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    Abélard Pierre

    Un des plus grands intellectuels du douzième siècle, dans le champ de la logique. Il est célèbre d'abord et avant tout pour ses amours avec Héloïse (1100/1101 - 1163/1164), près de laquelle il repose au cimetière du Père Lachaise à Paris. Certains érudits, dont Bernard Sylvestre, ont soutenu que l'autobiographie d'Abélard, Histoire de mes malheurs, de même que la correspondance d'Abélard et Héloïse sont des écrits apocryphes. Le véritable auteur de ces écrits serait Jean de Meung (treizième siècle), célèbre continuateur du Roman de la Rose.

    Biographie

    Philosophe et théologien scolastique, né en 1079 au bourg du Pallet à 20 kilomètres au sud de Nantes, sur la route de Nantes à Poitiers, mort à l'abbaye de St-Marcel près Chalon, le 21 avril 1142. Son père, Bérenger, un seigneur fort noble et fort instruit, et sa mère Lucie saluèrent avec enthousiasme la naissance de ce premier né; puis, d'autres enfants vinrent successivement s'ajouter au cercle de famille : trois fils, Raoul, Porcaire et Dagobert; une fille, Denyse. Ce fut Bérenger lui-même qui s'adonna à l'instruction de ses enfants. Pierre avait vingt ans quand il arriva à Paris. Il est aujourd'hui prouvé qu'Abélard avait été disciple d'abord du nominaliste Roscelin, puis du réaliste Anselme de Laon, et qu'il commença par professer la dialectique. Il établit son école sur la montagne Sainte-Geneviève et attira autour de lui une foule d'auditeurs. Le peuple le vénérait, et l'évêque de Paris lui-même s'inclinait devant son passage. Abélard vivait alors chez le chanoine Fulbert. Ce chanoine avait pour nièce une très jeune fille nommée Héloïse. Elle était née à Paris en 1101, de famille noble, et sa mère, Hersende, était alliée aux Montmorency. Son éducation avait été faite au couvent d'Argenteuil. Fulbert pria Abélard de terminer et de parfaire l'éducation de sa nièce. « Que dirai-je de plus, écrit Abélard à ce sujet; nous n'eûmes qu'une maison, et bientôt nous n'eûmes qu'un cœur. » (Abailardi opera, lettre I, page 11.) C'est à cette époque, et en l'honneur d'Héloïse, que le jeune docteur commença à écrire des vers en langue vulgaire, ou barbare, comme on disait alors. Son enseignement s'en ressentit. Peu de temps après, Héloïse s'aperçut qu'elle était grosse. Elle fit part de cet événement à Abélard qui vint la chercher une nuit, et l'emmena en Bretagne, chez sa sœur Denyse. C'est là qu'elle mit au monde un fils qui fut nommé Pierre Astrolabe. Abélard voulut alors épouser Héloïse, mais celle-ci refusa de consentir à ce mariage. Elle prétendait que cette union deviendrait fatalement, par la suite, funeste à celui qu'elle aimait. Il est très intéressant de consulter à ce sujet la correspondance des deux amants. Héloïse représente à son amant que les hommes de génie n'ont que faire de s'embarrasser d'une famille, et elle fortifie son argumentation de preuves et de textes tirés des théologiens latins ou grecs. Mais on croit cependant que, devant la ténacité d'Abélard, elle finit par céder et que le mariage fut célébré.

