• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort


    Hypatie (Poème, 1847)

    Charles-Marie-René Leconte de Lisle

    «Hypatie*, mathématicienne grecque martyr, est la première d’une lignée de héros qui paient de leur vie leur fidélité à une religion moribonde, dans les grands poèmes de Leconte de Lisle*.»

    «L'admiration de Leconte de Lisle pour l'excellence des Grecs et les conceptions helléniques du monde surnaturel s'exprime également dans une courte oeuvre dramatique intitulée Hypatie et Cyrille (1857). Nous y retrouvons une nostalgie romantique de la Grèce antique, où les gens vivaient en harmonie avec la beauté de la nature divine et en conformité avec les enseignements de leurs philosophes [...]. Leconte de Lisle tente de réconcilier philosophie païenne et christianisme.» (M. Dzielska, Hypatie d'Alexandrie, 2010, p. 19).
    Hypatie - 1847 - poème de Leconte de Lisle

    Au déclin des grandeurs qui dominent la terre,
    quand les cultes divins, sous les siècles ployés,
    reprenant de l'oubli le sentier solitaire,
    regardent s'écrouler leurs autels foudroyés ;

    quand du chêne d'Hellas la feuille vagabonde
    des parvis désertés efface le chemin,
    et qu'au delà des mers où l'ombre épaisse abonde,
    vers un jeune soleil flotte l'esprit humain ;
    toujours des dieux vaincus embrassant la fortune,
    un grand coeur les défend du sort injurieux ;
    l'aube des jours nouveaux le blesse et l'importune :
    il suit à l'horizon l'astre de ses aïeux.
    Pour un destin meilleur qu'un autre siècle naisse
    et d'un monde épuisé s' éloigne sans remords ;
    fidèle au songe heureux où fleurit sa jeunesse,
    il entend tressaillir la poussière des morts.

    Les sages, les héros se lèvent pleins de vie !
    Les poètes en choeur murmurent leurs beaux noms;
    et l'Olympe idéal qu'un chant sacré convie,
    sur l'ivoire s' assied dans les blancs parthénons.
    ô vierge, qui d'un pan de ta robe pieuse
    couvris la tombe auguste où s'endormaient tes dieux :
    de leur culte éclipsé prêtresse harmonieuse,
    chaste et dernier rayon détaché de leurs cieux !
    Je t'aime et te salue, ô vierge magnanime !
    Quand l'orage ébranla le monde paternel.
    Tu suivis dans l'exil cet Oedipe sublime,
    et tu l'enveloppas d'un amour éternel.

    Debout, dans ta pâleur, sous les sacrés portiques
    que des peuples ingrats abandonnait l'essaim,
    Pythonisse enchaînée aux trépieds prophétiques,
    les immortels trahis palpitaient dans ton sein.
    Tu les voyais passer dans la nue enflammée !
    De science et d'amour ils t'abreuvaient encor ;
    et la terre écoutait, de ton rêve charmée,
    chanter l'abeille attique entre tes lèvres d' or.
    Comme un jeune lotus croissant sous l'oeil des sages,
    fleur de leur éloquence et de leur équité,
    tu faisais, sur la nuit moins sombre des vieux âges,
    resplendir ton génie à travers ta beauté !

    Le grave enseignement des vertus éternelles
    s'épanchait de ta lèvre au fond des cœurs charmés ;
    et les galiléens qui te rêvaient des ailes,
    oubliaient leur dieu mort pour tes dieux bien-aimés.
    Mais le siècle emportait ces âmes insoumises
    qu'un lien trop fragile enchaînait à tes pas;
    et tu les voyais fuir vers les terres promises;
    mais toi qui savais tout, tu ne les suivis pas !
    Que t'importait, ô vierge, un semblable délire ?
    Ne possédais-tu pas cet idéal cherché ?
    Va ! Dans ces cœurs troublés tes regards savaient lire,
    et les dieux bienveillants ne t'avaient rien caché.

    ô sage enfant, si pure entre tes sœurs mortelles !
    ô noble front, sans tache entre les fronts sacrés !
    Quelle âme avait chanté sur des lèvres plus belles,
    et brûlé plus limpide en des yeux inspirés ?
    Sans effleurer jamais ta robe immaculée,
    les souillures du siècle ont respecté tes mains :
    tu marchais, l'oeil tourné vers la vie étoilée,
    ignorante des maux et des crimes humains.
    L'homme en son cours fougueux t'a frappée et maudite,
    mais tu tombas plus grande ! Et maintenant, hélas !
    Le souffle de Platon et le corps d' Aphrodite
    sont partis à jamais pour les beaux cieux d' Hellas!

    Dors, ô blanche victime, en notre âme profonde,
    dans ton linceul de vierge et ceinte de lotus ;
    dors ! L'impure laideur est la reine du monde,
    et nous avons perdu le chemin de Paros.
    Les dieux sont en poussière et la terre est muette;
    rien ne parlera plus dans ton ciel déserté.
    Dors ! Mais vivante en lui, chante au cœur du poète
    l'hymne mélodieux de la sainte beauté.
    Elle seule survit, immuable, éternelle.
    La mort peut disperser les univers tremblants,
    mais la beauté flamboie, et tout renaît en elle,
    et les mondes encor roulent sous ses pieds blancs.


    Blog dédié ( entre autres ) aux mathématiques et à leurs liens avec d'autres domaines
    Inclassables Mathématiques Le blog 2.0
    http://www.inclassablesmathematiques.fr/archive/2007/07/01/
    hypatie-1847-poeme-de-le-conte-de-lisle.html
    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30

    Documents associés

    • Hypatie (Poème, 1847)
    • Hypatie - 1847 - poème de Leconte de Lisle Au déclin des grandeurs qui dominent la terre, quand...
    • Mort d'Hypatie
    • «Y a-t-il rien de plus horrible et de plus lâche que l’action des prêtres de l’évêque...