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Clairvaux Bernard de

1090-1153
La fondation et la propagation de l'ordre cistercien
«Bernard n'était âgé que de vingt-deux ans, lorsqu'il entra à Cîteaux. Cette abbaye avait été fondée quinze ans auparavant, en réaction contre le relâchement des maisons de la congrégation de Cluny; mais elle n'avait eu jusqu'alors qu'une existence précaire: en 1109, lorsque l'Anglais Etienne Harding en reçut la direction, elle n'avait pas encore de novices, et elle semblait menacée d'une ruine précoce. Harding comprit que la principale condition du succès pour une entreprise réformatrice, c'est de poursuivre la réforme à outrance: il la poussa, en la rigueur ascétique, plus loin encore que ses prédécesseurs. Cette austérité valut à Cîteaux la réputation qui attira Bernard et ses compagnons. Harding trouva en eux les hommes qu'il lui fallait. Dans les deux années qui suivirent leur arrivée (1113-1115), Cîteaux put établir quatre colonies ou maisons-filles, dont l'une était celle de Clairvaux. Bernard en fut le fondateur et le premier abbé. En 1151, deux ans avant sa mort, il y avait 500 abbayes cisterciennes; l'abbaye de Clairvaux contenait 700 religieux; 72 couvents s'étaient constitués dans les divers pays de l'Europe, adoptant les observances de Clairvaux, plus sévères encore que celles de Cîteaux: 35 en France, 11 en Espagne, 10 en Angleterre et en Irlande, 6 en Flandre, 4 en Italie, 2 en Allemagne, 2 en Suède, 1 en Danemark, 1 en Hongrie. Dès 1145, Clairvaux avait donné un pape à l'Eglise (Eugène III).»
* * *

La doctrine de Saint Bernard
«Bernard a pris une part décisive à toutes les controverses de son temps, mais il était un homme d'Église plutôt qu'un théologien, quoique le calendrier lui donne le titre de docteur de L’Église. Sa doctrine, comme ses actes, reflète les inspirations d'une nature mystique et contemplative, mais prompte à s'irriter contre tout ce qui peut alarmer ou distraire la piété; non seulement contre toutes les hérésies, mais contre toutes les témérités. On peut se faire une idée sommaire, mais très juste, de cette tendance, en la comparant à celle d'Abélard. Tandis qu'Abélard, qui se prétendait également orthodoxe, convie tous les hommes à l'examen et à l'intelligence des objets de la foi, Bernard déplore que les secrets de Dieu soient ainsi mis à jour et les plus hautes questions jetées au vent (Lettre 88). Il veut que la raison reconnaisse ce qu'il y a d 'infiniment profond et d'incompréhensible dans ces choses. C'est par la foi seule que l'homme peut s'approprier la doctrine divine, quoiqu'il puisse chercher à en concevoir les objets de trois manières: par la foi, par l'intelligence et par l'opinion. La foi présente la vérité certaine, mais encore close et voilée; l'intelligence (intellectus) doit la produire. nue et évidente; mais elle est réservée à une Sphère et à une existence plus élevées que les nôtres;.quant à l'opinion (opinio) elle ne donne rien de certain et d'assuré. Or, quand l'homme prétend pénétrer dès ici-bas avec son intelligence les objets de la foi, il s'expose à prendre son opinion, ses suppositions, pour la pure lumière et à rendre sa foi incertaine.»
E.-H. Vollet, article Bernard (Saint) de la Grande Encyclopédie

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Vie légendaire de saint Bernard telle que racontée par Jacques de Voragine dans la Légende dorée.

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Saint Bernard

E.-H. Vollet
Article de la Grande Encyclopédie, publiée à la fin du XIXe siècle.