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    Becket Thomas saint

    « Tout est romanesque dans l’histoire de Thomas Becket. Gilbert Becket, bourgeois de Londres, va en terre sainte au commencement du siècle; il y devient esclave d’un musulman, dont la fille le délivre par amour. Il revient, et la jeune fille, qui ne peut vivre sans lui, trouve le moyen de le rejoindre, du Jourdain à la Tamise, avec les deux seuls mots chrétiens qu’elle sait : Londres et Gilbert. Elle se convertit et met au monde Thomas. L’enfant, protégé par un riche baron, devient habile dans les exercices du corps et de l’esprit, est ordonné diacre dans l’église de Cantorbéry, et se fait remarquer du fils de Mathilde, qui le prend en vive affection. Précepteur du fils aîné du roi, puis chancelier, il brille au premier rang et déploie un faste et un goût par lesquels il éclipse les plus magnifiques seigneurs. Enfin Henri II le porte au siège primatial de Cantorbéry (1162), espérant se servir de lui pour ses réformes. Mais le courtisan disparaît dans l’archevêque : plus de chiens, d’oiseaux, de riches vêtements; Becket est un prêtre austère et scrupuleux. Henri II s’irrite. Cependant il aborde ses projets, et dans une grande assemblée d’évêques, d’abbés et de barons tenue à Clarendon (1164), il fait adopter les constitutions de ce nom, qui obligent tout clerc accusé d’un crime à comparaître devant les cours de justice du roi, défendent à tout ecclésiastique de quitter le royaume sans la permission royale, et attribuent au roi la garde et les revenus de tout évêché ou bénéfice vacant.

    Thomas Becket s’élève contre ces statuts; poursuivi par les murmures des évêques partisans du roi : « J’en appelle au souverain pontife, s’écrie-t-il, et vous cite par-devant lui. » Et se retirant, il gagne sous un déguisement la côte de Sandwich, d’où il s’embarque pour la France. Louis VII l’y reçut avec faveur, et, après six ans d’efforts, réussit à le réconcilier avec Henri II (1170). Mais Becket n’avait point fléchi. De retour à Cantorbéry, il excommunia de nouveau l’archevêque d’York. À cette nouvelle, Henri II, qui se trouvait en Normandie, fut plein de colère : « Quoi! s’écria-t-il, un misérable qui est venu à ma cour sur un cheval boiteux, qui a mangé mon pain, m’ose braver ainsi! Personne ne me délivrera-t-il de lui? » Quatre chevaliers, comprenant le sens de ces mots, passèrent en Angleterre, et, cinq jours après, l’archevêque tombait massacré par eux au pied même de l’autel (29 décembre 1170). Les Saxons en firent un martyr, et l’imagination populaire, avec la vive et puissante force de création qui l’anime, crut bientôt qu’auprès de son tombeau les aveugles recouvraient la vue, les sourds l’ouïe, que des morts même y ressuscitaient.

    Ce crime rajaillit sur Henri II, dont l’autorité en fut longtemps ébranlée. Il n’obtint l’indulgence du saint-siège que par des soumissions de toutes sortes et l’abolition des statuts de Clarendon. Il entreprit enfin pour l’Église romaine une conquête importante [l’Irlande], qui ne l’était pas moins pour lui, et au succès de laquelle il employa cette même autorité pontificale qu’il lui fallait subir. »

    source: Victor Duruy (1811-1894), Histoire du Moyen-Age: depuis la chute de l'empire d'Occident jusqu'au milieu du XVe siècle; reproduit à partir de la 13e édition : Paris, Hachette, 1890, p. 379-380.

    Biographie

    Archevêque de Canterbury, grand chancelier d’Angleterre, né à Londres le 21 décembre 1117, assassiné à Canterbury le 29 décembre 1170. Il étudia la théologie à Oxford et à Paris, et le droit à Bologne où il eut pour maître le célèbre canoniste Gratien. Il s’éleva par son savoir et son esprit de conduite aux plus hautes fonctions de l’État. L’appui de Théobald, archevêque de Canterbury, et la faveur du roi Henri II le firent nommer grand chancelier du royaume (1158). Il déploya, en cette qualité, les talents les plus divers, tantôt figurant, les armes à la main, à la tête de la chevalerie anglaise, sur les champs de bataille, dans la guerre du roi Henri II, son maître, contre les comtes de Toulouse, tantôt défendant, sur le terrain juridique, son souverain, contre les prétentions ultramontaines représentées par l’évêque de Chichester.

