Domination culturelle des droites en Europe et peur du déclin

Gaël Brustier

Pour l'intellectuel Gaël Brustier, membre du Parti socialiste français, "face à la mutation du monde les gauches sont en véritable crise". Elles n'arrivent plus, selon lui, à "donner un sens à l'expérience quotidienne des citoyens" de nos sociétés. 

La première chose à noter, c'est l'extraordinaire confusionnisme idéologique de la période. Le cadre de cette confusion date de la fin des Trente Glorieuses où on a vu le consensus social-démocrate s'effriter en Europe. Il y a eu une reconfiguration des gauches et des droites, mais les droites, au sens large, ont bénéficié d'une capacité à donner un sens à l'expérience quotidienne des citoyens supérieure à celle des vieilles social-démocraties ou à la gauche radicale. C'est comme ça que Thatcher émerge et arrive à reconfigurer le conservatisme britannique, à la fois avec de l'ancien, la nostalgie de la grandeur du Royaume Uni, et puis du nouveau: une nouvelle conception de l'organisation sociale. Face à la mutation du monde les gauches sont en véritable crise.

A quoi correspond cette domination culturelle des droites en Europe? Je soutiens l'idée que c'est la peur du déclin, l'idée que la société «occidentale» serait menacée qui détermine les paniques morales, véritables moteurs de la reconfiguration du débat public. Il y a une vague droitière en Europe, même si l'on ne peut pas mettre Geert Wilders (leader du parti populiste néerlandais PVV) et la «Manif pour tous» sur le même plan. Pourtant ils correspondent, chacun à leur manière, à des angoisses de populations différentes face à une même idée, celle du déclin supposée de la «civilisation occidentale».

Propos cités dans un entretien paru sur le site du Figaro le 28 février 2014 : "La jeunesse est-elle passée à droite?", Figarovox. Rencontre avec François-Xavier Bellamy, maire adjoint de Versailles (sans étiquette), et Gaël Brustier.




En marge de la Conférence de Glasgow