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    L'Encyclopédie sur la mort


    Mort d'Hypatie

    Voltaire

    Dans son Examen important de Milord Bolingbroke ou le tombeau du fanatisme (1736), Voltaire* évoque Saint Cyrille et le clergé d'Alexandrie dans un style prochain de John Toland (1720), et présente la mort d'Hypatie comme un meurtre perpétré par «les dogues tonsurés de Cyrille, suivie d'une troupe de fanatiques. (Voltaire, Mélanges, Paris, Gallimard, »Bibliothèque de la Pléiade», 1961, p. 1104-1108, cité par M. Dzielska, Hypatie d'Alexandrie, p. 15) Voltaire traite à nouveau d'Hypatie dans son Dictionnaire philosophique et dans De la paix perpétuelle (1769) où il établit le contraste entre l'évêque Synésios, païen converti, et Cyrille portant le nom de saint.
    «Y a-t-il rien de plus horrible et de plus lâche que l’action des prêtres de l’évêque Cyrille, que les chrétiens appellent saint Cyrille? Il y avait dans Alexandrie une fille célèbre par sa beauté et par son esprit; son nom était Hypatie. Élevée par le philosophe Théon, son père, elle occupait, en 415, la chaire qu’il avait eue, et fut applaudie pour sa science autant qu’honorée pour ses moeurs; mais elle était païenne. Les dogues tonsurés de Cyrille, suivis d’une troupe de fanatiques, l’assaillirent dans la rue lorsqu’elle revenait de dicter ses leçons, la traînèrent par les cheveux, la lapidèrent et la brûlèrent, sans que Cyrille le saint leur fît la plus légère réprimande, et sans que Théodose le jeune et la dévote Pulchérie, sa soeur, qui le gouvernait et partageait l’empire avec lui, condamnassent cet excès d’inhumanité. Un tel mépris des lois en cette circonstance eût paru moins étonnant sous le règne de leur aïeul Théodose Ier, qui s’était souillé si lâchement du sang des peuples de Thessalonique.» («Examen important de Milord Bolingbroke ou le tombeau du fanatisme», Oeuvres complètes, Voltaire, Mélanges V)

    http://www.voltaire-integral.com/Html/26/12_Examen_important.html

    «Je suppose que Mme Dacier eût été la plus belle femme de Paris, et que, dans la querelle des anciens et des modernes, les carmes eussent prétendu que le poème de la Magdeleine composé par un carme, était infiniment supérieur à Homère, et que c’était une impiété atroce de préférer l’Iliade à des vers d’un moine; je suppose que l’archevêque de Paris eût pris le parti des carmes contre le gouverneur de la ville, partisan de la belle Mme Dacier, et qu’il eût excité les carmes à massacrer cette belle dame dans l’église de Notre-Dame, et à la traîner toute nue et toute sanglante dans la place Maubert; il n’y a personne qui n’eût dit que l’archevêque de Paris aurait fait une fort mauvaise action, dont il aurait dû faire pénitence.

    Voilà précisément l’histoire d’Hypatie. Elle enseignait Homère* et Platon* dans Alexandrie, du temps de Théodose II. Saint Cyrille déchaîna contre elle la populace chrétienne: c’est ainsi que nous le racontent Damascius et Suidas: c’est ce que prouvent évidemment les plus savants hommes du siècle, tels que Brucher, La Croze, Basnage, etc.; c’est ce qui est exposé très judicieusement dans le grand Dictionnaire encyclopédique, à l’article Éclectisme.

    [...]

    Je me contente de remarquer que saint Cyrille était homme, et homme de parti; qu’il a pu se laisser trop emporter à son zèle; que quand on met les belles dames toutes nues, ce n’est pas pour les massacrer; que saint Cyrille a sans doute demandé pardon à Dieu de cette action abominable, et que je prie le père des miséricordes d’avoir pitié de son âme. Celui qui a écrit les deux tomes contre l’Éclectisme me fait aussi beaucoup de pitié.» (Dictionnaire philosophique)

    http://www.e-olympos.com/hypatia4.htm

    «Il y avait alors dans l'Alexandrie une fille nommée Hypatie, qu'on regardait comme un prodige de la nature. Le philosophe Théon, son père, lui avait enseigné les sciences; elle les professait à l'âge de vingt-huit ans; et les historiens, même chrétiens, disent que des talents si rares étaient relevés par une extrême beauté jointe à la plus grande modestie: mais elle était de l'ancienne religion égyptienne. Oreste, gouverneur d'Alexandrie, la protégeait; c'en est assez. Saint Cyrille envoie un de ses sous-diacres, nommé Pierre, à la tête des moines et des autres factieux, à la maison d'Hypatie; ils brisèrent les portes; ils la cherchent dans tous les recoins où elle peut être cachée; ne la trouvant point, ils mettent le feu à la maison: elle s'échappe, on la saisit, on la traîne dans l'église nommée la Césarée, on la dépouille nue: les charmes de son corps attendrissent quelques-uns de ces tigres; mais les autres, considérant qu'elle ne croit pas en Jésus-Christ, l'assomment à coups de pierres, la déchirent, et traînent son corps par la ville.

    [...]

    [Synésius, disciple d'Hypatie]. Les évêques persistèrent: on le baptisa, on le fit diacre, prêtre, évêque; il concilia sa philosophie avec ministère; c'est un des faits les plus avérés de l'histoire ecclésiastique. Voilà donc un platonicien, un théiste, un ennemi des dogmes chrétiens, évêque avec l'approbation de ses collègues, et ce fut le meilleur des évêques; tandis qu'Hypatie est pieusement assassinée dans l'église, par les ordres ou du moins par la connivence d'un évêque d'Alexandrie décoré du nom de saint. Lecteur, réfléchissez et jugez; et vous, évêques, tâchez d'imiter Synésius.» (Oeuvres complètes de Voltaire: Vie de Voltaire, volume 33 par Voltaire, Jean-Antoine Nicolas de Caritat Condorcet (marquis de)

    http://books.google.ca/books?
    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30

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