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    Panikkar Raimon

    Raimon Panikkar parle de l'amitié. Une entrevue de Raimon Panikkar au sujet de Swami Abhishiktananda (Fr. Henri Le Saux, 1910-1973) - en anglais

    « Je suis arrivé en Inde chrétien, je suis devenu hindou
    ensuite bouddhiste, en restant toujours chrétien »

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Source de l'image: IIM

    Biographie


    Le 26 août dernier est décédé chez lui, dans le village de Tavertet, juché dans les montagnes de sa Catalogne natale, Raimon Panikkar, prêtre catholique, théologien et philosophe, reconnu mondialement comme l’un des plus grands promoteurs intellectuellement et vitalement du dialogue interculturel et interreligieux auquel il a consacré toute sa vie. Né en 1918 à Barcelone d’une mère catalane et d’un père indien de religion hindoue, détenteur de trois doctorats, en chimie puis en philosophie et en théologie, il a enseigné à Rome et aux États-Unis, à l’université de Harvard et a occupé la chaire de philosophie comparée des religions à Santa Barbara, en Californie. Son œuvre comprend plus de 60 livres traduits dans plusieurs langues et plus de 300 articles parus dans les plus prestigieuses revues de philosophie et théologie.

    “Je suis arrivé en Inde chrétien, je suis devenu hindou
    ensuite bouddhiste, en restant toujours chrétien”

    Cette déclaration de Raimon Panikkar illustre très bien ce qui a été son itinéraire existentiel et vital, marqué au sceau d’une volonté d’assumer, sans rien refuser, toutes les exigences d’un dialogue interreligieux et interculturel. Dialogue d’abord intérieur, surtout à partir des années 1950, quand il visita pour la première fois l’Inde, le pays de son père.


    Ce qui chez d’autres personnes aurait pu conduire à une coupure schizophrénique entre Orient et Occident, entre laïcité et spiritualité, entre différentes traditions religieuses et culturelles, en lui est devenu un cercle de vie fécond et libérateur.

    Je considère que cette démarche philosophique interculturelle a été rendue possible parce qu'elle s'est enracinée dans la conviction profonde que l’être humain est essentiellement un « homo religiosus », ou pour le dire plus simplement, avec ses propres mots, « L’homme n’est pas un singe évolué, mais un ange incarné ».

    C’est à l'intérieur de cette hypothèse que Raimon Panikkar a déployé comme un kaléidoscope sa vaste et profonde réflexion philosophique interreligieuse et interculturelle, qu’il a toujours considérée non seulement comme « L’amour de la sagesse » mais aussi et surtout comme « La sagesse de l’amour ».

    La philosophie de Raimon Panikkar peut être considérée, hors de tout doute, comme interculturelle en ce qu’elle se nourrit aux sources de différentes traditions culturelles et religieuses, que ce soit la tradition chrétienne, laïque, hindoue ou bouddhiste. Il aura su avec une remarquable créativité dialoguer avec elles et les faire dialoguer entre elles à partir de leurs noyaux les plus irréductibles; ce qui l’aura préservé de juxtapositions et de syncrétismes stériles.

    Ce serait par conséquent une erreur de chercher dans la pensée de Raimon Panikkar un système philosophique fermé, parachevé, ayant une quelconque prétention à une totalité qui répondrait à toutes les questions fondamentales.

    Raimon Panikkar ne croyait pas qu’on ait besoin de systèmes pour penser. Avec sa philosophie il n’a pas cherché à bâtir un soi-disant système philosophique interculturel, mais plutôt reprendre les questions fondamentales de l’être humain dans une perspective interculturelle certes, mais en montrant autant les limites des différentes traditions religieuses et culturelles que leurs immenses possibilités de fécondation mutuelle.

    L’ensemble de son œuvre (soixante livres et quelque trois cents articles publiés de son vivant) est une des contributions majeures au dialogue interculturel et interreligieux lequel est devenu un des impératifs de notre époque. Il est impossible de résumer en quelques mots tous les apports innovateurs et fondamentaux de sa réflexion philosophique.

    Néanmoins, arrêtons-nous à un fait qui illustre clairement le caractère innovateur de sa pensée : il a conçu des notions qui nous font entrevoir les thèmes fondamentaux de sa réflexion, non pas comme des compartiments fermés mais comme des polarités créatives.

    Dans ce sens, dans le cadre de sa réflexion sur la dimension advaitique (non-dualité dans l’hindouisme) de la réalité et le pluralisme de la vérité qui en découle, il nous a légué la notion d’ontonomie, qui nous permet de dépasser autant l’oppression de l’hétéronomie que la fragmentation de l’autonomie.

    Dans le dessein de dépasser les tendances monothéistes et monistes, en se fondant sur l’expérience trinitaire chrétienne, il nous propose de voir la réalité à partir de sa dimension cosmothéandrique, en tant qu’invariant transculturel et transreligieux, qui illustre aussi la relation d’interdépendance des composants de toute la réalité.


    Pour nous libérer de la contrainte d’une expérience strictement historique et linéaire du temps, il nous invite à développer une expérience tempiternelle, qui est à la fois temporelle et éternelle.
    Face au défi de la laïcité moderne et de la laïcisation contemporaine qui en découle, au lieu de nous proposer un repli vers une sacralité désincarnée, il nous invite à l’assumer pleinement en tant que sécularité sacrée.
    Finalement, afin de répondre interculturellement aux défis contemporains, il a développé une herméneutique diatopique et dialogale qui, tout en assumant l’irréductibilité des différents topoi (lieux en grec) culturels et religieux et des différents mythos (mythes en grec) dans lesquels ceux-ci s’enracinent, nous propose de découvrir, non pas des valeurs et des croyances universelles, mais les équivalents homéomorphiques de leurs valeurs et croyances respectives.
    Cette réflexion, cette recherche philosophique de Raimon Panikkar n’obéit pas à un simple intérêt intellectuel mais elle repose sur la ferme volonté d’œuvrer en faveur de la justice, de la vérité et de la plénitude humaines. Une plénitude qui, selon ses propres mots, se trouve dans le fait d’assumer que :
    « Nous ne sommes pas dans les mains du destin,
    mais nous n’avons pas non plus le destin dans nos mains.
    Nous sommes plutôt les mains du destin ».
    Un destin qui l’a conduit finalement dans les bras du Mystère Divin qui l’a guidé toute sa vie. Qu’il repose dans la Paix du Seigneur.

