• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition


    Impression du texte

    Mésange

    Essentiel

    «Coupez le gui! Coupez le houx!

    C'est la Noël! Fleurissez-vous.

    Chassez les grives et les merles,

    Chassez la mésange au dos bleu

    Du gui dont les fleurs sont des perles,

    Du houx dont les fleurs sont du feu! »

    Charles Frémine

    LA MISE EN LIBERTÉ

    Victor Hugo
    L'art d'être grand-père

    Après ce rude hiver, un seul oiseau restait
    Dans la cage où jadis tout un monde chantait.
    Le vide s'était fait dans la grande volière.
    Une douce mésange, autrefois familière,
    Était là seule avec ses souvenirs d'oiseau.

    N'être jamais sans grain, sans biscuit et sans eau,
    Voir entrer quelquefois dans sa cage une mouche,
    C'était tout son bonheur. Elle en était farouche.
    Rien, pas même un serin, et pas même un pierrot.
    La cage, c'est beaucoup; mais le désert, c'est trop.
    Triste oiseau! dormir seul, et, quand l'aube s'allume,
    Être seul à fouiller de son bec sous sa plume!
    Le pauvre petit être était redevenu
    Sauvage, à faire ainsi tourner ce perchoir nu.
    Il semblait par moments s'être donné la tâche
    De grimper d'un bâton à l'autre sans relâche;
    Son vol paraissait fou; puis soudain le reclus
    Se taisait, et, caché, morne, ne bougeait plus.
    À voir son gonflement lugubre, sa prunelle,
    Et sa tête ployée en plein jour sous son aile,
    On devinait son deuil, son veuvage, et l'ennui
    Du joyeux chant de tous dans l'ombre évanoui.
    Ce matin j'ai poussé la porte de la cage.
    J'y suis entré.

    Deux mâts, une grotte, un bocage,
    Meublent cette prison où frissonne un jet d'eau;
    Et l'hiver on la couvre avec un grand rideau.

    Le pauvre oiseau, voyant entrer ce géant sombre,
    A pris la fuite en haut, puis en bas, cherchant l'ombre,
    Dans une anxiété d'inexprimable horreur;
    L'effroi du faible est plein d'impuissante fureur;
    Il voletait devant ma main épouvantable.
    Je suis, pour le saisir, monté sur une table.
    Alors, terrifié, vaincu, jetant des cris,
    Il est allé tomber dans un coin; je l'ai pris.
    Contre le monstre immense, hélas, que peut l'atome ?
    À quoi bon résister quand l'énorme fantôme
    Vous tient, captif hagard, fragile et désarmé ?
    Il était dans mes doigts inerte, l'œil fermé,
    Le bec ouvert, laissant pendre son cou débile,
    L'aile morte, muet, sans regard, immobile,
    Et je sentais bondir son petit cœur tremblant.

    Avril est de l'aurore un frère ressemblant;
    Il est éblouissant ainsi qu'elle est vermeille.
    Il a l'air de quelqu'un qui rit et qui s'éveille.
    Or, nous sommes au mois d'avril, et mon gazon,
    Mon jardin, les jardins d'à côté, l'horizon,
    Tout, du ciel à la terre, est plein de cette joie
    Qui dans la fleur embaume et dans l'astre flamboie:
    Les ajoncs sont en fête, et dorent les ravins
    Où les abeilles font des murmures divins;
    Penché sur les cressons, le myosotis goûte
    À la source, tombant dans les fleurs goutte à goutte;
    Le brin d'herbe est heureux; l'âcre hiver se dissout;
    La nature parait contente d'avoir tout,
    Parfums, chansons, rayons, et d'être hospitalière.
    L'espace aime.

    Je suis sorti de la volière,
    Tenant toujours l'oiseau; je me suis approché
    Du vieux balcon de bois par le lierre caché;
    Ô renouveau! Soleil ! tout palpite, tout vibre,
    Tout rayonne; et j'ai dit, ouvrant la main: Sois libre!

    L'oiseau s'est évadé dans les rameaux flottants,
    Et dans l'immensité splendide du printemps;
    Et j'ai vu s'en aller au loin la petite âme
    Dans cette clarté rose où se mêle une flamme,
    Dans l'air profond, parmi les arbres infinis,
    Volant au vague appel des amours et des nids,
    Planant éperdument vers d'autres ailes blanches,
    Ne sachant quel palais choisir, courant aux branches,
    Aux fleurs, aux flots, aux bois fraîchement reverdis,
    Avec l'effarement d'entrer au paradis.

    Alors, dans la lumière et dans la transparence,
    Regardant cette fête et cette délivrance,
    Et ce pauvre être, ainsi disparu dans le port,
    Pensif, je me suis dit: Je viens d'être la mort
    .

    XI

    Documentation

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.