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    Hypatie


    Hypatie, philosophe et mathématicienne, fille de Théon (v. 335 - v. 405), mathématicien et astronome célèbre, est née à Alexandrie vers 350 et tuée à Alexandrie en 415 par des moines chrétiens sur ordre de saint Cyrille, évêque d'Alexandrie, dans sa lutte contre les païens et les chrétiens partisans d'Oreste, gouverneur de la ville. Sacralisée «martyre païenne», elle deviendra une figure littéraire et mythique grâce à Voltaire*, Gibbon, Fielding, Leconte de Lisle*, Nerval* Barrès, Kingsley et autres. Néoplatonicienne, reconnue pour sa beauté, on n'hésita pas à la dépeindre comme «l'esprit de Platon dans le corps d'Aphrodite».

    La vie d'Hypatie
    Hypatie (Hypatia ou Hypateia) vécut toute sa vie à Alexandrie. Proche collaboratrice de son père Théon, Hypatie étudiait les travaux d'Apollonius de Perge ((v. 262 – v. 190 av. J.-C.), de Diophante d'Alexandrie (v. 200/214 - v. 284/298) et de Ptolémée de Thébaïde (Haute-Égypte, v. 90 - v. 168). Les éditions actuelles de l'Almageste de Ptolémée et des Tables manuelles astronomiques furent probablement arrangées et préparées par Hypatie. Elle aurait aussi édité et annoté les Arithmétiques de Diophante.

    Cependant, Hypatie fut avant tout une philosophe qui s'entoura de disciples à qui elle enseigna la pensée de Platon*. À ce propos, Maria Dzielska dans son Hypatie d'Alexandrie, écrite d'abord en polonais, publié en anglais par Harvard University Press à Cambridge, Massachusetts en 1995 et traduit en français par Marion Koeltz (Paris, Des Femmes/Antoinette Fouque, 2010) explique le caractère élitiste de la démarche intellectuelle et éthico-religieuse de la philosophe:

    «Grâce aux souvenirs que son disciple Synésios* [futur évêque de Cyrène] consigna dans sa correspondance, nous en savons bien plus long sur son enseignement philosophique que sur son travail de recherche en mathématiques et en astronomie. Chez elle, à Alexandrie, elle forma un cercle intellectuel composé de disciples qui venaient étudier à titre personnel, pendant de nombreuses années pour certains. Ils venaient d'Alexandrie ou d'ailleurs en Égypte, mais aussi de Syrie, de Cyrène et de Constantinople. Issus de familles riches et influentes, ils finissaient souvent par occuper des postes importants dans l'administration impériale ou ecclésiastique.

    Autour de leur professeur, ces étudiants formaient une communauté fondée sur le système de pensée platonicien et sur des liens interpersonnels. Ils désignaient le savoir que leur enseignait leur «guide divin» sous le nom de «mystères». Ils tenaient ce savoir secret, refusant de le partager avec des gens de rang social inférieur, qu'ils considéraient incapables de comprendre les affaires divines et cosmiques. En outre, le chemin sur lequel Hypatie les menait vers l'existence divine était indescriptible; suivre ce chemin demandait effort mental et volonté, force éthique et désir d'infini; cette démarche aboutissait au silence, à l'extase muette et à une contemplation ineffable.» (op. cit., p. 153)

    Pour en savoir plus sur les 150 Lettres de Synésios* et sur le cénacle d'Hypatie à Alexandrie: Maria Dzielska, op. cit., chapitre II, «Le cercle d'Hypatie», p. 47-100.

    Le rayonnement d'Hypatie ne se limitait pas à son enseignement à l'intérieur de son cercle philosophique, mais s'étendait à la vie publique d'Alexandrie et aux autres régions de l'empire égyptien. L'érudition, la sagesse et la vie honorable de cette célibataire exerçaient une influence bienfaisante sur les divers pouvoirs politiques et religieux.

    La mort d'Hypatie
    L'excellente réputation d'Hypatie fut mise à rude épreuve à cause du conflit qui opposait à Alexandrie l'évêque Cyrille et le gouverneur Oreste. Cette mésentente entre les deux pouvoirs avait pour effet néfaste de diviser la population, déjà véhémente de nature, en deux clans ennemis. Ainsi parmi les chrétiens, il se trouvait des partisans d'Oreste, lui-même chrétien, mais aussi des partisans d'un Cyrille très colérique auxquels étaient associés des moines reconnus pour leur violence. Hypatie, sereine et paisible, païenne mais ayant enseigné à des disciples chrétiens ou ayant fréquenté des chrétiens et des juifs, eut le malheur d'être une amie proche d'Oreste. À cause de sa renommée, elle portait ombrage à un évêque, jaloux de son pouvoir. Une foule menée par Pierre, lecteur ecclésiastique, mit le plan de saint Cyrille à exécution en mars 415. Les assaillants saisirent Hypatie en pleine rue et la traînèrent jusqu'à l'église Kaisarion, un ancien temple du culte de l'empereur. Là ils déchirèrent ses vêtements et la tuèrent. Ils transportèrent son corps hors de la ville jusqu'à un endroit appelé Kinaron, où il fut brûlé.

