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    Impression du texte

    Zola Émile

    Écrivain français

    Biographie

    La méthode de l'écrivain

    Zola, par Dreher. Photo publiée entre 1895 et 1906. Library of Congress, Prints and Photographs Division, LC-USZ62-97986 (domaine public)«Par son art, par ses procédés d'élaboration et de composition, M. Zola n'a rien du véritable naturaliste. Dans la manière même dont il conçut les Rougon-Macquart, histoire sociale et naturelle d'une famille sous le second Empire, nous reconnaissons l'esprit systématique du logicien. Ce fameux arbre généalogique, qui parut pour la première fois dans Une page d'amour, M. Zola le dressa en 1868, avant d'avoir écrit une seule ligne de l'œuvre immense à laquelle il devait travailler pendant vingt-cinq ans. Dès lors, non content de s'être fait un devis général, il avait fixé le nombre des volumes et tracé pour chacun son cadre particulier. Voilà bien le triomphe de la méthode déductive, qui est tout ce qu'il y a de plus contraire à l'esprit du naturalisme. Et, d'autre part, tandis que le naturalisme incline de soi-même au relâchement de la composition, M. Zola procède toujours d'une façon méthodique, en géomètre, et ses romans les plus touffus ont une étroite unité. Nul ne sait mieux que lui, en se mettant à la tâche, et ce qu'il fera et comment il le fera. On l'a vu, plus d'une année avant la publication d'un volume, annoncer que ce volume aurait tant de chapitres, et chacun de ces chapitres tant de pages. Sa manière même de travailler, la suite toujours égale de son labeur, manifestent une discipline ferme et vigoureuse qui n'abandonne rien au hasard. Il a réglé par avance les moindres détails. Telle de ses œuvres peut nous présenter d'innombrables personnages qui se meuvent et se croisent à travers une multitude d'incidents: elle ne laisse pas moins une impression nette et distincte, parce que tout s'y tient, parce qu'il n'est aucun de ces personnages qui ne concoure pour sa part à l'action, aucun de ces incidents qui n'y soit directement rattaché. Quand M. Zola, appréciant quelque ouvrage de Goncourt, déclare que le roman finira par devenir une simple étude sans péripéties et sans dénouement, l'analyse d'une passion, la biographie d'un personnage ordinaire racontée au jour le jour, il en prend aisément son parti: là, c'est le critique qui parle, et le critique est naturaliste. Mais, comme romancier, lui-même travaille autrement. En composant ses livres, M. Zola soumet la «nature» aux exigences d'un art impérieux; il discipline, il corrige, il rectifie et simplifie, par besoin d'unité, cette nature indocile, tumulteuse, désordonnée, pleine de hasards et d'accidents, que le naturalisme, s'il est conséquent avec ses principes, doit reproduire en sa complexité dissolue.»

    Georges Pellissier, Histoire de la langue et de la littérature française des origines à 1900, éd. A. Collin, Paris, 1896. Texte intégral
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    Zola et la théorie naturaliste

    «M. Émile Zola est le théoricien du naturalisme. Il n'a point inventé le terme, qui existait fort avant lui, que lui-même signale dans Montaigne. Il n'a pas davantage inventé la chose. Ce qu'il préconise sous le nom de naturalisme, employé déjà par Taine en un sens analogue, nous en avons trouvé tous les éléments chez ses devanciers, chez Balzac d'abord, puis chez Flaubert et les Goncourt. Aussi bien M. Zola ne se donna jamais pour un novateur, et répudia toujours le titre de chef d'école. Il présentait le naturalisme comme une méthode et non point comme un système. En soi, le naturalisme n'a rien de scolastique. La seule obligation qu'il impose consiste dans le respect de la nature. Il est le contraire d'une école; car toute école se constitue beaucoup moins par la vérité dont elle fait profession que par les limites dont elle la borne, et le naturalisme ne fixe aucune limite, n'exclut de l'art que le convenu et le faux. Mais d'ailleurs son objet n'est point de copier la nature. A la nature s'ajoute l'homme. Chaque écrivain la modifie, consciemment ou non, d'après sa vision personnelle. L'art, dit M. Zola, c'est «la nature vue à travers un tempérament». Il n'y a pas de formule plus libérale.»
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    Ce qu'il y a de plus naturaliste chez M. Zola, au sens particulier où s'emploie le terme, c'est sa conception philosophique du monde et de la vie humaine, c'est son matérialisme et son pessimisme.