    Agustí Nicolau Coll
    *Originaire de la Catalogne, il a été le secrétaire de Raimon Panikkar (1993-1994) et l’organisateur et coordonnateur du symposium international « La philosophie interculturelle de Raimon Panikkar » qui a eu lieu du 20 au 23 février 2010 à Barcelone. De 2003 à 2009 il a été Directeur adjoint de l’Institut Interculturel de Montréal. Présentement il est responsable des activités publiques et des communications du Centre Justice et Foi de Montréal

    Pour en savoir plus

    On peut aussi consulter la conférence que Scott Eastham a prononcé à l’ouverture du symposium international sur son oeuvre qui a eu lieu à Barcelone en février 2002 : The Three Worlds of Raimon Panikkar. A Guide Tour.

    Oeuvres

    Compte tenu de la mission de cette encyclopédie, pour un monde durable, nous accordons une attention spéciale a tout ce qui dans l'oeuvre d'un auteur ou dans la carrière d'un personnage public porte sur la situation de l'homme dans le monde et peut aider à trouver la voie d'un rapport plus harmonieux avec la nature.

    C'est le cas de cette oeuvre de Raimon Panikkar. On y trouve une critique du dualisme cartésien de même que l'ébauche d'une vision du monde centrée sur 'l'amor primordial': «la filosofía, más que “amor a la sabiduría”, es “sabiduría del amor”: “Es la sofía o jñâna del amor primordial. Es la transparencia, el resplandor del kâma original y originante de todo” (“Autobiografía intelectual. La filosofía como estilo de vida”). Una filosofía que debe desembocar en una praxis y estilo de vida.»



    El Concepto de naturaleza
    Análisis histórico y metafísico de un concepto





    Este libro es el fruto de la Tesis Doctoral en Filosofía y Letras de Raimon Panikkar, defendida en la Universidad de Madrid el año 1946 con el título: “Filosofía cristiana. El concepto de Naturaleza”.
    “Preocupado por el problema teológico de la sobrenaturaleza como substrato metafísico de una antropología integral que explicase al hombre personal y concreto, al cristiano real e histórico -comenta en la Introducción- tuve que abordar introductoriamente el problema metafísico de la naturaleza”. Y es que, la causa final de este trabajo es la elaboración de una antropología teológica, aunque no se toque propiamente el tema en el libro. “El problema de la naturaleza no es otra cosa que la cuestión acerca de estructura de la realidad”.
    Panikkar polemiza con la filosofía moderna, caracterizada por lo que llama “separatismo de la razón”, que llevó a su “absolutización y endiosamiento (idealismo) y luego a su destronamiento y superación (irracionalismo)”. Para él, ese “arrinconamiento de la Fe” es lo que ocasiona en el fondo la escisión del hombre. Se trata ahora de demostrar la finitud de la razón, para así justificar filosóficamente la intervención de la fe. En definitiva, “dejar lugar para la fe”.
    En El concepto de naturaleza, encontramos un dominio y un gran aprecio por la filosofía griega, sobre todo la aristotélica, y por la escolástica; predilección que se deja ver en las numerosas páginas y abundantes citas que dedica a Aristóteles y Santo Tomás. De ahí su polémica con el pensamiento moderno, particularmente con el determinismo cartesiano, que considera la naturaleza como contrapuesta al espíritu, viéndola como un conjunto de seres regidos por un total determinismo. La crítica contra el racionalismo, el idealismo y lo que llama “reacción irracionalista” posterior, es rotunda, convencido el autor de que se trata de una evolución del pensamiento que no es otra cosa que la expresión de una autosuficiencia de la razón humana que “se derrumba en el irracionalismo” y la separación de Dios.
    Frente a estos filósofos, le seduce más a Panikkar el concepto de naturaleza de las nuevas ciencias físicomatemáticas (la relatividad, la mecánica ondulatoria, etc.), que ve como “el último peldaño en la evolución del concepto de naturaleza”. Es lo que desarrollará años después en su libro Ontonomía de la ciencia, pero ya apunta en artículos de los años 40 como “La ciencia biomatemática”, “El indeterminismo científico”, o “La entropía y el fin del mundo. Un problema de cosmología”.
    Finalmente, en unas hermosas páginas sobre el amor, Panikkar, apoyado en textos escolásticos y místicos, dice que el amor es “el vínculo que une todas las cosas entre si y con Dios, dando lugar al orden cósmico como resultado de la manifestación de cada una de las naturalezas. El amor desde el punto de vista de Dios aclara muchos puntos acerca de la naturaleza como instrumento de la Divinidad...”. Y es que para él, como desarrollará en escritos posteriores, la filosofía, más que “amor a la sabiduría”, es “sabiduría del amor”: “Es la sofía o jñâna del amor primordial. Es la transparencia, el resplandor del kâma original y originante de todo” (“Autobiografía intelectual. La filosofía como estilo de vida”). Una filosofía que debe desembocar en una praxis y estilo de vida.

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-04-12
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Catalan
    Naissance
    1918, Barcelone
    Déces
    26/08/2010, Tavertet
    Raccourcis

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