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    Suso Henri

    La prose allemande avait pris, dans la bouche des orateurs franciscains, de l’aisance et de la vivacité : des théologiens mystiques, appartenant à un ordre rival, lui donnèrent plus de vigueur et d’éclat, en l’appliquant aux recherches métaphysiques. C’étaient des esprits sincères, qui se sentaient repoussés par la sécheresse de l’enseignement scolastique, et qui voulaient y substituer une doctrine plus large et plus féconde. Le principe fondamental de leur philosophie était l’union de l’âme avec Dieu. Leurs nombreux disciples étaient répandus dans les maisons dominicaines le long du Rhin; leur centre était à Cologne. Ils avaient des rapports avec la secte des Amis de Dieu, fondée par Nicolas de Bâle. Nous n’avons point ici à considérer leur influence sur la philosophie du moyen âge : ce furent eux surtout qui amenèrent la ruine de la scolastique allemande. Mais ils mirent aussi leur empreinte sur la langue. Ils remplacèrent les formules latines, où la pensée philosophique avait été emprisonnée jusqu’alors, par des vocables allemands, que l’usage admit peu à peu, et qui furent définitivement consacrés par les écrivains de la Réforme.

    Le fondateur de l’école, Henri Eckhart, que l’admiration de ses contemporains a fait nommer maître Eckhart, vécut dans la seconde moitié du XIIIe siècle et au commencement du XIVe (...)

    Un contemporain de (Jean) Tauler, et qui avait reçu comme lui les leçons d’Eckhart, Henri Suso, prit décidément le rôle d’un directeur d’âmes. Il entretenait une correspondance active avec les Amis de Dieu, et il avait des disciplines dans tous les couvents dominicains d’hommes et de femmes de l’Allemagne méridionale et de la Suisse. Ses lettres spirituelles ont été recueillies par une religieuse de Thoess, près de Winterthur, en Suisse. Ses traités ont la forme de dialogues. Dans l’un d’eux, il établit un colloque entre lui-même et la Sagesse éternelle personnifiée dans le Christ; il aimait à s’appeler le Disciple de la Sagesse éternelle. Il mourut en 1366, à Munich, où l’on montre encore sa cellule; et, bien que ses opinions eussent été censurées par l’Église, il fut longtemps vénéré comme un saint.

    source: Adolphe Bossert, Histoire de la littérature allemande, Paris, Hachette, 1904, p. 166
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    1366
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