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    Impression du texte

    Smith Adam

    Le point de vue libéral "classique" sur Adam Smith, proposé par l'Institut Coppet (France) La "main invisible" est-elle un mythe? Un point de vue critique de l'économiste Joseph Stiglitz, lauréat du Prix Nobel d'économie en 2001. -- En anglais.

    Économiste anglais.

    Biographie

    Économiste anglais, né à Kirkcaldy le 5 juin 1723, mort à Londres le 17 juillet 1790. Fils d’un contrôleur des douanes, mort deux mois avant sa naissance, il fut soigneusement élevé par sa mère. Brillant élève de Glasgow, il se passionna pour les mathématiques où il fit des progrès remarquables. Il acheva ses études à Oxford. En 1751, il obtenait la chaire de logique à Glasgow; en 1752, il l’échangeait pour celle de philosophie morale. Son enseignement eut un succès qui retentit jusqu’en Europe : Voltaire lui envoya des élèves. Smith faisait partie des clubs littéraires et politiques où il prêchait le libre-échange; il se lia avec Hume, et avec lui contribua à la formation de la Société d’Édimbourg «pour encourager les arts, les sciences, l’industrie et l’agriculture en Écosse» (1754). Son temps s’écoulait en ces occupations toutes spirituelles, et dans la préparation de travaux philosophiques, comme la Theory of the Moral Sentiments (1759), qui, lors de sa publication, excita une grande admiration et lui valut le préceptorat du jeune duc de Buccleuch, avec qui il entreprit le voyage traditionnel sur le continent. Smith visita ainsi Paris, où il rencontra Hume (1764), Toulouse, Montpellier, Genève, où il visita Voltaire pour qui il avait toujours professé un grand respect et, de nouveau de passage à Paris, s’y lança dans la société des philosophes: d’Alembert, Holbach, Helvétius, Necker, Turgot, Morellet, Quesnay, et se plut dans la discussion des questions économiques les plus ardues avec ces hommes éminents. Cette vie toute intellectuelle le satisfaisait pleinement. On dit bien qu’il tomba amoureux d’une Anglaise qui le méconnut; mais ce fut, si l’anecdote est vraie, un amour tout platonique. Le romanesque n’eut jamais la moindre place dans l’existence de Smith. Au retour de ses voyages, il s’installa paisiblement à Kirkcaldy et se consacra à son grand ouvrage sur La Richesse des Nations (The Wealth of Nations), qui parut le 9 mars 1776. Ce livre eut une influence énorme sur la politique économique de l’Angleterre. Pitt appliqua ses principes dans le traité qu’il signa avec la France en 1786, et s’en servit pour l’élaboration de ses budgets. À vrai dire c’était la première fois qu’on appliquait à l’économie politique les procédés de l’enquête scientifique, ou mieux qu’on tentait d’en faire une science à part. [...] Après un petit voyage à Londres où il recueillit les témoignages les plus flatteurs de l’admiration de ses amis, Smith avait été nommé commissaire des douanes (1777), comme son père. La composition de son grand œuvre semble avoir épuisé son esprit. Il avait eu une enfance souffreteuse; il avait souffert à diverses reprises d’étranges absences qui revinrent plus fréquentes, et il s’absorba dans sa petite besogne administrative. La mort de sa mère, qui pourtant avait quatre-vingt-dix ans, l’affecta si profondément que sa santé déclina brusquement, et qu’il eut une attaque de paralysie en 1786. En 1787, il fut élu recteur de Glasgow, et n’eut pas la force de prononcer son discours d’installation. Il traîna ainsi jusqu’en 1790. Peu de livres ont eu autant de succès et un succès si durable que les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Ce livre ruina les économistes français qui tenaient le premier rang dans le monde, et son auteur fut, avec quelque exagération, considéré comme le «père de l’économie politique». Pendant près d’un siècle, il régna seul et, après avoir fait faire à la science économique des progrès immenses, il fut cause qu’elle stagna et qu’on s’en tint trop longtemps à l’unique conception de la «division du travail». La Richesse des nations a été traduite en français par Blavet dès 1779. D’autres bonnes éditions françaises sont celles de Roucher et de la marquise de Condorcet (1790), de Garnier (1802), et l’édition abrégée de Courcelle-Seneuil (1888). On peut encore citer du grand économiste : Essays on Philosophical Subjects (1795); Lectures on Justice, Police, Revenue and Arms (1896). Les Œuvres complètes (1812) comprennent 5 vol. in-8.

    Source: article «Adam Smith» de La grande encyclopédie: inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome trentième (Sigillateur-Thermopole). Réalisée par une société de savants et de gens de lettres sous la direction de MM. Berthelot, Hartwig Derenbourg, F.-Camille Dreyfus [et al.]. Réimpression non datée de l'édition de 1885-1902. Paris, Société anonyme de «La grande encyclopédie», [191-?], p. 110.


