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    Dossier: Compagnonnage

    Les chansons des Compagnons

    Agricol Perdiguier
    Les Chansons de Compagnons sont une des principales causes de désordres dans le Compagnonnage, ce sont elles qui aigrissent les esprits, nourrissent la haine et provoquent tant de batailles. J'aurais sans doute pu, après les couplets inqualifiables que j'ai donnés ci-dessus, me dispenser d'en dire davantage à ce sujet. Je tiens cependant à reproduire ici dans leur entier quelques chansons satiriques et guerrières très connues des partis rivaux: le lecteur les jugera.



    CHANSON SATIRIQUE DES DÉVORANTS

    Chers Compagnons honnêtes,
    Le printemps vient de naître;
    Le Rouleur nous a dit
    Qu'il nous fallait partir.
    J'entends le bruit des cannes,
    Le Rouleur marche à grands pas;
    La conduite générale
    Ne l'entendez-vous pas? (bis.)

    Que la terre est charmante!
    L'on rit, l'on boit, l'on chante;
    Que les arbres sont beaux,
    Portant des fruits nouveaux!
    Les rivières sont calmes,
    Les prairies sont toutes vertes;
    Il y a bien de la différence
    Du printemps à l'hiver. (bis.)

    Que diront ces fillettes
    Là-haut dans leurs chambrettes,
    Qui pleurent leurs amants,
    Qui s'en vont battre aux champs,
    Descendant sur le Rhône,
    Sur ce coulant ruisseau,
    S'en vont droit à Marseille
    Enchaîner les Gavots? (bis.)

    Gavot abominable,
    Mille fois détestable,
    Pour toi quelle pitié
    De te voir enchaîné!
    Il vaudrait mieux te rendre
    Chez notre mère à Lyon;
    Là on saurait t'apprendre
    Le devoir d'un Compagnon. (bis.)

    Chers Compagnons honnêtes,
    Votre loi est parfaite:
    Vous irez dans les cieux
    Comme des bienheureux;
    Et les Gavots infâmes
    Iront dans les enfers
    Brûler dedans les flammes
    Comme des Lucifers. (bis.)

    On dit que je suis fière,
    Je ne dis pas le contraire;
    Je n'ai que trois amants,
    Je les rends tous contents.
    Au Gavot la grimace,
    A l'Aspirant les yeux doux,
    Au Dévorant je déclare
    Qu'il sera mon époux. (bis.)



    CHANSON SATIRIQUE DES GAVOTS

    Âge d'or, règne d'Astrée,
    Oh! souvenir fortuné,
    Où naquit la renommée
    Du Devoir de Liberté.
    De sa fondation divine
    Chacun connaît le pouvoir;
    Je vais chanter l'origine
    Des Compagnons du Devoir. (bis.)

    Lorsque l'aveugle fortune
    S'empara de l'univers,
    Qu'une expression plus commune
    Fit nommer l'âge de fer,
    Maître Jacques sur la terre,
    Sans argent ni sans savoir,
    Pour vivre ne sachant que faire,
    Fonda un nouveau Devoir. (bis.)

    Associé au vieux Soubise,
    Ces fondateurs ambulants
    Pour vendre leur marchandise
    Partirent pour Orléans;
    N'ayant aucune ressource
    Pour vivre dans leur chemin,
    Se firent coupeurs de bourse,
    Crainte de mourir de faim. (bis.)

    Nos deux faiseurs de grimaces,
    Sitôt dans cette cité,
    Exposèrent sur les places
    Leur mystère et leur secret.
    Depuis ce temps-là fourmille
    Dans la ville d'Orléans
    Quantité des imbéciles
    Que l'on nomme Dévorants. (bis.)

    Ils crurent, dans leur démence,
    Paraître moins odieux
    En publiant dans la France
    Le très saint Devoir de Dieu.
    Comment pouviez-vous, profanes,
    Méconnaître votre erreur,
    En faisant un dieu des ânes
    Du souverain créateur? (bis.)

    Ils firent, sur leurs maximes,
    Quelques burlesques chansons,
    Et furent chercher des rimes
    A cent lieues de la raison;
    Depuis ce temps, chez leur mère,
    Dans leurs boutiques et chantiers,
    Chaque jour l'on entend braire
    Des ânes de tous métiers. (bis.)

    Sans la foi, la confiance,
    Peut-on avoir du crédit?
    Peut-on avoir d'éloquence,
    Lorsque l'on n'a pas d'esprit?
    Sans lois, sans mœurs, sans usage,
    Peut-on être Compagnon,
    Être vertueux et sage,
    Sans être de Salomon? (bis.)

    Vous, qu'une ardeur belliqueuse
    Enflamme pour Salomon,
    Suivez les traces heureuses
    De nos dignes Compagnons.
    Aux arts, ainsi qu'aux sciences,
    Consacrez tous vos loisirs;
    Le temps et l'expérience
    Accompliront vos désirs. (bis.)

