Nourriture

«Se nourrir ou nourrir n'est pas une simple fonction alimentaire, c'est un acte total: in-carner, c'est-à-dire édifier de la vie et de l'homme avec le matériau physique et spirituel de la terre. Un acte religieux, hautement significatif, dont dépend la suite: ceci, toutes les sociétés avant la nôtre l'ont reconnu d'instinct. Mal manger c'est mal vivre. Qui accepte de manger n'importe quoi n'importe comment fera et pensera n'importe quoi.»

BERNARD CHARBONNEAU, Un festin de Tantale, Nourriture et société industrielle, Éditions du Sang de la Terre, Paris 1997. p. 83.

Essentiel

Il y a une étroite analogie entre la nourriture vivante et le style vivant. La nourriture vivante ressemble à l'humus dont elle est le fruit. La pomme de terre a sa flore qui se modifie avec le temps; il en est de même du riz ou du raisin fermenté. Les bactéries qui prospèrent dans ce milieu contiennent des enzymes, lesquelles, une fois entrées dans l'organisme qui les a absorbées, briseront les molécules coriaces, facilitant ainsi leur absorption par les intestins. «Notre corps en effet perçoit la présence de ces enzymes et réduit alors sa production. Cela s'appelle la sécrétion enzymatique adaptative, découverte dans les années 1940 par le Dr Edward Howell, qui a démontré que le manque d'enzymes caractérise non seulement les troubles de digestion, mais également de nombreuses maladies chroniques ­ allergies, diabète, inflammations ­ et le vieillissement précoce.» (Julie Brière, Enzymes, aliments vivants, intimité digestive, site Proteus.)

La nourriture vivante est donc celle qui se digère d'elle-même en nous. La nourriture morte, en surabondance dans nos pays riches, provoque dans nos organismes des surplus de produits chimiques qui nous alourdissent et nous intoxiquent, plutôt que de nous nourrir. Il en est de même du style. Alors que le style mort encombre les circuits nerveux de concepts incolores qui se minéralisent avec le temps, le style vivant est celui qui contient des aromates et des enzymes, appelés figures de style, grâce auxquels il charme l'esprit qui l'accueille et se digère de lui-même lentement, dans une mémoire qui devient ainsi un humus intérieur.

Essentiel

Il y a une étroite analogie entre la nourriture vivante et le style vivant. La nourriture vivante ressemble à l'humus dont elle est le fruit. La pomme de terre a sa flore qui se modifie avec le temps; il en est de même du riz ou du raisin fermenté. Les bactéries qui prospèrent dans ce milieu contiennent des enzymes, lesquelles, une fois entrées dans l'organisme qui les a absorbées, briseront les molécules coriaces, facilitant ainsi leur absorption par les intestins. «Notre corps en effet perçoit la présence de ces enzymes et réduit alors sa production. Cela s'appelle la sécrétion enzymatique adaptative, découverte dans les années 1940 par le Dr Edward Howell, qui a démontré que le manque d'enzymes caractérise non seulement les troubles de digestion, mais également de nombreuses maladies chroniques ­ allergies, diabète, inflammations ­ et le vieillissement précoce.» (Julie Brière, Enzymes, aliments vivants, intimité digestive, site Proteus.)

La nourriture vivante est donc celle qui se digère d'elle-même en nous. La nourriture morte, en surabondance dans nos pays riches, provoque dans nos organismes des surplus de produits chimiques qui nous alourdissent et nous intoxiquent, plutôt que de nous nourrir. Il en est de même du style. Alors que le style mort encombre les circuits nerveux de concepts incolores qui se minéralisent avec le temps, le style vivant est celui qui contient des aromates et des enzymes, appelés figures de style, grâce auxquels il charme l'esprit qui l'accueille et se digère de lui-même lentement, dans une mémoire qui devient ainsi un humus intérieur.

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