Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté - Mauve et or

Formé à l’École des Beaux-arts de Paris, puis aux académies Julian et Colarossi, proche de Rodin à qui il emprunte ses modèles – on discute encore à savoir si un des Grands nus peint par le jeune artiste québécois n’aurait pas Camille Claudel comme modèle, Suzor-Coté fut tour à tour portraitiste, paysagiste, peintre d’histoire et sculpteur. C’est probablement dans ses paysages d’hiver que le peintre originaire d’Arthabaska a livré sa contribution la plus originale à l’histoire de l’art. Fidèle au grand art dont les académies enseignaient encore les préceptes, il est néanmoins perméable à l’avancée des nouveaux mouvements artistiques, épris de plein air, de lumière et de couleur. La rivière Nicolet aux méandres capricieux est un des thèmes qu’affectionne le peintre qui pratique régulièrement la peinture en plein air.  En 1912, la même année où Tom Thomson membre fondateur du Groupe des Sept peint ses premiers tableaux sur le motif, il expose cette toile résolument moderne dans laquelle le paysage se dissout en une riche symphonie d’ors et de mauves, animée par une touche fébrile et impétueuse. Cette œuvre, digne des meilleures œuvres impressionnistes, marque le début d’une série de toiles dans lesquelles le peintre se livre à des explorations chromatiques particulièrement originales. Ses audaces picturales tracent la voie pour des artistes tels qu’Ozias Leduc et Jean Paul Lemieux qui travaillera pendant quelques temps dans son atelier.

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En marge de la Conférence de Glasgow