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    Recyclage

    Définition

    Le mot «recyclage» est souvent utilisé comme terme générique pour décrire le fait que, dans un procédé manufacturier, un déchet matériel est utilisé en remplacement d'une matière première vierge. Le designer industriel William McDonough utilise les trois termes suivants pour décrire les trois types d’utilisation des matières résiduelles :

    1. Recycling (recyclage à 100%) désigne le procédé par lequel on transforme un déchet matériel en produit de même valeur. Exemple: transformer la fibre des vieux tapis en nouvelle fibre, ou l'endos de vinyle en nouvel endos de vinyle.

    2. Upcycling (valorisation) désigne le procédé par lequel on transforme un déchet matériel en produit de valeur supérieure. Exemple: transformer le polyéthylène téréphtalate (PET) des bouteilles de soda en tissu pour les panneaux amovibles.

    3. Downcycling («décyclage» ou «dévalorisation») désigne le procédé par lequel on transforme un déchet matériel en produit de moindre valeur. Exemple: transformer les moquettes en résine technique pouvant être moulée en pièces d’automobiles, utiliser la fibre des vieux tapis pour fabriquer de nouveaux endos de tapis, ou utiliser les vieux tapis pour produire de l’énergie par combustion.

    La majorité de ce qu’on appelle «recyclage» et même «valorisation» est en fait un «décyclage».

    Enjeux

    Dans les systèmes vivants, les déchets d'un organisme constituent de la nourriture pour d'autres organismes. La Nature ne perd rien, elle recycle tout. Pour respecter les conditions du développement durable, nos sociétés humaines doivent convertir les activités industrielles en processus cycliques compatibles avec les cycles naturels.
    Mais, dans notre modèle industriel actuel, la richesse est créée selon une séquence linéaire :

    extraire - produire - distribuer - utiliser - jeter

    Or, la majorité de ce qu’on appelle «recyclage» est en fait un «décyclage», qui ne fait que perpétuer cette séquence linéaire en l'allongeant :

    extraire - produire - distribuer - utiliser - recycler - utiliser - jeter

    Par exemple, quand on dit que les plastiques autres que ceux des bouteilles d’eau et de soda sont recyclés, ils sont mélangés à d’autres sortes de plastiques, ce qui produit un hybride de moindre qualité. Quand ils sont fondus et mélangés, les polymères dans le plastique - les chaînes de molécules qui le rendent fort et flexible - sont raccourcis. Comme les propriétés matérielles du plastique «recyclé» sont altérées, (son élasticité, sa limpidité et sa résistance à la traction sont diminuées), il faut ajouter des additifs chimiques ou minéraux pour obtenir la performance désirée. En conséquence, il peut être encore plus nocif pour l’environnement d'utiliser ce plastique «décyclé» que de jeter le plastique originel. Le seul fait qu’un produit soit dit «recyclé» ne le rend pas automatiquement inoffensif pour l’environnement, spécialement s’il n’a pas été conçu pour être recyclé. Ce qui nous amène à parler d’«éco-conception».

    Essentiel

    Dans l’approche systémique proposée par William McDonough et son associé allemand Michael Braungart, tous les produits et matériaux fabriqués par l’industrie doivent, à la fin de leur vie utile, servir de «nourriture» à quelque chose de nouveau. Selon eux, tout produit peut contenir deux types de composants: des «nutriments» biologiques et des «nutriments» techniques. Les produits doivent être conçus de telle sorte que les nutriments biologiques retournent dans le cycle organique et les nutriments techniques dans le cycle industriel.

    Comme la plupart des objets fabriqués par les humains ne sont pas naturels, ils ne constituent pas une «nourriture» saine pour les systèmes biologiques et souvent ils sont précisément conçus pour ne pas se dégrader dans les conditions naturelles. Les produits fabriqués en matériaux non biodégradables devraient être considérés comme des nutriments techniques et circuler continuellement dans les «boucles fermées» des cycles industriels, i. e. dans le métabolisme technique. Pour que les deux métabolismes restent sains, il est important de veiller à éviter la contamination croisée, c’est-à-dire que les composants qui conviennent au métabolisme technique devraient être tenus à l’écart du métabolisme biologique et vice versa.

    McDonough illustre ce principe de belle façon. Chaque pas que nous faisons libère des petites particules en provenance de nos semelles. Ces particules sont souvent des substances dommageables qui peuvent contaminer le sol et en réduire la vitalité. De plus, comme elles sont transportées par la pluie, ces particules peuvent causer des dommages un peu partout dans l’environnement. Selon le célèbre designer, les souliers devraient être conçus de telle sorte que les semelles soient biodégradables. En même temps qu’elles seraient usées par les marcheurs, les semelles nourriraient le métabolisme biologique plutôt que de l’empoisonner. Les autres parties du soulier pourraient constituer des nutriments techniques et être retournées dans les cycles industriels. Ainsi, la compagnie Nike, inspirée par McDonough, utilise une grande quantité de vieilles espadrilles pour fabriquer ses autres articles de sport.

    **************************

    Parlant des communautés Emmaüs fondées par l'abbé Pierre, le père Jean-Marie Viennet  écrit : « Il y a quelque chose de prophétique à ce que des hommes qui ont pu se ressentir à un moment de leur vie comme les ''rebuts'' de la société, retrouvent leur dignité en recyclant, précisément, les ''rebuts'' matériels de la société de consommation. Et plus, même, en étant dans une activité économique en avance sur leur temps, puisqu'elle intègre les exigences de préservation de l'environnement et de lutte contre le gaspillage... Car il va falloir inventer de nouveaux modèles, où la coopération l'emportera sur la compétitivité. » (cité par Jean-Marie Viennet, ex-secrétaire général d'Emmaüs, et René Poujol, dans leur ouvrage : Le secret spirituel de l'abbé Pierre (Salvator) -- propos rapporté par Patrice de Plunkhett, sur son blogue)

     

    Documentation

    Document sonore: Le réemploi des ordinateurs. Vous pouvez écouter en Real Audio ce reportage de Chantal Srivastava (émission «Les Années lumière», Radio-Canada, 3 juin 2001): comment des innovateurs s'y prennent pour redonner une deuxième vie à des objets courants qui s'accumulent trop souvent dans nos dépotoirs et nos décharges publiques. Des objets qui sont pour certains des déchets et pour d'autres, des sources d'inspirations...
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2014-01-30
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    Informations
    Linguistique
    Difficultés
    Dans le langage courant, on utilise indifféremment les mots «recyclage» et «récupération». Selon Environnement Québec, le mot récupération désigne «l'ensemble des activités de tri, de collecte et de conditionnement des matières résiduelles permettant leur mise en valeur».
    Anglais
    «recyclage» est traduit par «recycling» et «récupération» par «recovery»
    Raccourcis

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