    C'est alors que Fulbert mit à exécution les desseins qu'il méditait depuis longtemps. Après avoir gagné un serviteur d'Abélard qui lui ouvrit la porte de la maison, il se précipita, accompagné de ses amis et de ses proches, dans la chambre où dormait le jeune docteur; puis, après l'avoir lié de cordes, il lui fit, aidé de ses complices, subir l'effroyable supplice de la castration. Abélard était désormais mort pour le monde. Sur ses instances, Héloïse se décida à prononcer ses voeux définitifs, au monastère d'Argenteuil, et il ne tarda pas, à l'imiter (1119). Puis, recommençant son enseignement, il rouvrit son école au prieuré de Maisoncelle, sur les terres du comte de Champagne. La renommée l'y avait précédé, et plus de trois mille étudiants se pressaient à ses leçons. Ses doctrines furent déclarées hérétiques au concile de Soissons (1121). Toutefois, sur les instances de saint Bernard, Abélard se soumit à tout ce qu'on voulut de lui. Sur ces entrefaites, Hervé, abbé de Saint-Gildas de Rhuys, en Bretagne, vint à trépasser, et, grâce à l'influence du duc Conan IV, les moines élurent Abélard. Mais ce dernier, avant de se rendre à Saint-Gildas, s'était décidé à fonder un vaste monastère, le Paraclet, à l'instigation de son ami Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, qui voulait achever de le détacher des gloires terrestres. Bientôt, le Paraclet s'éleva sur les rives de l'Ardusson. Or, les religieuses d'Argenteuil avaient à ce moment maille à partir avec Suger, qui prétendait les expulser de leur monastère. Quand cette expulsion fut un fait accompli et que l'ordre fut dispersé, Abélard invita à venir s'établir au Paraclet, Héloïse et celles de ses compagnes qui lui étaient demeurées fidèles (1129). Cette donation fut confirmée presque immédiatement par Atton, évêque de Troyes, et plus tard par le pape lui-même, qui la déclara inviolable sous peine d'excommunication. Pendant ce temps, Abélard, définitivement retiré à Saint-Gildas, faisait pourtant au Paraclet de fréquentes visites, s'occupait de la règle et de l'administration intérieure du couvent et fixait toute cette ordonnance dans ses lettres à Héloïse, car il continuait à voir fort rarement la nouvelle prieure. - Cependant les moines de Saint-Gildas se révoltèrent, essayèrent d'égorger leur abbé, qui dut fuir par un souterrain. Abélard se réfugia alors au Paraclet. Il y écrivit sa célèbre Historia calamitatum. Ce fut certainement le temps le plus tranquille et le plus heureux de sa vie. Mais bientôt, en 1136, il recommença son enseignement public sur la montagne Sainte-Geneviève, et fut de nouveau accusé d'hérésie ; saint Bernard rédigea une liste de propositions dont il se faisait fort de démontrer l'hérésie. Cette fois, Abélard lui tint tête. Il assigna son adversaire devant le concile qui s'ouvrit à Sens, le 2 juin 1140. Mais quand il vit que tous les juges étaient de l'avis de saint Bernard, il prit peur et s'enfuit de l'église en déclarant qu'il ne reconnaissait point l'autorité du concile, et qu'il en appelait au pape. Ce dernier répondit par une bulle qui condamnait toutes les propositions d'Abélard, et ordonnait que l'abbé de Saint-Gildas finirait ses jours dans un couvent. Pierre le Vénérable demanda au pape et obtint de lui qu'Abélard fût admis au nombre des moines de Cluny, de l'abbaye de Saint-Marcel. C'est là que mourut Pierre Abélard, à l'âge de soixante-trois ans.

    Georges Lefèvre, article "Pierre Abailard" de La grande encyclopédie (publiée entre 1885 et 1902) - Nous avons remplacé la graphie ancienne "Abailard" par celle d'"Abélard", en usage aujourd'hui.

