
L'Indiecito au Cimetière Punta Arenas (Chili) Chilisud 625 jpg
© Guérane Cade Tous droits réservés 2013.
« Et puis, tout au fond, à gauche, l'Indiecito, debout, nu, jeune et doux; dans le bronze on devine juste un cache-sexe; une main fraternelle lui ajouta une écharpe, d'autres des chapelets, des colliers et un petit cœur jaune est apparu sur sa main gauche. Il fut élevé là où se tenaient les dernières tombes des Onas et, devenu porte-bonheur, il est entouré d'une nuée d'ex-voto, de mercis naïfs, émouvants. Sous les caresses, le métal brille sur la main et le pied gauches. Une plaque en forme de parchemin déroulé témoigne: « L'Indien inconnu venu des brumes du doute historique et géographique repose ici protégé par l'amour de la patrie chilienne. » Je ne sais comment traduire élégamment et fortement les mots « el patrio amor de la chilenidad » mais cette reconnaissance chaleureuse de la mémoire rattrape un peu l'ignominie de l'Histoire. Un descendant métissé de ce peuple, aux yeux sombres et liquides, nous souhaite «buen viaje en la vida », bon voyage dans la vie. L'utopie d'une société plus juste gît là aussi.» (Guérane Cade)
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Une réalité incontournable
La mort existe, inévitable et irréversible ! Il y a la mort. Mort il y a.
Effectivement, la mort est une réalité incontournable à laquelle chacun est confronté, qu’il s’agisse de la mort de ses proches ou de sa propre mort. Elle est très présente dans les médias. La mort est bavarde! On n'a qu'à regarder le nombre des pages consacrées à la mort de personnalités du domaine public, sportif ou artistique, à la mort des victimes de la route, du crime ou de la guerre.
Mais on peut aussi bien dire que la mort n'existe pas, car elle n'est rien, elle est vide ou néant. Cependant, les gens meurent autour de nous. Ils meurent tantôt seuls tantôt en grand nombre. Nous en sommes témoins. Et notre tour viendra. Il est légitime d'avoir peur de mourir, parce que mourir, c'est aussi souffrir et s'aventurer dans l'inconnu, c'est non seulement cesser de vivre, mais aussi cesser de bien vivre, de bien vivre ensemble.
Depuis les années 60, on assiste à une prolifération des discours sur la mort dans la littérature tant scientifique que populaire. On observe, dans divers milieux du savoir, l’éveil simultané d’une curiosité intellectuelle, accrue et renouvelée, autour de la mort. La mort est devenue un sujet dont on peut et dont on veut de nouveau parler, même s’il est trop tôt pour discerner, dans cet intérêt partagé, des signes évidents d’une redécouverte de la mort ou d’une prise de conscience collective à l'égard de la mort comme étant étroitement liée à la vie. Le déni ou l'évitement de la mort demeure manifeste dans les comportements contemporains. Les femmes et les hommes ont tendance à vivre et à agir comme si la mort ne pouvait pas les atteindre personnellement. La mort est muette! (suite)
