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    Impression du texte

    Degas Edgar

    Biographie

    Les rapports de Degas avec l'Impressionnisme (Théodore Duret)
    «Nous avons évité de comprendre Degas parmi les Impressionnistes, bien qu'il se soit tenu tout le temps avec eux aux expositions et qu'aujourd'hui on le classe aussi communément avec eux; mais c'est qu'aujourd'hui la portée du nom d'Impressionnistes s'est énormément étendue et a perdu toute précision. Si l'on veut rester exact, on doit tenir Degas à part des Impressionnistes; ses origines, la nature de son art l'en distinguent. On va du reste à l'encontre de ses désirs lorsqu'on en fait un des leurs. Il a personnellement toujours repoussé le titre d'Impressionniste. Quand, à l'exposition de 1877, ceux qui laissaient réellement voir ces traits qui l'avaient fait naître, l'adoptèrent, il s'y opposa le plus qu'il put. Degas n'a de commun avec les Impressionnistes que le coloris, qu'il leur doit pour une part. Autrement il n'a pas pratiqué comme eux la peinture en plein air, qui leur reste propre, sa technique est d'un autre ordre. Il a son point de départ dans la tradition classique, il est avant tout un dessinateur. Ses ancêtres sont Poussin et Ingres. On trouve à ses débuts une copie magistrale de l'Enlèvement des Sabines et des dessins exécutés selon les procédés d'Ingres. Sa première œuvre personnelle a été une Sémiramis, conçue dans la pure donnée de la peinture d'histoire, à laquelle les Impressionnistes sont toujours restés étrangers ou hostiles. Degas, pénétré de l'esprit de son temps, a délaissé la peinture d'histoire, qui l'avait d'abord séduit, pour prendre des sujets modernes, mais il n'a jamais dévié de la technique primitivement adoptée. Il est resté le dessinateur savant de la donnée classique.»

    THÉODORE DURET, Histoire des peintres impressionnistes, Paris, Floury, 1939, p. 26 et suiv.


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    Huysmans à propos de Degas
    «Il est difficile avec une plume de donner même une très vague idée de la peinture de M. Degas ; elle ne peut avoir son équivalent qu'en littérature ; si une comparaison entre ces deux arts était possible, je dirais que l'exécution de M. Degas me rappelle, à bien des points de vue, l'exécution littéraire des frères De Goncourt.

    Ils auront été, les uns et les autres, les artistes de même que pour rendre visible, presque palpable, l'extérieur de la bête humaine, dans le milieu où elle s'agite, pour démonter le mécanisme de ses passions, expliquer les marches et les relais de ses pensées, l'aberration de ses dévouements, la naturelle éclosion de ses vices, pour exprimer la plus fugitive de ses sensations, Jules et Edmond De Goncourt ont dû forger un incisif et puissant outil, créer une palette neuve des tons, un vocabulaire original, une nouvelle langue ; de même, pour exprimer la vision des êtres et des choses dans l'atmosphère qui leur est propre, pour montrer les mouvements, les postures, les gestes, les jeux de la physionomie, les différents aspects des traits et des toilettes selon les affaiblissements ou les exaltations des lumières, pour traduire des effets incompris ou jugés impossibles à peindre jusqu'alors, M. Degas a dû se fabriquer un instrument tout à la fois ténu et large, flexible et ferme.

    Lui aussi a dû emprunter à tous les vocabulaires de la peinture, combiner les divers éléments de l'essence et de l'huile, de l'aquarelle et du pastel, de la détrempe et de la gouache, forger des néologismes de couleurs, briser l'ordonnance acceptée des sujets.

    Peinture audacieuse et singulière s'attaquant à l'impondérable, au souffle qui soulève la gaze sur les maillots, au vent qui monte des entrechats et feuillette les tulles superposés des jupes, peinture savante et simple pourtant, s'attachant aux poses les plus compliquées et les plus hardies du corps, aux travaux et aux détentes des muscles, aux effets les plus imprévus de la perspective, osant, pour donner l'exacte sensation de l'œil qui suit miss Lola, grimpant à la force des dents jusqu'aux combles de la salle Fernando, faire pencher tout d'un côté le plafond du cirque !

    Puis quelle définitive désertion de tous les procédés de relief et d'ombre, de toutes les vieilles impostures de tons cherchés sur la palette, de tous les escamotages enseignés depuis des siècles ! Quelle nouvelle application depuis Delacroix du mélange optique, c'est-à-dire du ton absent de la palette, et obtenu sur la toile par le rapprochement des deux autres.

    [...]

    Aucun peintre, depuis Delacroix qu'il a étudié longuement et qui est son véritable maître, n'a compris, comme M. Degas, le mariage et l'adultère des couleurs ; aucun actuellement n'a un dessin aussi précis, et aussi large, une fleur de coloris aussi délicate ; aucun n'a, dans un art différent l'exquisité que les Goncourt mettent dans leur prose ; aucun n'a ainsi fixé, dans un style délibéré et personnel, la plus éphémère des sensations, la plus fugace des finesses et des nuances.»

    J.-K. HUYSMANS, Exposition des indépendants de 1880, in L'Art moderne, Oeuvres complètes, t. IV, Paris, 1929, Paris, Crês, p. 103 et suiv. Texte intégral

    Oeuvres

    Propos de Degas

    «L'air qu'on voit dans les tableaux de maîtres n'est pas l'air respirable.»

