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    Antibiotique


    Culture de la pénicilline, l'antibiotique le plus connu, dans une bouteille. Photo prise aux laboratoires Connaught, à Toronto (Ontario, Canada), en mai 1944
    Crédit : Harry Rowed / Office national du film du Canada. Photothèque / Archives nationales du Canada

    Définition

    Le terme «antibiotique» désigne une substance d'origine microbienne (sucre, protéine, aminoglycoside, etc.) qui, à très petite dose, empêche la croissance d'autres micro-organismes ou les détruit. Au contraire des simples désinfectants comme le peroxyde d'hydrogène ou la teinture d'iode, les antibiotiques exercent une action spécifique, c'est-à-dire qu'ils dérèglent le métabolisme de certains micro-organismes sans affecter les cellules humaines ou animales. Mentionnons que certaines de ces substances sont aussi employées pour le traitement du cancer, quoiqu'il ne s'agisse pas alors d'un usage antibiotique au sens strict du terme. Dans la nature, les antibiotiques représentent un atout pour les bactéries et les moisissures qui les synthétisent. Cet atout leur permet de nuire à leurs compétiteurs pour mieux s'accaparer les substances nutritives disponibles dans leur environnement.

    Qui inventa les antibiotiques? Épineuse question. Les encyclopédies rapportent l'existence en Chine, en Grèce, au Brésil, de recettes ancestrales de pâtes moisies que l'on appliquait sur les plaies infectées. Plusieurs savants, tels Pasteur et Joubert, en 1877, et Vuillemin, en 1889, ont observé que certains micro-organismes en inhibaient d'autres ou combattaient telle ou telle maladie.

    Quant au microbiologiste Alexander Fleming, il fut en un sens bien chanceux. Par un matin de 1929, l'une de ses cultures bactériennes, une souche de staphylococcus aureus, était envahie par une moisissure, penicillium notatum. La contamination d'un plat de pétri, fait banal dans la vie d'un microbiologiste, permit à Fleming d'observer que la bactérie ne poussait plus dans la zone où se développait la moisissure. Fleming soupçonna fort justement que celle-ci sécrétait une substance inhibitrice qu'il nomma pénicilline. Il prouva par la suite que la pénicilline n'était pas nocive pour l'homme et suggéra de l'utiliser comme antiseptique (désinfectant appliqué à l'extérieur du corps). Simultanément, René Dubos poursuivait aux États-Unis des recherches qui devaient le conduire en 1939 à la découverte de la gramicidine et de la tyrocidine, deux autres antibiotiques produits, ceux-là, par la bactérie Bacillus brevis. En 1939, Florey et Chain purifièrent la pénicilline G et, avec Abraham et Heatley, démontrent ses vertus comme médicament interne. Le 12 février 1941, un policier d'Oxford, atteint d'une infection bactérienne pénéralisée (septicémie), fut le premier miraculé de la pénicilline. En 1940, Waksman découvrit l'actinomycine, puis, en 1943, la streptomycine. Depuis, la quête de nouveaux antibiotiques se poursuit de plus belle. Quelque 10 000 antibiotiques d'origine naturelle sont connus à ce jour, dont environ 80 % proviennent de bactéries et 20 %, de moisissures. Tous ne sont pas employés, les effets toxiques de certains d'entre eux empêchant leur utilisation en médecine humaine et vétérinaire. La pénicilline, la céphalosporine et leurs dérivés représentent à eux seuls 60 % du marché mondial des antibiotiques.

    La finesse d'observation d'un microbiologiste anglais fut donc à l'origine d'une des plus grandes révolutions du monde médical. Après la découverte de l'asepsie par le Hongrois Semmelweis et du vaccin par Pasteur, s'ouvrait l'ère des antibiotiques. L'humanité disposerait désormais de remèdes extrêmement efficaces contre les fléaux qui l'accablaient depuis des millénaires: peste, typhus, diphtérie, tuberculose, syphilis, etc. Mais le miracle antibiotique a ses limites. Comme tous les médicaments, les antibiotiques provoquent chez certains des effets secondaires parfois très graves quoique rares: risque de choc anaphylactique chez les personnes allergiques aux pénicillines et aux céphalosporines; de toxicité aux reins avec la gentamycine; de surdité avec la streptomycine; ou de diarrhées avec les tétracyclines. Répétons-le, ces accidents sont rares.

    Élisabeth Gauthier, Les antibiotiques: l'envers du miracle, L'Agora, vol. 1, no 3, 1993

    Essentiel

    Il faut savoir que les virus ne sont pas vulnérables aux antibiotiques. S'il arrive qu'un médecin prescrive des antibiotiques dans le cas d'une maladie d'origine virale, ce sera pour soigner ou prévenir une infection et non pour combattre le virus.

    Documentation

    René Dubos et la découverte des antibiotiques

    «La découverte des antibiotiques résulte en effet d'une observation attentive de la nature et d'un désir de l'imiter, de la mimer. Dubos était agronome de formation. C'est la terre vivante qui l'intéressait. Il avait même déclaré qu'il ne travaillerait jamais dans un laboratoire, mais un beau jour de mai, raconte l'une de ses biographes, alors qu'il était assis dans les jardins du mont Palatin à Rome, il délaissa les engrais pour lire un article de Sergei Winogradsky, un microbiologiste russe qui s'intéressait aux sols. Winogradsky y déclarait que les microorganismes devaient être étudiés dans leur milieu naturel, en compétition avec d'autres bactéries et non pas dans l'environnement artificiel des cultures de laboratoire. Dubos affirma plus tard que sa carrière de chercheur était née à cet instant, à la lecture de cet article. Il adhéra à cette pensée écologique et décida d'étudier la microbiologie, malgré le peu d'attraits qu'avait pour lui cette discipline.

    Telle est l'intuition, grande et simple à la fois, qui mit Dubos sur la piste d'une enzyme capable de détruire la capsule protectrice du pneumocoque, premier pas vers la découverte des antibiotiques. Il avait auparavant découvert dans le sol des microbes capables de digérer la cellulose. Or la capsule protectrice du pneumocoque ressemblait beaucoup à la cellulose.

    Mais, pour la suite des choses, voici l'aspect le plus intéressant de cette découverte: la bactérie en cause ne produisait l'enzyme efficace contre la capsule que dans certaines conditions. Il s'agissait de sa part d'une adaptation d'une espèce, d'où l'appellation d'enzyme opportuniste qu'on lui réserva.»

    JACQUES DUFRESNE, René Dubos ou le juste milieu, L'Agora, vol. 9, no 4, janvier-février 2003


    Gwyn MacFarlane, Alexander Fleming: The man and the myth, Oxford, Oxford University Press, 1985

    John C. Brown, "What the Heck is an Antibiotic?", 1995
    R. Cohen, "Impact des antibiotiques sur la flore nasopharyngée et conséquences cliniques", 1996 (résumé)
    Jean-Claude Panisset et Hélène Leduc, "Antibiotiques et industrie animale" (Écoroute de l'information)

    Document sonore: Résistance aux antibiotiques: la situation au Canada. Écoutez en Real Audio le reportage de Yanick Villedieu. Invité: Dr François Boucher, pédiatre, pavillon CHUL du CHUQ (Centre hospitalier universitaire de Québec). Émission «Les Années lumière», Radio-Canada, 28 janvier 2001)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-04-19
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    Allemand
    Antibiotik
    Anglais
    Antibiotic
    Espagnol
    Antibiótico
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    René Dubos, Alexander Flemming, Howard Florey, Theodore Avery, reconnaissance, priorité, prix Nobel, histoire des sciences
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    Résistance, bactéries, microbes, traitement
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