    À la fin de sa préface à l'ouvrage de Maria Dzielska, Monique Trédé, de l'École normale supérieure de Paris, s'interroge:

    «Maria Dzielska suggère [...] qu'aucune opposition n'existait entre le spiritualisme du néoplatonisme d'Hypatie et la religion chrétienne. Quoi qu'il en soit de ce point de vue, l'attirance des chrétiens pour Hypatie semble indéniable et les lettres de Synésios, futur évêque de Cyrène, attestent que son rapprochement avec l'Église n'atténuait en rien son affection pour Hypatie. Pourquoi alors cette fin tragique? L'auteure suit ici Socrate le Scolastique qui fait d'Hypatie la victime* de la lutte entre le chrétien Oreste, préfet d'Égypte, et l'évêque Cyrille d'Alexandrie. La rareté des sources dont nous disposons laisse subsister bien des mystères mais le lecteur est reconnaissant à Maria Dzielska de parvenir, en reprenant l'ensemble des oeuvres antiques, à mettre au jour la figure complète d'une éminente intellectuelle, en un temps où l'hellénisme jette ses derniers feux.» (op. cit., p. 10)

    Correspondance
    Extrait de la Lettre XVI de Synésios, évêque de Ptolémais (Cyrène) à Hypatie:

    «Je suis alité pour te dicter cette lettre, mais j’espère que tu seras en bonne santé quand tu la recevras, toi qui est ma mère, ma sœur, mon maître et, à tous ces titres, ma bienfaitrice, l’être et le nom qui me sont les plus chers au monde ! Ma faiblesse physique a une cause psychique : peu à peu me consume le souvenir de mes petits enfants qui m’ont quitté. La vie ne valait la peine d’être vécue, pour Synésios, qu’aussi longtemps qu’il n’éprouvait pas les malheurs de l’existence. Depuis, ce sont, pour ainsi dire, des flots contenus qui se sont déversés en masse, et mon existence a perdu sa douceur. Je voudrais mettre un terme à ma vie, ou bien au souvenir des funérailles de mes fils ! Mais toi, je te souhaite en bonne santé. Salue tes bienheureux compagnons, ton père Théoteknos et ton frère Athanasios d’abord, puis tous les autres. Et s’il s’y est ajouté un nouveau venu qui t’agrée, je dois lui rendre grâces de t’agréer ; adresse-lui mes salutations comme au meilleur ami de mes amis. Si tu te soucies un peu de mon état, tu agis bien ; mais si tu ne t’en soucies pas, moi, je ne m’en soucie plus du tout. »

    Cinéma
    Agora (2009) est un péplum philosophique hispano-maltais réalisé par Alejandro Amenábar, Hypatia y est incarnée par Rachel Weisz, actrice britannique qui a jusqu'ici tenu des rôles contemporains de femmes qui font passer l'être avant le paraître comme dans La Constance du jardinier, de Fernando Meirelles, d'après John Le Carré. Agora nous plonge au cœur d'une ville d'Alexandrie magnifiquement reconstituée, ancrée sur le cordon littoral qui sépare la Méditerranée du lac Maréotis, et fait de la seconde bibliothèque, située près du Temple de Sérapis, le centre de la cité : un mouvement de caméra se lance depuis l'espace pour parvenir jusqu'au toit de la bibliothèque, cœur battant de la ville autant que de la jeune héroïne, comme si le cosmos dans son unité convergeait sans hésiter jusqu'à elle(s).

    Voir dans cette encyclopédie le dossier Agora (Hypatia) dans la catégorie «Cinéma»

    Liens
    Stephen Medcalf, «Hypatia and after» The feminist Nolelist of Fife, Overheard by Blog, Robert Frasers's Virtual Journals
    http://www.open.ac.uk/blogs/overheardbyblog/

    «Hypatia» (14.01. 2010) Vouloir Archives E.R.O.E.
    http://vouloir.hautetfort.com/archive/2010/01/14/hypathia.html

    «Hypatie ou la mémoire des hommes» , Science & Imaginaire, Site Web du groupe de recherche sélectif
    http://www.selectif.uqam.ca/biblio/489

    IMAGE
    Hypartie peu de temps avant sa mort, alors que les Chrétiens lui ont arraché ses vêtements et l'ont acculée dans un temple.
    Tableau de Charles William Mitchell, 1885.
    http://www.apprendre-en-ligne.net/


    http://www.aurumsolis.info/illustrations/11hypatia.jpg

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-18
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