    Que chacun vide son verre
    À la santé de l'auteur,
    Et qu'une amitié sincère
    Se grave dans tous les cœurs.
    Aux doux accents de sa lyre
    Ajoutez avec transport
    Que l'auteur de la satire
    C'est Marseillais Bon Accord. (bis)


    CHANSON DE GUERRE DES DÉVORANTS

    Chers Compagnons honnêtes, il faut nous rassembler:
    C'est pour chasser ces bêtes qui sont dans Montpellier.
    Commençons de suite par tous ces Gavots,
    Car ils sont sans doute de vrais animaux. (bis.)

    La chasse étant faite, tous nos Compagnons
    S'en vont chez la mère vider le flacon.
    Apportez du vin rouge, aussi de la liqueur,
    C'est pour faire boire nos Compagnons vainqueurs. (bis)

    Soit dedans Marseille ou dedans Montpellier,
    Tous ces Gavots infâmes ne peuvent travailler,
    S'en vont dans les broussailles, dans les petits endroits,
    Se cacher sans doute dans les bouts de bois. (bis.)

    Dans leurs synagogues avec leurs attendants,
    Ils jurent sans cesse contre nous, Dévorants.
    Mais ils sont tous des bêtes qui ne connaissent pas;
    Nous connaissons l'équerre, le crayon, le compas. (bis.)

    S'il en reste encore qu'on ne connaisse pas,
    Peut-être par la suite on les reconnaîtra;
    Mais ils pourront bien dire: Adieu, Nîmes, Montpellier,
    Ils nous faut partir de suite pour aller à Béziers. (bis.)



    CHANSON DE GUERRE DES GAVOTS

    Pays, sur le champ de conduite,
    Malgré des guets-apens marchons,
    Honorons d'une grande suite
    De vrais et dignes compagnons. (bis.)
    Ils quittent la ville d'Auxerre,
    Ils vont dans la grande cité;
    Chers Compagnons de Liberté,
    Formons une marche guerrière,
    Du grand roi Salomon intrépides enfants,
    Faisons, faisons un noble effort,
    Nous serons triomphants.

    Oui, le danger nous environne,
    Serrons nos rangs, mes chers pays,
    Auprès des rives de l'Yonne,
    Voyez nos cruels ennemis: (bis.)
    Ils sont en nombre, ils sont en armes,
    Marchent sur nous pleins de fureur;
    Les satellites de l'erreur
    Pourraient-ils nous causer d'alarmes?
    Du grand, etc.

    Non loin de la ville de Nantes,
    Sur la route qui mène à Tours,
    Plusieurs cliques impertinentes
    Voulaient mettre un terme à nos jours. (bis.)
    Dans cette crise meurtrière,
    Songez-y bien, chers Compagnons,
    Un grand nombre de forgerons
    Rougit de son sang la poussière.
    Du grand, etc.

    Des charpentiers, dans leur colère,
    Voulant de Blois nous expulser,
    Entrent un jour chez notre mère,
    Osent enfin la terrasser. (bis.)
    Et quoi! terrasser une femme!....
    Oh! nos frères sont courroucés,
    Et tombe sous leurs coups pressés
    De Soubise une bande infâme.
    Du grand, etc.

    Nos frères, aux bords de la Loire,
    Furent bien braves et bien grands
    En arrachant mainte victoire
    À des rivaux trop arrogants. (bis.)
    Chers Compagnons, à leur exemple,
    Frappons! que nos bras réunis
    Ecrasent tous nos ennemis:
    Des cieux Salomon nous contemple.
    Du grand, etc.

    Élançons-nous, pleins d'assurance,
    Exerçons nos bras vigoureux:
    Ils ont lassé notre prudence,
    Eh bien! nous voici devant eux. (bis.)
    Enfant d'un roi brillant de gloire,
    C'est aujourd'hui que, sans pâlir,
    Il faut savoir vaincre ou mourir.
    La mort! la mort! ou la victoire!
    Du grand roi Salomon, intrépides enfants,
    Faisons, faisons un noble effort,
    Nous serons triomphants!


    J'ai reproduit des couplets bien rudes, mais il ne faut pas juger de toutes les productions des Compagnons parce que l'on a vu; on trouvera plus loin des chansons plus humaines.

    Je termine ici cette notice sur le Compagnonnage. Mon seul désir était de faire connaître, d'après la tradition, son origine commune, ses catégories diverses, les Sociétés qui les composent, l'organisation, les systèmes de ces Sociétés, et quelques particularités qui ne touchent point aux initiations et aux mystères. J'ai exposé le bon et le mauvais avec impartialité, en m'abstenant, tant que possible, de juger. J'ai usé de ménagement autant que je l'ai pu. Je présume que cette notice fera plaisir à beaucoup de personnes et en blessera peu. D'ailleurs, s'il en était autrement, elle ne répondrait pas à mon intention.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    L'auteur

    Agricol Perdiguier
    Mots-clés
    Compagnonnage, chants de solidarité des confréries
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    Agricol Perdiguier
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