• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Flux RSS:

    Impression du texte

    Loisir

    Définition

    Les anciens Romains, imitant en cela les Grecs, divisaient la vie en deux zones. Ils appelaient la première otium. Ce mot qu’il convient de traduire par loisir ne signifie toutefois pas absence de travail, mais occasion de s’occuper de ce qui est proprement humain: la vie publique, les sciences, les arts. La seconde zone, caractérisée par les efforts nécessaires à la satisfaction des besoins vitaux — et pour rendre ainsi possible l’otium — les Romains l’appelaient negotium (nec, otium), indiquant par là le caractère négatif de ces activités par rapport à celles qui portent sur les choses proprement humaines. On aura reconnu notre mot négoce dans le mot negotium.

    Aujourd'hui, on emploie le mot loisir plus souvent au pluriel qu'au singulier. Le mot otium conviendrait à une partie de ces loisirs: voyages culturels, lecture, etc. constitue; à l'autre partie, les loisirs organisés, c'est le mot negotium qui conviendrait; ce sont des activités calquées sur le travail.

    Enjeux

    Pendant longtemps le loisir intérieur, l'otium, a été un idéal à ce point incontesté qu’il demeurait présent à l’intérieur du travail de bien des gens: l’artisan, le paysan propriétaire, le membre d’une profession libérale. Dans tous ces cas, le travail était caractérisé par un temps poreux, comportant des intervalles plus ou moins longs que l’on pouvait déterminer à sa guise pour les consacrer aux activités gratuites, proprement humaines. À défaut de pouvoir jouir de l’otium dans toute sa plénitude, on l’introduisait dans son travail, quand la chose était possible. Ou plutôt, l’otium était le fond du temps dans les deux sens du terme, base et réserve. Sur ce fond on prélevait, avec un sens aigu de la limite, les intervalles nécessaires à ce que nous appelons le travail. Au cours des temps modernes, la situation s’est progressivement inversée. C’est le travail qui constitue le fond du temps, l’idéal à ce point incontesté qu’il déteint sur les intervalles de temps libre que l’on parvient, du moins dans les professions jadis libérales, de plus en plus difficilement à lui arracher.

    Essentiel

    Le loisir intérieur est menacé...
    «J'ai signalé il y a quelque quarante ans, comme un phénomène critique dans l'histoire du monde, la disparition de la terre libre, c'est-à-dire l'occupation achevée des territoires par des nations organisées, la suppression des biens qui ne sont à personne. Mais, parallèlement à ce phénomène politique, on constate la disparition du temps libre. L'espace libre et le temps libre ne sont plus que des souvenirs. Le temps libre dont il s'agit n'est pas le loisir, tel qu'on l'entend d'ordinaire. Le loisir apparent existe encore, et même ce loisir apparent se défend et s'organise au moyen de mesures légales et de perfectionnements mécaniques contre la conquête des heures par l'activité. Les journées de travail sont mesurées et ses heures comptées par la loi.

    Mais je dis que le loisir intérieur, qui est tout autre chose que le loisir chronométrique, se perd. Nous perdons cette paix essentielle des profondeurs de l'être, cette absence sans prix, pendant laquelle les éléments les plus délicats de la vie se rafraîchissent et se réconfortent, pendant laquelle l'être, en quelque sorte se lave du passé et du futur, de la conscience présente, des obligations suspendues, des attentes embusquées...Point de souci, point de lendemain, point de pression intérieure; mais une sorte de repos dans l'absence, une vacance bienfaisante, qui rend l'esprit à sa liberté propre. Il ne s'occupe alors que de soi-même. Il est délié de ses devoir envers la connaissance pratique et déchargé du soin des choses prochaines; il peut produire des formations pures comme des cristaux.»

    PAUL VALÉRY (Conferencia, novembre 1935)


    *******



    Quand l'homme n'est plus digne du loisir
    L'Encyclopédie de Diderot a beaucoup contribué à faire du travail et de l'esprit d'entreprise des vertus modernes. Pourtant, sans le loisir de ses principaux collaborateurs, L'Encyclopédie n'aurait jamais vu le jour. Pensons à l'admirable Chevalier de Jaucourt, médecin, qui rédigea 18 000 articles à lui seul. Mais après le spectacle démoralisant de la noblesse oisive et décadente de la cour de Louis xvi, plus personne ne semble digne de vivre sans travailler. Voici la définition qu'on y donne du loisir : « Si notre éducation avait été bien faite, et qu'on nous eût inspiré un goût vif de la vertu, l'histoire de nos loisirs serait la portion de notre vie qui nous ferait le plus d'honneur après notre mort, et dont nous nous ressouviendrions avec le plus de consolation sur le point de quitter la vie.

    Malgré qu'il soit ce à quoi « l'homme est condamné par son besoin », le travail est désormais « ce à quoi il doit en même temps sa santé, sa subsistance, sa sérénité, son bon sens et sa vertu peut-être. »


    *******



    Pour que le temps libre devienne loisir
    « Le temps libre devient loisir lorsqu'il ouvre la voie à des comportements choisis et autégérés susceptibles de lui de le meubler et de lui donner un sens. [...] Le temps libre n'a pas grande signification lorsqu'il est vécu ou subi dans l'anomie, l'indigence et la pauvreté, la carence éducative et le retrait social forcé. »

    MICHEL BELLEFLEUR, Le loisir contemporain. Essai de philosophie sociale, Presses de l'Université du Québec, 2002

    Documentation

    Jean Onimus, Quand le travail disparaît, Desclée de Brouwer, 1997

    Benito Cacéres, Loisir et travail, du Moyen Âge à nos jours, Seuil, 1973

    Michel Bellefleur, Le loisir contemporain. Essai de philosophie sociale, Presses de l'Université du Québec, 2002


    En anglais
    De Grazia, Sebastian, Of time, work and leisure, Kraus Reprint, 1979

    John T. Haworth et A.J. Veal [éditeurs], Work and leisure, Routledge, 2004
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    Linguistique
    Anglais
    Leisure
    Documents Associés
    Jean Touchard
    loisir, travail, action, philosophie, études, temps, activités, repos
    Franck Michel
    Tourisme, Croisades, Révolution touristiques
    Susan G. Davis
    loisirs, ville, industries culturelles, société de consommation, urbanisme
    Jacques Dufresne
    Travail, douleur, ennui, Schopenhauer
    Bernard Lebleu
    Travail, loisir, divertissement, oisiveté, ennui, Pascal, Kierkegaard, Jean Onimus
    Bernard Lebleu
    Loisir, oisiveté, désoeuvrement, otium, skolé, vita contemplativa, Kierkegaard, Pascal
    Raccourcis

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.