Lecture

La lecture n'est pas simplement un savoir-déchiffrer. Comme dit Bernard Jay, professeur à Rennes, «la lecture est attribution volontaire d'une signification à de l'écrit. On fait la différence entre voir et regarder, entendre et écouter... Lire, ce n'est pas voir de l'écrit, ce n'est pas donner une version orale d'un écrit. Qui oserait prétendre qu'il sait lire le latin parce qu'il peut prononcer les phrases qu'on lui présente?» (La lecture aujourd'hui)

Essentiel

«La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver.»
JEAN GUÉHENNO
* * *


«L’étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture ne m’ait ôté.»
MONTESQUIEU, Pensées, 213

* * *


«Le suprême effort de l'écrivain comme de l'artiste n'aboutit qu'à soulever partiellement pour nous le voile de laideur et d'insignifiance qui nous laisse incurieux devant l'univers. Alors, il nous dit:
"Regarde, regarde
    Parfumés de trèfle et d'ardoise,
    Serrant leurs vifs ruisseaux étroits
    Les pays de l'Aisne et de l'Oise.
"Regarde la maison de Zélande, rose et luisante comme un coquillage. Regarde! Apprends à voir!" Et à ce moment il disparaît. Tel est le prix de la lecture et telle est aussi son insuffisance. C'est donner un trop grand rôle à ce qui n'est qu'une initiation d'en faire une discipline. La lecture est au seuil de la vie spirituelle; elle peut nous y introduire: elle ne la constitue pas.»

MARCEL PROUST, préface de sa traduction de Sésame et les Lys, de John Ruskin, Paris, Mercure de France, 1906, p. 37 et suiv.

Essentiel

«La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver.»
JEAN GUÉHENNO
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«L’étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture ne m’ait ôté.»
MONTESQUIEU, Pensées, 213

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«Le suprême effort de l'écrivain comme de l'artiste n'aboutit qu'à soulever partiellement pour nous le voile de laideur et d'insignifiance qui nous laisse incurieux devant l'univers. Alors, il nous dit:
"Regarde, regarde
    Parfumés de trèfle et d'ardoise,
    Serrant leurs vifs ruisseaux étroits
    Les pays de l'Aisne et de l'Oise.
"Regarde la maison de Zélande, rose et luisante comme un coquillage. Regarde! Apprends à voir!" Et à ce moment il disparaît. Tel est le prix de la lecture et telle est aussi son insuffisance. C'est donner un trop grand rôle à ce qui n'est qu'une initiation d'en faire une discipline. La lecture est au seuil de la vie spirituelle; elle peut nous y introduire: elle ne la constitue pas.»

MARCEL PROUST, préface de sa traduction de Sésame et les Lys, de John Ruskin, Paris, Mercure de France, 1906, p. 37 et suiv.

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