    Dès la préface de Thérèse Raquin, il déclare étudier, non des caractères, mais des tempéraments. [...] «Les naturalistes, a-t-il écrit, remplacent l'homme métaphysique par l'homme physiologique.» [...] «Qui dit psychologue, déclare-t-il, dit traître à la vérité.» [...] Si la psychologie ne doit pas évincer la physiologie, s'il n'y a pas, sans physiologie, de psychologie vraiment solide, nous préférons néanmoins au romancier purement physiologiste ce psychologue même que M. Zola, non sans raison, accuse de trahir la vérité. L'auteur des Rougon-Macquart a mis en scène des figures saisissantes, dans la peinture desquelles se manifestent la vigueur et l'ampleur de son génie. Ces figures sont presque toujours celles d'êtres qui se développent, sous l'influence de la même passion, avec une rectitude fatale, avec une continuité imposante et morne.

    Le matérialisme de M. Zola nous explique déjà son pessimisme: réduisant l'homme à des appétits, M. Zola devait forcément mettre au jour les côtés les plus vils et les plus abjects de la nature humaine.»

    Georges Pellissier, Histoire de la langue et de la littérature française des origines à 1900, éd. A. Collin, Paris, 1896. Texte intégral

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    Le procès-humain de l'humanité

    «La théorie de Zola est fort simple: point de héros, des hommes. La vie doit être étalée, racontée telle qu'elle est, dans sa banalité comme dans ses brutalités. L'intrigue habilement nouée, le deus ex machinâ, ces ressources de la scène, sont écartées; c'est le journal quotidien, par doit et avoir, des faits. La nouvelle école, «lasse des héros et de leurs mensonges, s'est aperçue qu'elle n'avait qu'à se baisser, à déshabiller le premier passant venu, pour faire du terrible et du grand». Oui; mais le premier passant venu est souvent, presque toujours, l'être banal, commun, étranger à ce «terrible» et à ce «grand» qui attachaient et passionnaient dans le roman d'autrefois, ce roman relégué par les nouveaux venus dans l'armoire aux jouets cassés, aux amusettes d'enfants.

    Émile Zola veut laisser dans le roman le moins de place possible à la création. «Le don de voir est moins commun que celui de créer.» Zola ne voit point le sophisme: l'auteur qui crée a vu déjà; l'étude de l'individu et l'observation des détails lui sont indispensables pour la conception du type et de l'ensemble. Zola pousse à fond son idée, ingénieusement suivie d'ailleurs. «De même qu'autrefois on disait d'un romancier: il a de l'imagination, je demande qu'on dise aujourd'hui: il a le sens du réel.»

    Les romans seront ainsi de fortes pages d'étude; leur intérêt sera dans la nouveauté des documents et l'exactitude des peintures. Ils seront enfin le «procès-verbal humain» que rêve la nouvelle école.

    Le romancier que veut être Zola, il nous l'a dit en deux lignes: «Celui qui a le sens du réel, et qui exprime avec originalité la nature en la faisant vivre de sa vie propre...»

    Edmond Rostand, Deux romanciers de Provence, Honoré d'Urfé et Emile Zola : le roman sentimental et le roman naturaliste, Paris, Éd. Champion, 1921. Texte intégral.

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    Zola, romancier de Provence

    «Il semble [...] que la meilleure partie de son œuvre soit précisément [l']Assommoir et tout ce qui ne prétend pas décrire le monde brillant, le monde riche. Car celui-là, Zola en donne la plus fausse idée: il le peint en homme qui en a toujours vécu éloigné; il en décrit les luxes avec une véritable naïveté, parlant des intérieurs somptueux comme en doit parler un ouvrier socialiste qui n'en a jamais visité un. Il croit aux raffinements inouïs, aux baignoires d'argent, aux moindres objets en or fin, aux serres qui sont de véritables forêts vierges, aux boudoirs où s'entassent des fortunes en bibelots. Il exagère, il exagère toujours: c'est là son maître défaut, celui où se trahit le Provençal... Dans ce décor éblouissant qui tient du conte de fées, il ne fait mouvoir que des corrompus, que d'horribles vicieux. Là encore, il n'a rien voulu voir de ce qu'il peut y avoir de bon, d'honorable. Et n'en trouvons-nous pas la preuve dans cet aveu étonnant: «Nous autres, manants, gens de petite fortune, nous ne connaissons le monde que par les procès scandaleux qui éclatent chaque hiver...»?
    La théorie de Zola est fort simple: point de héros, des hommes. La vie doit être étalée, racontée telle qu'elle est, dans sa banalité comme dans ses brutalités. L'intrigue habilement nouée, le deus ex machinâ, ces ressources de la scène, sont écartées; c'est le journal quotidien, par doit et avoir, des faits. La nouvelle école, «lasse des héros et de leurs mensonges, s'est aperçue qu'elle n'avait qu'à se baisser, à déshabiller le premier passant venu, pour faire du terrible et du grand». Oui; mais le premier passant venu est souvent, presque toujours, l'être banal, commun, étranger à ce «terrible» et à ce «grand» qui attachaient et passionnaient dans le roman d'autrefois, ce roman relégué par les nouveaux venus dans l'armoire aux jouets cassés, aux amusettes d'enfants.»

