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    Division du travail

    Enjeux

    De Tocqueville: la division du travail abaisse la classe des ouvriers et élève celle des maîtres
    «Que doit-on attendre d'un homme qui a employé vingt ans de sa vie à faire des têtes d'épingles? et à quoi peut désormais s'appliquer chez lui cette puissante intelligence humaine, qui a souvent remué le monde, sinon à rechercher le meilleur moyen de faire des têtes d'épingles !

    Lorsqu'un ouvrier a consumé de cette manière une portion considérable de son existence, sa pensée s'est arrêtée pour jamais près de l'objet journalier de ses labeurs; son corps a contracté certaines habitudes fixes dont il ne lui est plus permis de se départir. Et, un mot, il n'appartient plus à lui-même, mais à la profession qu'il a choisie. C'est en vain que les lois et les mœurs ont pris soin de briser autour de cet homme toutes les barrières et de lui ouvrir de tous côtés mille chemins différents vers la fortune; une théorie industrielle plus puissante que les mœurs et les lois l'a attaché à un métier, et souvent à un lieu qu'il ne peut quitter. Elle lui a assigné dans la société une certaine place dont il ne peut sortir. Au milieu du mouvement universel, elle l'a rendu immobile.

    À mesure que le principe de la division du travail reçoit une application plus complète, l'ouvrier devient plus faible, plus borné et plus dépendant. L'art fait des progrès, l'artisan rétrograde. D'un autre côté, à mesure qu'il se découvre plus manifestement que les produits d'une industrie sont d'autant plus parfaits et d'autant moins chers que la manufacture est plus vaste et le capital plus grand, des hommes très riches et très éclairés se présentent pour exploiter des industries qui, jusque-là, avaient été livrées à des artisans ignorants ou malaisés. La grandeur des efforts nécessaires et l'immensité des résultats à obtenir les attirent.

    Ainsi donc, dans le même temps que la science industrielle abaisse sans cesse la classe des ouvriers, elle élève celle des maîtres.»

    DE TOCQUEVILLE, De la démocratie en Amérique, tome II, 2e partie, chap. XX. Voir ce texte. D'après l'édition numérique disponible sur le site des Classiques des sciences sociales.

    Documentation

    Sur la division du travail

    ÉMILE DURKHEIM
    La division du travail créatrice de solidarité sociale, organique
    «Si la division du travail produit la solidarité, ce n'est pas seulement parce qu'elle fait de chaque individu un échangiste comme disent les économistes; c'est qu'elle crée entre les hommes tout un système de droits et de devoirs qui les lient aux autres d'une manière durable. De même que les similitudes sociales donnent naissance à un droit et à une morale qui les protègent, la division du travail donne naissance à des règles qui assurent le concours pacifique et régulier des fonctions divisées.» (De la division du travail social)


    IVAN ILLICH
    «Mais, même lorsque l'on s'est préoccupé de chiffrer la dégradation de l'environnement, les pertes occasionnées par les nuisances ou le coût de la concentration, on n'a pas discerné que la division du travail, la multiplication des biens et des services et la sujétion à leur égard substituaient de force des produits standardisés à presque tout ce que, préalablement, les gens fabriquaient de leurs mains ou effectuaient par eux-mêmes.»

    ROLANDE PINARD
    Taylor et la maîtrise du temps du travail
    «Le noeud du problème [...] est le monopole ouvrier du savoir productif. [Taylor] s'y attaquera par le moyen de la décomposition analytique de l'activité qui permet d'en percer les secrets, de la rendre transparente. À travers l'étude des temps et des mouvements, Taylor ne s'attaque pas d'abord à l'activité physique, mais à celle de la pensée qui permet au travailleur d'en être le sujet. Étant donné la synonymie du temps et du travail dans la production capitaliste, la mesure du temps par le chronomètre (sa décomposition) s'est avérée cruciale. Jusqu'au taylorisme, le temps de travail était compté et calculé pour établir le salaire et le rendement, mais il n'était pas mesuré pour en définir les modalités d'accomplissement. La perte de la dimension subjective du travail le réduit à sa dimension d'activité empirique instrumentale (avec le one best way, le seul meilleur outil, le seul meilleur homme pour accomplir une tâche, déterminés par des experts). Les efforts des organisateurs du travail seront tendus vers cet objectif, primordial depuis l'avènement du mode de production capitaliste: éliminer ce qu reste de subjectivité dans l'accomplissement du travail en se rendant maître du temps qui, de synonyme de travail, devient synonyme d'organisation grâce à sa mesure par le management.» (La révolution du travail: de l'artisan au manager, Liber, Montréal, 2000

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-03-20
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    Informations
    Documents Associés
    Alexis de Tocqueville
    Travail, prolétarisation des travailleurs, aristocratie, rapports exclusivement économique entre l'aristocratie manufacturière et l'ouvrier
    Émile Durkheim
    Les problèmes relatifs à l'étude de la division du travail, de l'influence de la division du travail sur l'éducation et la formation de l'individu
    Jules Michelet
    Travail, condition ouvrière, machine, machinisme, exploitation des enfants
    Raccourcis

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