Extraits de publications
Pierre-Jean Dessertine
Éditions ALÉAS
La lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
Actualités
Bertrand Letendre
Dans le but louable de faire des économies, les gouvernements, c'est le cas notamment de celui du Canada, on tendance à inviter les entreprises, à assurer elles-mêmes le contrôle de la...
 
Effets au long cours des antidépresseurs« Voilà des médicaments largement prescrits dont on connaît finalement peu les effets à long terme. Une large étude de cohorte britannique a étudié près...

Fleur

Messes et fleurs

Raoul Ponchon
Une fleur vaut bien une messe.
Les gerbes et les couronnes jetées à profusion sur les chars funèbres s'accordent mal avec les graves leçons de la mort. Voilà pourquoi nous voudrions leur substituer un certain nombre de messes.

Le père HIPPOLYTE.

(Cité par Le Temps.)

Tu crois donc, mon vieux Polyte,
Qu'une messe facilite
Le Ciel aux bons refroidis?
Que des prières qu'on paie
Franchissent la moindre haie
Des jardins du Paradis?

Ah! quelle erreur est la tienne
A cette éternelle antienne
Tu devrais bien dire adieu.
Les fleurs, quoi que tu en dises,
Ce sont là des marchandises
Plus agréables à Dieu.

Et la Vierge souveraine,
La Madone plus que reine,
Qui trône auprès de son fils,
Au-dessus des saints Apôtres,
Préfère à tes patenôtres
La moindre gerbe de lys.

Cela n'est pas un mystère
Que les fleurs sont sur la terre
Pour nous attester les Cieux.
Les humbles comme les fières,
Elles servent de prières
Aux mortels insoucieux.

Elles furent aussi faites
Afin d'augmenter nos fêtes
Et diminuer nos deuils;
Elles nous furent données
Encor pour nos hyménées
Et pallier nos cercueils.

Le parfum de leurs corolles
Valent toutes les paroles
Tous les encens, crois-le bien.
Les fleurs, ô marchand de messes,
Sont nécessaires, expresses,
Ne se remplacent par rien.

Ô Polyte, tu te trompes
Avec tes funèbres pompes.
Quoi! Les fleurs sont peu d'accord
Avec les leçons si graves
De la Mort? Oh! oh! mon brave,
Dieu te soit miséricord!

Tu tombes dans l'hérésie.
La fleur, de tout temps choisie,
Fut toujours acte de foi.
Et tes messes de ténèbre
Qui rendent la mort funèbre
N'en sauraient tenir l'emploi.

Pour moi qui suis un champêtre,
Quand tu me verras, ô prêtre,
Couché sur mon dernier lit,
En place que tu croasses,
D'une fleur fais-moi la grâce,
Ne fût-ce qu'un pissenlit.
Date de création:1999-12-26 | Date de modification:2006-11-02
Informations
L'auteur
Mots-clés
Pompes funèbres, funérailles, pissenlit
Données d'édition
Date de création:
1999-12-26
Dernière modification:
2006-11-02
Extrait
«Ô Polyte, tu te trompes Avec tes funèbres pompes. Quoi! Les fleurs sont peu d'accord Avec les leçons si graves De la Mort? Oh! oh! mon brave, Dieu te soit miséricord!»
Autres documents
Marie Victorin
Rosier églantier Églantier Cébreur Rosa Eglanteria Rosa rubiginosa
Jacques Dufresne
fleur, âme, vie, Fechner
Maurice Maeterlinck
Beauté, parfum, amour, impressions, voluptés, grâce, surabondance, nature, ornement, sensibilité, couleur
George Sand
rose, nature, grâce, charme, parfum, ressentiment, marguerite, coquelicot
Jorge Luis Borges
Raoul Ponchon
Ponchon, fleurs