    Edmond Rostand, Deux romanciers de Provence, Honoré d'Urfé et Emile Zola : le roman sentimental et le roman naturaliste, Paris, Éd. Champion, 1921. Texte intégral.

    Oeuvres


    L'oeuvre de Zola: catalogue raisonné (Cahiers naturalistes)

    Textes en ligne:

    Ouvrages disponibles sur le site Gallica (Bibliothèque nationale de France) - un quarantaine de titres en mode texte et en mode image

    L'Attaque du moulin (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    Au bonheur des dames (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    La Bête humaine (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    La curée (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    La Faute de l'abbé Mouret (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    La Fortune des Rougon (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    Germinal (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    J'accuse (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    Jacques d'amour (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    La Mort d'Olivier Bécaille (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    Lettre à la jeunesse, Paris, E. Fasquelle, 1897 (Bibliothèque de Lisieux)

    Naïs (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    Nana (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    L'Oeuvre (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    Pour une nuit d'amour (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    Le Rêve (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    Le roman expérimental, Paris, Charpentier, 1890 (site de Jacques Maugier)

    Son Excellence Eugène Rougon (format RTF) (Ministère des Affaires étrangères, Fr., Florilège de la littérature française)

    Documentation


    Publications anciennes

    Émile Zola, par Guy de Maupassant (Paris : A. Quantin, imprimeur-éditeur, 7 rue Saint-Benoit, coll. «Célébrités contemporaines», 1883 (Bibliothèque de Lisieux, Fr.)

    Emile Zola, par William Dean Howells (Projet Gutenberg)

    Émile Zola. Notes d'un ami [avec des vers inédits d'Émile Zola], par Paul Alexis (Paris, G. Charpentier, éditeur, 1882 (version électronique de Michael Lastinger)

    Anatole France, La pureté de M. Zola, 1888

    Les Personnages des Rougon-Macquart. Pour servir à la lecture et à l'étude de l'oeuvre de Émile Zola, par F. C. Ramond, 1901 (version électronique de Michael Lastinger)

    Retté, Adolphe. "VII. Souvenirs sur Émile Zola", dans Le symbolisme: anecdotes et souvenirs, Paris, Vanier, 1903, 276 p.: p. 179-194 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)
    Brisson, Adolphe. "Le premier roman de M. Émile Zola", dans La comédie littéraire: notes et impressions de littérature, Paris, A. Colin, 1895, 382 p.: p. 205-212 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    L'Assomoir. Visite du Louvres en hypertexte (site de Michael Lastinger)

    "Hommage à Zola" par Louis-Ferdinand Céline (Louis-Ferdinand Céline, "Hommage à Zola", Céline et l’actualité littéraire 1932-1957, Cahiers Céline, no 1, 1976. En 1933, à Médan, Céline prononça ce discours, le seul de sa carrière littéraire. Robert Denoël en publie le texte en 1936, dans une plaquette : Apologie de Mort à crédit. Publié dans Études françaises, vol. 39, no 2, 2003 "Zola, explorateur des marges")

    Publications contemporaines

    "Zola, explorateur des marges", Études françaises, vol. 39, no 2, 2003. Articles disponibles en ligne. Sommaire : Colette Becker, Zola, un déchiffreur de l’entre-deux
    Jean-Pierre Leduc-Adine, Espaces, seuils et marges. À propos de L’assommoir
    Véronique Cnockaert, Du marbre et du chiffonné. Propos sur la beauté dans l’oeuvre d’Émile Zola
    Jacques Pelletier, Le peuple-femme : la « marque fatale du sexe »
    Alain Pagès, Aux marges du récit : Dictionnaire abrégé pour servir à la lecture et à l’étude de l’oeuvre d’Émile Zola
    Martine Léonard, « Quelques gais tableaux de la réalité »
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Références
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    1840
    Déces
    1902
    Documents Associés
    Georges Pellissier
    Émile Zola, écoles littéraires, roman naturaliste, matérialisme
    Raccourcis

    Référence


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