    En 1162, il fut appelé à occuper le siège archiépiscopal de Canterbury. À peine investi de sa nouvelle dignité, il se voua au service de l’Église avec un zèle égal à celui qu’il avait déployé en faveur de la couronne. Il défendit énergiquement les privilèges ecclésiastiques que lui-même avait jadis attaqués comme grand chancelier. Il n’en fut pas moins contraint de signer les fameuses Constitutions de Clarendon (1164) qui enlevaient à l’Église quelques-unes de ses plus anciennes prérogatives. Malgré les concessions obtenues, le roi cita Becket à comparaître devant un parlement convoqué à Northampton, pour se justifier d’une série d’accusations portées contre lui, entre autres d’avoir détourné les deniers publics, pendant qu’il remplissait les fonctions de grand chancelier. Au lieu d’obtempérer à cette sommation, Becket en appela au pape et se réfugia en France auprès de Louis VII, dont il obtint l’appui. La lutte entre la théocratie et la royauté en était arrivée à une crise aiguë. D’un côté, était Henri avec ses barons et le haut clergé; de l’autre, Becket qu’accompagnaient les vœux du peuple et des clercs inférieurs. Aux excommunications, Henri répondit par des représailles contre la famille et les amis de Becket, par la confiscation de leurs biens et d’autres mesures vexatoires. Après un conflit qui dura six ans, les adversaires se réconcilièrent à l’entrevue de Fréteval, en Beauce (22 juillet 1170). Quelques mois après, Becket rentra en possession de toutes ses dignités et de tous ses biens. Non content de cette consécration de son triomphe, il suspendit de leurs fonctions plusieurs membres du haut clergé qui avaient pris parti pour le roi contre lui. Henri II, irrité de cette mesure agressive, prononça contre son adversaire des paroles de colère, qui furent interprétées par quelques gentilshommes de la cour, comme un ordre de le débarrasser d’un ennemi gênant. Thomas Becket fut assassiné dans la cathédrale de Canterbury. Deux ans après, il fut canonisé. Le roi fit pénitence publique sur son tombeau et reçut l’absolution de ce crime dont il avait été la cause involontaire (1174).

    La tombe de saint Thomas Becket devint, pendant tout le moyen âge, un centre de pèlerinage pour la chrétienté. En 1538, Henri VIII s’empara des riches offrandes accumulées dans la cathédrale de Canterbury, détruisit la châsse où étaient déposées les reliques de Becket, et raya du calendrier le nom de ce vaillant champion de l’Église.

    On célèbre la fête de ce saint le 29 décembre.

    source: G. de la Quesnerie, article « Thomas Becket » de La grande encyclopédie: inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Réalisée par une société de savants et de gens de lettres sous la direction de MM. Berthelot, Hartwig Derenbourg, F.-Camille Dreyfus [et al.]. Réimpression non datée de l'édition de 1885-1902. Paris, H. Lamirault, [191-?]. Tome cinquième (Baillière-Belgiojoso), p. 1118-1119.

    Oeuvres

    Vita & processus Sancti Thome cantuarensis martyris super libertate ecclesiastica. [Paris], [J. Philippi], 1495, 198 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

    Documentation


    Du Boys, Albert. "Saint Thomas Becket, chancelier et homme d'État, d'après des documents nouvellement publiés", Revue des questions historiques, année 16, tome 32, 1er octobre 1882 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Louis Halphen, "Les biographes de Thomas Becket", Revue historique, année 34, tome 102, 1909 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Magnusson, Eirikr (éd.), A life of archbishop Thomas Becket, in Icelandic: with English translation, notes and glossary. Texte en islandais, et trad. anglaise en regard. London, Longmans, Green: volume I (1870, XIX-559 p.); volume II (1883, CLXXIX-611 p.) - Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF

    Robertson, James Craigie (éd.), Materials for the history of Thomas Becket, archbishop of Canterbury, canonized by pope Alexander III, A. D. 1173. Textes en latin, introduction et notes en anglais. London, Longman, Trübner, Parker... [et al.] (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF): Volume I (1875, XXXVI-546 p.)
    Volume II (1876, LVIII-484 p.)
    Volume III (1877, XXVIII-554 p.)
    Volume IV (1879, XXVIII-453 p.)
    Volume V (1881, XXVIII-545 p.)
    Volume VI (1882, XV-682 p.)
    Volume VII (1885, XV-619 p.)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Angleterre
    Naissance
    1118 (ou 1117), Londres
    Déces
    1170
    Raccourcis
    Becket, the Church and Henry II, par Mike Ibeji (BBC Online)

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