    «Si j'étais le gouvernement, j'aurais une brigade de gendarmerie pour surveiller les gens qui font du paysage sur nature. Oh! je ne veux la mort de personne, j'accepterais bien encore qu'on mît du petit plomb pour commencer!»

    «...Une peinture c'est d'abord un produit de l'imagination de l'artiste. Ce ne doit jamais être une copie. Si ensuite il peut ajouter deux ou trois accents de nature, évidemment que cela ne fait pas de mal... C'est beaucoup mieux de dessiner ce que l'on ne voit plus que dans sa mémoire. C'est une transformation pendant laquelle l'imagination collabore avec la mémoire, vous ne reproduisez que ce qui vous a frappé, c'est-à-dire le nécessaire».

    EDGAR DEGAS, Lettres, Paris, Grasset, 1945


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    Propos et citations sur Degas

    Paul Valéry:
    «Tous les vendredis, Degas, fidèle, étincelant, insupportable, anime le dîner chez Monsieur Rouart. Il répand l'esprit, la terreur, la gaieté. Il perce, il mime, il prodigue les boutades, les apologues, les maximes, les blagues, tous les traits de l'injustice, la plus intelligente, du goût le plus sûr, de la passion la plus étroite et d'ailleurs la plus lucide. Il abîme les gens de lettres, l'Institut, les faux ermites, les artistes qui arrivent; cite Saint-Simon, Proudhon, Racine, et les sentences bizarres de Monsieur Ingres...»

    L'atelier de Degas
    «Degas plaisait et déplaisait. Il avait et affectait le plus mauvais caractère du monde, avec des jours charmants qu'on ne savait prévoir. Il amusait alors; il séduisait par un mélange de blague, de farce et de familiarité, où il entrait du rapin des ateliers de jadis, et je ne sais quel ingrédient venu de Naples.

    Il m'arrivait de sonner à sa porte assez anxieux de l'accueil. Il ouvrait avec défiance. Il me reconnaissait. C'était un bon jour. Il m'admettait dans une pièce longue, sous les toits, à large baie vitrée (de vitres peu lavées), où la lumière et la poussière étaient heureuses. Là s'entassaient le tub, la baignoire de zinc terne, les peignoirs sans fraîcheur, la danseuse de cire au tutu de vraie gaze, dans sa cage de verre et les chevalets chargées de créatures du fusain, camuses torses, le peigne au poing, autour de leur épaisse chevelure roidie par l'autre main. Le long du vitrage vaguement frotté de soleil, une tablette étroite courait, tout encombrée de boîtes, de flacons, de crayons, de bouts de pastel, de pointes, et de ces choses sans nom qui peuvent toujours rendre service...
    [...] Cet atelier sans faste occupait le troisième étage de la maison que Degas habitait, quand je l'ai connu, rue Victor-Massé. Au premier étage, il avait accroché son Musée, composé de quelques tableaux qu'il avait acquis de ses deniers ou par échanges. Au second, son appartement. Il avait pendu aux murs les oeuvres qu'il préférait, de lui-même ou d'autrui: un grand et très beau Corot, des crayons d'Ingres et une certaine étude de danseuse qui excitait chaque fois mon envie.»

    Degas et Monsieur Teste
    «Je m'étais fait de Degas l'idée d'un personnage réduit à la rigueur d'un dur dessin, un spartiate, un stoïcien, un janséniste artiste. Une sorte de brutalité d'origine intellectuelle en était le trait essentiel. J'avais écrit peu de temps auparavant la "Soirée avec Monsieur Teste", et ce petit essai d'un portrait imaginaire, quoique fait de remarques et de relations vérifiables n'est pas sans avoir été plus ou moins influencé (comme l'on dit), par un certain Degas que je me figurais

    PAUL VALÉRY, Degas Danse Dessin, Paris, Gallimard, 1949, 36e édition

    Documentation

    Cabanne, Pierre. Edgar Degas, Tisné, 1957
    Dunlop, Ian. Degas, New York, Harper, 1979
    Halévy, Daniel. Degas parle..., La Palatine, 1960
    Loyrette, Henri. Degas : "je voudrais être illustre et inconnu", Paris, Gallimard, "Découvertes"
    Loyrette, Henri. Catalogue de l'exposition Degas e l'Italia, Villa Médicis, Rome, 1984
    Rewald, John. Histoire de l'Impressionnisme, Paris, Albin Michel
    Roquebert, Anne. Degas, Cercle d'art, 1988
    Sutton, Denys. Degas, vie et oeuvre, Office du Livre 1986
    Terrasse, Antoine. Degas et la Photographie, Paris, Denoël, 1983
    Thomson, Richard. Degas, les nus, Paris, Nathan, 1988
    Valéry, Paul. Degas, Danse, Dessin, Paris, Gallimard
    Vollard, Ambroise. Cézanne, Degas, Renoir, Paris, Grasset
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-02-28
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    1834, Paris
    Déces
    1917
    Documents Associés
    Joris-Karl Huysmans
    Edgar Degas, sculpture
    Joris-Karl Huysmans
    Impressionnisme, Goncourt (frères)
    Gustave Kahn
    Impressionnisme, apport de Degas au mouvement, Manet, Whistler, naturalisme
    Georges Jeanniot
    mémoire, mouvement, cheval, Gustave Moreau, Gérôme, Phryné
    Raccourcis
    Notice de l'Encyclopédie Hachette (Yahoo ! France)

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