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    Mesmer Anton

    "L’Allemagne fut le berceau du magnétisme animal : depuis le milieu du siècle, on lui attribuait des cures miraculeuses, auxquelles le charlatanisme avait eu la plus grande part. Antoine Mesmer, né à Mersbourg (Souabe) en 1733, groupa en corps de doctrine les résultats qu’il avait obtenus sur ses malades par l’emploi méthodique du magnétisme animal; il s’était servi d’abord d’aimant artificiel; bientôt il se vanta de guérir toutes les maladies névralgiques par la puissance de sa seule volonté, et sans le moindre contact avec le malade. À la suite d’une vive polémique qu’il avait soutenue contre les principaux médecins de l’Allemagne, au sujet du traitement empirique et charlatanesque d’une jeune malade, il fut forcé de quitter Vienne, en 1778. Il vint à Paris, et n’y trouva que peu de sympathies jusqu’à ce qu’il eût fait connaissance avec Deslon, médecin du comte d’Artois. Ce médecin devint alors le plus chaleureux apôtre du magnétisme animal, qui fut accueilli comme la plus belle découverte des temps modernes, par la société aristocratique. La Faculté de médecine se prononça contre la nouvelle thérapeutique, qu’on nommait le mesmérisme, et Deslon, mis à l’index par ses collègues, n’osa plus défendre ouvertement les théories de Mesmer. Celui-ci, combattu et repoussé par la Faculté, s’appuyait sur les protecteurs qu’il s’était faits à la cour et dans les classes riches. Il faisait mine de vouloir quitter Paris, mais la reine l’invita, sous main, à y rester, et un ministre du roi, le baron de Breteuil, lui promettait une pension de 30 000 fr., s’il consentait à former des élèves. Quarante personnes notables s’associèrent dans le but de retenir Mesmer en France, et lui payèrent chacune cent louis pour qu’il leur apprît les secrets du magnétisme, qu’elles s’engageaient sur l’honneur à ne jamais révéler. Cette association, qui prit le nom d’Ordre de l’Harmonie, se constitua selon le rite de la franc-maçonnerie. Mesmer crut pouvoir appliquer lui-même le magnétisme animal au traitement des maladies de nerfs. Dans une salle semi-obscure, où l’air respirable se trouvait saturé de parfums, une grande cuve fermée, remplie d’eau sulfureuse, était traversée par des tiges de fer recourbées qui servaient de conducteurs au fluide et qui le transmettaient aux malades par des anneaux métalliques que chaque patient attachait à quelque partie de son corps. Les malades venaient s’asseoir en cercle autour de ce baquet magnétique (c’est ainsi qu’on l’appelait), les pieds posés sur un coussin de paille, et se tenaient silencieusement immobiles, quelquefois formant ensemble, par le contact réciproque des mains, un chaîne non interrompue, pendant qu’une musique mélodieuse s’élevait d’un orchestre invisible. Les assistants, sous l’influence d’une étrange surexcitation des sens, éprouvaient des sensations spasmodiques extraordinaires, qui se terminaient souvent par des convulsions et des accès de folie. La Faculté s’émut des dangers d’une pareille médication, si contraire à tous les principes de la science, et deux commissions, composées de physiciens et de médecins de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine, furent chargées, par ordre de Louis XVI, d’étudier le magnétisme animal dans ses causes et dans ses effets (12 mars 1784). Les deux commissions présentèrent leurs rapports, qui repoussaient la doctrine de Mesmer par des conclusions identiques, en déclarant que les phénomènes magnétiques devaient être attribués à l’imagination des personnes faibles et crédules, et que les cures dites magnétiques, étant dues à l’imagination et à l’esprit d’imitation, ne pouvaient être que suspectes et dangereuses. Cet arrêt de la science renversa le baquet magnétique, et Mesmer, considéré dès lors comme un audacieux charlatan, quitta le royaume à la hâte, dans la crainte d’avoir à restituer les 340 000 livres de souscriptions qu’il avait reçues des quarante dupes de l’Ordre de l’Harmonie. Il alla mourir obscurément, le 5 mars 1815, dans sa ville natale, non sans avoir essayé de faire revivre un système que la science avait condamné."

    Paul Lacroix, XVIIIe siècle: lettres, sciences et arts, France 1700-1789, Paris, Firmin-Didot, 1878, p. 44-46

    Documentation


    Alison Winter, Mesmerized Powers of Mind in Victorian Britain (extrait), University of Chicago Press, 1998

    Edgar Allan Poe, "Mesmeric Revelation", tiré de Tales of Science (Adelaide University Library)

    Catherine L. Albanese, Mesmer, Swedenborg and Quantum Physics, Compass. A Jesuit Journal, vol. 14, no 2, mai-juin 1996 (dossier "A Spiritual Sampler"): "In the late twentieth century, Mesmer, Swedenborg and Quantum Physics converge in the New Age."
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Naissance
    1733, Mersbourg (Souabe), Allem.
    Déces
    05 / 03 / 1815

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