Le système de référence Galiléen

Jacques Dufresne
Parmi les nombreuses notions définies par Newton, il en est un qui est d'une importance particulière pour la compréhension des développements ultérieurs de l'astro-physique, celle du système de référence galiléen.

    Rappelons tout d'abord le principe d'inertie: un corps sur lequel aucune force n'agit est soit au repos, soit animé d'un mouvement rectiligne à vitesse constante.

    Imaginons qu'une balle repose sur la plate-forme arrière d'un camion. Que le camion soit immobile ou qu'il roule en ligne droite à vitesse constante, le principe d'inertie est respecté (pour les fins de l'illustration, on imagine évidemment la route sans aspérités et parfaitement plane). Mais si le camion accélère, freine brusquement ou vire à droite, il est évident que la balle ne restera pas immobile sur la plate-forme. Newton, qui avait saisi ce lien entre le système de référence - le camion - et le principe d'inertie, précisa en 1687 que les mouvements des corps dans un espace donné sont les mêmes, que cet espace soit au repos ou se déplace à vitesse constante en ligne droite. En d'autres termes, le principe d'inertie ne s'applique que si le lieu dans lequel se produit le phénomène est au repos ou à vitesse rectiligne constante. C'est ce qu'on appelle le système de référence galiléen.

    Notons que le concept de force centrifuge s'analyse en fonction du système de référence galiléen. Si une voiture emprunte un virage à grande vitesse, les passagers sentent qu'une force tend à les ramener dans le sens de la courbe alors qu'ils ont l'impression d'être projetés par une seconde force hors de la courbe, en ligne droite. Cette seconde force, centrifuge, est imaginaire. Seule s'exerce la première force, centripète. Dans un système de référence galiléen, la force centrifuge n'existe pas.

    La terre, qui tourne autour de son axe en une journée, n'est pas à strictement parler un système de référence galiléen mais plutôt un système de référence en rotation. C'est dans ce contexte que l'on doit comprendre la force centrifuge de la lune.

À lire également du même auteur

Rendre hommage à Jean Allaire et son héritage dans le débat référendaire de 1995
Jean Allaire a été un donateur généreux pour l’Agora. Je l’ai rencontré personnellement à quelques reprises chez lui, à Laval. Il est venu à la maison aussi à quelques reprises. Il aimait faire des voyages dans une maison mobile.

Émile Robichaud ou l'école d'hier pour demain
Notre ami Émile est mort le 25 juin dernier à 91 ans. Il a été professeur, directeur d’école, consultant, formateur de maîtres. Et tout au long de cette carrière, il a donné des conférences, écrit des articles, puis publié des livres.

Le chiendent : métaphore du mal et mission de la souffrance
Le chiendent et le mal. Le chiendent est une bonne métaphore pour le mal. Sa tige ressemble à une tige d’avoine. Étant raciné dans un réseau qui rappelle celui des champignons. Elle symbolise le mal extérieur. Celui dont on s’accuse dans les confessionnaux et chez les p

Vieillir sans perdre le goût de vivre
« Mon pays ce n’est pas un pays, c’est un hôpital. » C’était le titre d’un article que j’ai signé dans Le Devoir au moment de la mise en chantier des deux grands hôpitaux universitaires de Montréal.

De l'intelligence artificielle au sport artificiel
La chose était prévisible : des hommes augmentés qu’on appelait hier encore transhumanistes, vont inventer des Jeux Olympiques permettant de dépasser les limites biologiques. Comment? En autorisant les drogues et d’autres moyens techniques interdits.

Edgar Morin
104 ans le 8 juillet 2025. Bon anniversaire ! Sociologue français.

L'art de la greffe... sur un milieu vivant
Suite de l’article La culpabilité de l’Occident ou la recherche de la vie perdue.

Serge Mongeau
Le mot anglais activist conviendrait à Serge Mongeau. Sa pensée, parce qu’elle est simple sans doute, se transforme toujours en action, une action durable et cohérente.




Lettre de L'Agora - Printemps 2026