    Abélard musicien

    Oeuvres

    En latin

    On trouve plusieurs oeuvres d'Abélard en latin (souvent avec traduction allemande) sur le site allemand Heloïsa und Abaelard

    Petri Abaelardi Opera hactenus seorsim edita... : recensuit, notas, argumenta. [Volume 1] / indices adjecit Victor Cousin ; adjuvantibus C. Jourdain ; E. Despois,... Parisiis, A. Durand, 1849-1859, [746] p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Petri Abaelardi Opera hactenus seorsim edita... : recensuit, notas, argumenta. [Volume 2] / indices adjecit Victor Cousin ; adjuvantibus C. Jourdain ; E. Despois,... Parisiis, A. Durand, 1849-1859, [838] p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Histoire de mes calamités (ang.) - voir aussi le texte latin

    Medieval Sourcebook: Heloise (1101-1164): Letter to Abelard - voir ici le texte latin de la première lettre

    Abélard ou la philosophie dans le langage. Présentation, choix de textes, bibliographie par Jean Jolivet. Paris, Cerf; Fribourg, Éditions universitaires de Fribourg, 1994, 216 p. (présentation sur le site des éditions du Cerf)

    Conférences. Dialogue d'un philosophe avec un juif et un chrétien. Connais-toi toi-même. Éthique. Introduction, traduction nouvelle et présentation par Maurice Gandillac. Paris, Éditions du Cerf, 1993, 296 p. Présentation sur le site de l’éditeur.

    Documentation

    Bibliographie multilingue (Heloïsa und Abaelard)

    Plusieurs articles en allemand sont disponibles en ligne sur le site Heloïsa und Abaelard

    Études anciennes

    Rémusat, Charles de. Abélard, Paris, Ladrange, 1845 : tome premier (XXII-509 p.) ; tome deuxième (564 p.) - Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF

    Martin, Henri (1810-1883). « Livre XX – France féodale (suite) : Héloïse et Abélard », Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789. Tome III. 4e édition. Paris, Furne, 1855, 590 p. : p. 312 et suiv. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Laurent, François (1810-1887). « Livre II – L’hétérodoxie au moyen-âge - Chapitre III. La philosophie : section II. Les libres penseurs : Abélard », Histoire du droit des gens et des relations internationales - 8. La réforme. Bruxelles, [s.n.], 1862, 524 p.: p. 318-322 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Bouillier, Francisque. « Chapitre IX. - Caractère général de la philosophie du moyen âge. - Du réalisme et du nominalisme. - Division en périodes. - Première période. - Roscelin, saint Anselme, Guillaume de Champeaux et Abélard » de Notions d'histoire de la philosophie, Paris, C. Delagrave, 1878, 274 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Barni, Jules. « Quatrième leçon : Abélard », dans Les martyrs de la libre-pensée : cours public professé dans la salle du Grand Conseil de Genève. Deuxième édition. Paris, G. Baillière, 1880, VIII-293 p. : p. 77-104 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Compayré, Gabriel. Abelard, and the Origin and Early History of Universities, New York, Charles Scribner's Sons, 1893. Compte rendu de Jacques Parmentier, Revue critique d'histoire et de littérature, 1893, p. 54-57 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Féret, Pierre. « Livre I - chapitre IV : Guillaume de Champeaux et Abélard jusqu'à sa retraite à Saint-Denis » et « Livre I - chapitre V : Abélard (suite) », La Faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres : Moyen âge. [Volume 1]. Paris, A. Picard et fils, 1894, III-LXIV-367 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Sepet, Marius. « III. Abélard », dans Saint-Gildas de Ruis : aperçus d'histoire monastique, Paris, P. Téqui, 1900, 416 p. : p. 105-285 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Couget, Henri. « Les erreurs d’Abélard », dans La Sainte Trinité et les doctrines antitrinitaires. [Volume 2]. Paris, Bloud, 1905, [63 p.] : p. 33-37 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Kennedy, D. J. "Dangers and Abuses of Scholasticism - Abelard (1079-1142)", chapitre II de l'ouvrage St. Thomas Aquinas and Medieval Philosophy, New York, The Encyclopedia Press, Inc., 1919 (Jacques Maritain Center)

    Gilson, Étienne. Héloïse et Abélard. Paris, Vrin, 1948, 173 p. Coll. « Essais d’art et de philosophie ». 2e édition revue.

