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    L'Encyclopédie sur la mort


    Rome antique: l'espace funèbre

    Michel Meslin

    Dans la Rome antique*, l'espace funèbre ou la demeure collective habitée par les morts est appelé mundus. Les Romains ont maintenu l'existence d'une porte qui assura la communication entre les vivants et les morts.

    Mais l'organisation religieuse de l'espace ne vise pas seulement à situer l'homme et à le définir juridiquement par rapport à ses semblables, Elle délimite aussi le monde des vivants face à celui des morts. Nous l'avons vu, le sol sacré de l'Urbs ne peut être souillé par le contact des morts. Ceux-ci sont rejetés hors du pomerium. Sur ce tabou s'est peu à peu développé tout un droit funéraire qui subsistera, inviolé, en Occident, bien après la fin de la domination romaine. On peut donc être surpris, à première vue, en constatant qu'à l'intérieur même de leur ville les Romains ont maintenu l'existence d'une porte permettant la communication entre les morts et les vivants. L'idée que les morts habitent une demeure collective cachée dans le sol est très archaïque. Lors de la fondation d'une ville, on jetait dans le mundus un peu de terre natale rappelant le souvenir des ancêtres. La bouche infernale de cet autre mundus, normalement fermée par une pierre, ne s'ouvrait que trois jours par an au monde des morts: le 24 août, veille de la rentrée de la moisson; le 5 octobre et le 8 novembre où l'on procédait aux semailles d'automne. La pierre qui fermait le mundus était alors levée pour laisser libre passage aux Mânes. Ces trois jours durant lesquels le mundus béait; mundus palet, étaient sacrés; on ne devait entreprendre aucun acte officiel, engager aucune opération militaire, tenir aucune réunion politique sauf cas d'extrême nécessité. On ne pouvait même pas se marier. En effet, comme l'explique Varron, «c'est la porte des divinités infernales et néfastes qui est alors ouverte». Or ce mundus était à Rome localisé près du temple de Cérès dans la vallée du Circus Maximus, témoignant ainsi que, comme dans bien d'autres cultures archaïques, les Romains unissaient dans une même dimension religieuse la terre qui reçoit la mort et la fécondité. Il est donc normal que les rites de fondation d'une ville comme ceux qui, chaque année, doivent renouveler sa prospérité, agissent sur cette zone inférieure de l'espace. Le monde souterrain est, en effet, le domaine des Mânes, les esprits des morts de la communauté. Ils sont en général bienveillants. Si leur jus est respecté, ils restent enfermés dans leur domaine. Mais ils ont droit à des sacrifices*, qui sont les mêmes que ceux offerts à TeIlus, à la Terre-Mère qui les a recueillis et qui fera naître, chaque printemps, de nouvelles richesses. Ainsi peut-on s'expliquer qu'à Capoue, puis à Rome, ce soit Cérès qui ait pris, peu à peu et sous l'influence de l'hellénisation, la protection de cette portion de l'espace. Mais à l'époque la plus ancienne, c'est à Tenus et aux dieux Mânes que le mundus est voué. Cette liaison entre la Terre séjour des morts. et source de fécondité est précisément marquée par la date des jours d'ouverture du mundus, dates qui sont parmi les plus importantes de l'année agricole. On peut rapprocher cette circulation entre l'espace des vivants et celui des morts de la coutume celtique : lors de la fête de Samhuin, le 1"' novembre, l'invisible cloison qui sépare les deux mondes cède pour un instant et, pour célébrer cette communication établie entre les vivants et les morts, on procédait au sacrifice des prémices de la récolte. En réalité nous ne sommes guère renseignés sur ce mundus romain, qu'aucun autre rite indo-européen ne permet d'éclairer comparativement et de façon suffisante. Ce qui est certain, c'est que les morts ne profitaient pas de ces trois jours pour revenir en masse dans
    le monde des vivants.
    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30

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