    ***


    "La pensée libérale (...) s'est nourrie d'une représentation de l'homme plutôt sombre. Ce dernier n'obéirait qu'à ses intérêts particuliers. La théorie de l'économie de marché se fonde sur la fameuse Fable des abeilles, publiée en 1705 par le philosophe anglais Bernard Mandeville. Cette fable prenait l'exemple d'une ruche pour montrer que l'égoïsme de chacun pouvait travailler au bonheur de tous. En s'affairant, chaque abeille obéit à son intérêt particulier, mais la combinaison de ces égoïsmes assure la prospérité de la ruche. Une société humaine serait comparable à une ruche : plus l'homme sera « mauvais » (au sens d'égoïste), mieux l'économie de cette société fonctionnera.

    On attribue à Adam Smith, fondateur du libéralisme, la théorisation de cette idée. Dans son « Enquête sur la nature et les causes de la Richesse des nations » (1776), il propose la métaphore de la main invisible pour évoquer cette capacité magique du marché qui, en combinant les intérêts égoïstes de chacun, aboutit au bien être de tous. Grâce à elle le « vice » de l'égoïsme devient une « vertu ». Or, on se rend compte aujourd'hui que cette interprétation de Smith était mensongère. Il avait publié auparavant une « Théorie des sentiments moraux », dans laquelle il insistait sur la notion de sympathie qui, seule, nous permet de « faire société ». Il condamnait par ailleurs le pessimisme abusif de Mandeville."

    Source : Jean-Claude Guillebaud, "La bonté : modèle d'insoumission !", Sud Ouest, 6 mai 2012 

    Oeuvres

    En anglais

    An Inquiry into the Nature and Causes of The Wealth of Nations (1776) (Adam Smith Reference Archive, Marxists Internet Archive)

    The Theory of Moral Sentiments (1759)

    On the Nature of Demand

    Traductions en langue française

    "L'origine de la philosophie". Extrait des Essais philosophies (traduction française: 1797). Formats: Word, PDF, RTF

    Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776). Traduction française, 1881. Texte intégral: Livre I: Des causes qui ont perfectionné les facultés productives du travail, et de l'ordre suivant lequel ses produits se distribuent naturellement dans les différentes classes du peuple
    Livre II:
    De la nature des fonds ou capitaux de leur accumulation et de leur emploi
    Livre III:
    De la marche différente et des progrès de l'opulence chez différentes nations
    Livre IV:
    Des systèmes d'économie politique
    Livre V:
    Du revenu du souverain ou de la république Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776): extraits

    Recherche sur la nature et les cause de la richesse des nations: traductions françaises comparées d'un passage de l'ouvrage

    Documentation


    Account of the Life and Writings of Adam Smith LL.D., par Dugald Stewart,1793; tiré des Transactions of the Royal Society of Edinburgh; lu par Mr Stewart, les 21 janvier et 18 mars 1793; reproduit dans Collected Works of Dugald Stewart, vol. 10, p. 1-98

    The Political Economy of Adam Smith, par T. E. Cliffe Leslie, Fortnightly Review, 1er novembre 1870

    Adam Smith, par James Anson Farrer, Sampson, Low, Marston, Searle and Rivington, 1881

    The Betrayal of Adam Smith. Extrait de David C. Korten, When Corporations Rule the World
    (Kumarian Press and Berrett-Koehler Publishers, 1995)

    Adam Smith, the sensible philosopher, par David Frum (The New Criterion, vol. 14, no 7, mars 1996)

    Adam Smith's Recommendations on Taxation, by Nadia Weiner, Director of the Adam Smith Club of Sydney, Australia
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-04-13
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Écosse
    Naissance
    1723, Kirkcaldy, Fife, Écosse, R.-U.
    Déces
    17 / 07 / 1790
    Documents Associés
    Jean-Gustave Courcelle-Seneuil
    Économie, organisation du travail, libéralisme, laisser faire,
    Raccourcis
    The Adam Smith Institute (R.-U.). Point de vue libéral
    Présentation de l'homme et de l'oeuvre (Catallaxia, un site libéral)
    Certains évoquent la trahison des idées de Smith par les néo-libéraux d'aujourd'hui; à ce sujet, on lira avec profit la mise au point, accompagnées de liens pertinents, que propose Claude Rochet dans les notes concernant le chapitre 4 de son ouvrage Penser par le bien commun
    Voir aussi deux textes critiques suggérés par C. Rochet: The Betrayal of Adam Smith, par David C. Korten; Adam Smith. Mais sans ses cornes..., par Normand Baillargeon

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