    Publications récentes

    René Louis, Jean Jolivet et Jean Châtillon (dir.), Pierre Abélard et Pierre le Vénérable. Les courants philosophiques, littéraires et artistiques en Occident au milieu du XIIe siècle. Colloque, Abbaye de Cluny, 2 au 9 juillet 1972. Actes et mémoires des colloques internationaux du Centre National de la Recherche Scientifique 546, Paris, 1975 (sommaire) - Bibliotheca Cluniacensis Novissima

    Robillard, Edmond. L’Unicorne. Tragédie en cinq actes. Ottawa, Le Cercle du Livre de France, 1967.

    Verger, Jacques. L'amour castré: l'histoire d'Héloïse et Abélard, Hermann, 1996.
    East, Bill. Peripateticus Palatinus: The Story of Abelard (Medieval Philosophy, ORB Online Encyclopedia)

    Chroniques de l'amour et du ressentiment (ang.)

    The Lost Loves Letters of Abelard and Heloise, par Constant Mews (thèse de l'authenticité) - "The Spirit of Things", Radio National, Australian Broadcasting Corporation, 13 février 2000

    María del Pilar Jarpa Manzur, Eloísa y Abelardo: Palabras de Amor (Universidad Metropolitana de Ciencias de la Educación - Universidad de Chile - en espagnol)


    Iconographie

    Représentations artistiques (Moreau, Dali, etc.) d'Abélard et Héloïse: Heloïsa und Abaelard (en allem.)

    Les amours d'Héloïse et d'Abeilard, peinture de Jean Vignaud, 1819 (Joslyn Art Museum)


    Autres

    Ballade du temps de jadis, de François Villon

    Colardeau, Charles-Pierre. Lettre d'Héloïse à Abélard. Trad. libre [de l'anglais]. Au Paraclet, [s.n.], 1758, 23 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Feutry, Aimé-Ambroise-Joseph. « Épître d’Héloïse à Abélard. Tirée de l’Anglois de M. Pope », dans Opuscules poëtiques et philologiques, Paris, Delalain, 1771, 268 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-03-14
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    Informations
    Références
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    1079, Le Pallet, près de Nantes
    Déces
    1142
    Documents Associés
    Remy de Gourmont
    Héloïse, amour, passion, amant, moyen-âge, scolastique
    , ,
    Bernard de Clairvaux, Héloïse, nominalisme, réalisme, querelle des universaux, passion, amour
    Jules Michelet
    Bernard de Clairveaux, Héloïse, amour, passion, scolastique, ordres monastiques, christianisme médiéval
    Raccourcis
    Site de l'Association Pierre Abélard (un site très riche)
    Heloïsa und Abaelard (un site extraordinaire, tant par la présentation que par le contenu; en langue allemande)
    Adieu, mon unique
    Sépulture au Père Lachaise (Find A Grave)
    Leur tombeau
    Carte postale (cimetière du Père-Lachaise)
    Couple de légende (L'Humanité)
    Chronologie de la vie d'Abélard (Heloïsa und Abaelard)
    Généalogie de Pierre Abélard
    Abélard et Héloïse dans la littérature et les arts (Heloïsa und Abaelard, en allem.)
    Brève biographie en langue anglaise (Jacques Maritain Center)
    Notice de la Catholic Encyclopedia
    Notice de l'Encyclopédie Hachette (Yahoo! France)
    Brève présentation de sa vie en anglais
    Peter Abelard (Biographical Sketches of Memorable Christians of the Past)
    Peter Abelard (The History Guide)
    Abelard of Le Pallet
    A Medieval Love History (Who's Who in Medieval History and the Renaissance)
    Cours sur Abélard (R. J. Kilcullen, Marquarie University)
    Conférence internationale "Pierre Abélard, à l'aube des universités" (3-4 octobre 2001, Université de Nantes, Nantes, France)
    Les malheurs de Pierre Abélard
    La storia di un amore (Mondadori Libri) - en italien
    Le Pallet (Communauté de communes de Vallet, près de Nantes, Fr.)

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