin, 1996.
    Qui est le chevalier? Montréal, Leméac, 1998.
    L’Humanité improvisée, Montréal, Bellarmin, 2000.
    La Justice en tant que projectile, Montréal, Lux, 2002.
    Le pas de l’aventurier. À propos de Rimbaud, Québec, PUL, 2003.
    La Dictature internationale, Montréal, Lux, 2004. Essai sur la croyance et l’incroyance, Montréal, Bellarmin, 2005.
    L’injustice en armes, Montréal, Lux, 2006.
    Les grands imbéciles, Montréal, Lux, 2008.
    La Clef de voûte, Montréal, Bellarmin, 2008.


    Essais inactuels. Montreal, Boréal, 1987. «"Etre absolument inactuel", demandait Rimbaud à l'ecrivain de son temps. Mais notre temps à nous est tel, écrit Pierre Vadeboncoeur, qu'il n'y a plus aujourd'hui qu'une seule attitude qui réponde vraiment aux exigences de l'esprit, une seule façon de comprendre correctement la phrase de Rimbaud: "Etre absolument inactuel". Inactuel, c'est-à-dire à la fois méfiant et fidèle. Méfiant devant les modes, devant l'insignifiance érigée en système de pensée, devant la déshumanisation vue comme l'avenir de l'homme, et devant les conformismes de tous ordres, même et surtout les conformismes révolutionnaires. Mais en même temps fidèle, d'une fidélité radicale, à soi-même, à sa propre liberté, à sa propre solitude, et à la recherche de ce qui échappe au temps, aux modes, aux injonctions du conformisme. Par opposition à l'"actualité", être attentif au présent, ou mieux: à la présence, telle est aujourd'hui la vraie "rupture", la vraie "subversion". Et telle est aussi l'orientation de ces essais, dont les sujets sont pourtant bien divers: de Proust à Simone Weil, de Péguy à Jacques Brault, de Borduas à l'impressionisme, de l'architecture à la poésie. // On y retrouvera à la fois le Vadeboncoeur des Deux Royaumes (1978), le Vadeboncoeur lecteur des signes de notre époque comme dans les Trois essais sur l'insignifiance (1983), et le Vadeboncoeur méditatif (1985). Avec, partout, la même écriture rigoureuse, qui sait rendre sans détour, comme naturellement, cet échange parfait de l'idée et de l'émotion, qui est bien ce qu'on appelle: penser. »(note de l'éditeur)
    L'humanité improvisée. Montréal, Bellarmin, 2000. Compte rendu de Roland Bourneuf (Nuit blanche, no 81, hiver 2000-2001).

    Souvenirs pour demain, CSN, 2000 (?). Chroniques publiées entre septembre 1988 et avril 1990 dans Nouvelles CSN. Souvenirs de la carrière syndicale de P.V.

    Documentation

    Articles parus dans Le Devoir à l'occasion de la mort de l'écrivain

    Articles de P. V. sur le site de Vigile

    La mort du poète. Extraits de «Hommage à Gaston Miron», texte lu par Gilles Pelletier aux funérailles du poète.

    Quelques écrits sur Pierre Vadeboncoeur

    En collaboration, Un homme libre, Montréal, Leméac, 1974.
    En collaboration, «Les deux royaumes de Pierre Vadeboncoeur», Liberté, no 126, novembre-décembre, 1974.
    Paul-Émile Roy, Pierre Vadeboncoeur, Un homme attentif , Montréal, Méridien, 1995.
    Une tradition d’emportement, Écrits (1945-1965), Choix de textes et présentation par Yvan Lamonde et Jonathan Livernois, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2007.
    Dossier Michel Rioux, «Pierre Vadeboncoeur, un homme libre», No spécial de L’Action nationale, mai-juin 2010.

    Dossier Michel Rioux, extrait de l'article d'Ivon Rivard, Une seconde présence.

    «D’abord, il est clair qu’un pays qui a donné une telle œuvre mérite d’exister, c’est-à-dire que ce pays a dans sa culture et son histoire tout ce qu’il faut pour produire ces synthèses successives du passé et du présent qui appellent et font l’avenir, tout ce qu’il faut pour créer des formes, des façons de vivre et de mourir ensemble qui sont, sinon nécessaires, du moins valables. Vadeboncoeur a vécu, a écrit, c’est donc que le Québec existe. La question est maintenant de savoir si son œuvre peut ébranler « l’âge de l’indifférence » dont il parlait dans L’Humanité improvisée, si nous sommes capables non seulement de le lire, mais de vivre et d’agir selon les valeurs qui étaient les siennes et qui sont inscrites dans les titres même de ses livres : La ligne du risque, Le pas de l’aventurier, L’autorité du peuple, Un amour libre, Indépendances, Le bonheur excessif, La justice en tant que projectile, etc. Ces valeurs, on le voit, nous obligent à ne rien tenir pour acquis, à vivre d’espoir et de conquêtes de l’esprit, à recommencer le monde comme nos ancêtres, comme tous les habitants du Nouveau monde, comme tous ceux qui aiment assez le monde pour l’empêcher de vieillir, de mourir : « Ainsi faisait Miron le découvreur, dit Vadeboncoeur, qui commençait à écrire chaque fois qu’il écrivait ».

    Paul-Émile Roy, Pierre Vadeboncoeur. Un homme attentif. Incluant un texte inédit de Pierre Vadeboncœur: "Le Québec expliqué aux Anglais", Montréal, Éditions du Méridien, 1995. "Ce livre n'est pas une biographie. Il présente plutôt une étude de la pensée d'un auteur qui a marqué l'évolution du Québec et qui apporte, encore aujourd'hui, un éclairage remarquable sur la situation de l'homme et de la culture dans la société. // L'auteur propose une lecture de Vadeboncœur, une méditation sereine sur son œuvre, considérée schématiquement dans son développement chronologique. Dans ses premiers écrits, Pierre Vadeboncœur s'intéressait surtout aux problèmes sociaux et politiques. Avec Les deux royaumes, la réflexion de l'écrivain, sans se détourner de ce qui l'avait occupé jusque-là, se porte principalement sur la culture, l'art et l'amour comme expériences vécues. [...]." P.-É. R. (site de l'éditeur)
    « Pierre Vadeboncoeur interprète de la culture », Études littéraires, vol. 29, no 2, 1996-1997: sommaire et résumés des articles

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Québec
    Naissance
    28 / 07 / 1920, Strathmore
    Documents Associés
    Alain Vadeboncoeur
    Alain Létourneau
    Modernité, prométhéisme moderne, transcendance, histoire, altérité, spiritualité, intériorité, source, médiation, espace, tradition, romantisme
    Raccourcis

    Référence


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