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    Carrache Annibale

    Peintre italien (1560-1609). Le plus célèbre d'une grande famille de peintres bolognaise.

    À la même époque, vers 1600, Annibal Carrache et le Caravage, le premier à la Galerie Farnèse et le second à San Luigi dei Franceisi, jetaient les fondements de la peinture du XVIIe siècle. Au naturalisme rebelle du Caravage rejetant les formules et l'intellectualisme des maniéristes, le Carrache réplique avec un académisme brillant, nourri des meilleurs éléments de la Haute-Renaissance florentine et vénitienne, où la pureté formelle du dessin de Raphaël, la grâce du Corrège s'unissent avec la riche palette du Titien et de Véronèse. Le méticuleux travail de préparation des fresques, la résolution des problèmes de composition à l'aide de nombreux dessins, le programme iconographique et décoratif, très savant, alimenté par une culture approfondie de l'art et de la mythologie antiques, allaient imposer la manière du Carrache dans les académies européennes. Les études naturalistes de ses premières années allaient marquer Rubens et Poussin et les paysages sereins et bucoliques qu'il peint à fresque dans les lunettes de la chapelle du palais Aldobrandini marquent littéralement la naissance du paysage «classiciste», genre auquel le Lorrain allait bientôt donner ses lettres de noblesse.

    Biographie

    Victor Champier (La Grande Encyclopédie, 1885-1902):

    «Peintre italien, le plus justement célèbre de la famille des Carrache, né à Bologne en 1560, mort à Rome en 1609. Il avait débuté par apprendre le métier de son père, tailleur à Bologne, mais son cousin, Lodovico, frappé de ses dispositions pour la peinture, le prit à son école et lui fournit les moyens de compléter son éducation par les voyages et la fréquentation des maîtres. À Parme, il étudie le Corrège; à Venise, il se lie avec le Tintoret et Paul Véronèse. Quand il est de retour à Bologne, l'élève a de beaucoup dépassé le maître qui, sans jalousie, admire le talent de son cousin et l'associe, ainsi que le frère de celui-ci, Agostino, à ses travaux de l'Académie. Tous trois travaillent activement, Annibal plus encore que les deux autres, car de toute part on lui demande de ses oeuvres. Lorsque le cardinal Odoardo Farnèse le fait appeler à Rome et qu'il part avec Agostino pour exécuter la décoration de son palais, c'est lui qui se charge de la partie importante du travail, car son frère, humilié de la supériorité de son cadet, avait rejeté ses pinceaux pour s'adonner à la gravure. Pendant huit ans, Annibal travailla sans relâche au palais Farnèse et la décoration qu'il fit dans la grande galerie mesurant 20 m de long sur 5 de large reste son chef-d'oeuvre. Poussin déclarait que c'est une des merveilles de l'art. Au centre du plafond, peint entièrement à la fresque, Annibal a représenté le Triomphe de Bacchus et d'Ariane, tous deux montés sur des chars marchant de front et traînés par des tigres et des boucs blancs. Autour sont des faunes, des satyres, des bacchantes qui leur font cortège. Le reste du plafond est rempli par dix autres panneaux et une quantité de médaillons ou pendentifs, figurant tous des scènes empruntées à la mythologie, qui sont symétriquement divisés par des ornements d'architecture imitant des stucs. Ici, c'est le dieu Pan offrant à Diane la laine de ses chèvres; là, c'est Mercure offrant à Pâris la pomme d'or; plus loin, c'est Galatée, entourée de nymphes, d'amours et de tritons, qui parcourt la mer sur un monstre marin ; ailleurs, sur la muraille faisant face aux fenêtres, on voit Jupiter recevant Junon dans son lit nuptial, puis Diane caressant Endymion, Hercule et lole, Anchise et Vénus, etc. Aux deux extrémités de la galerie, Annibal Carrache a représenté, en vastes compositions: Andromède attachée au rocher et sauvée par Persée et Persée montrant à Phrynée la tête de Méduse. Toutes ces peintures, d'une coloration harmonieuse et riche, sont groupées sans confusion et avec beaucoup d'ingéniosité. L'effet en est très grand.
    Pour récompense d'un si colossal travail, le cardinal Farnèse, sur les insinuations perfides d'un méchant courtisan, Don Juan de Castro, ne donna à Annibal que la modique somme de 500 écus. Le peintre était certes désintéressé, mais une telle injustice l'atteignit cruellement et il revint de Rome profondément découragé. Un voyage qu'il fit à Naples ne réussit pas à dissiper sa mélancolie, et il retourna à Rome pour y mourir à l'âge de quarante-neuf ans. En expirant, il exprima le vœu, qui fut exaucé, d'être enterré auprès de Raphaël.
    [...]
    Dans la plupart de ces oeuvres, pour lesquelles une chronologie est difficile à établir, Annibal Carrache se montre peintre habile. consciencieux, respectueux de la nature, éclectique et systématique. Comparé aux Vasari, aux Sabbatini, aux Passerotti, disciples dégénérés des grands maîtres, il est savant et sobre. Chef d'école et réformateur, ennemi des exagérations, des musculatures outrées et des raccourcis extraordinaires qu'on aimait de son temps, il n'en reste pas moins enfermé dans les formules. Ses tableaux religieux ne sont que l'expression de la piété sentimentale et maniérée de ses contemporains. Ses Vierges, aux grâces languissantes, ses belles saintes aux mains potelées et vêtues de robes d'une coloration adoucie allant du violet pâle au rouge rayé de clair-obscur, dont les plis se déroulent avec une douceur caressante et ambiguë ; ses saints Jean et ses Madeleine, tout cela ressemble à une cour d'amour dont les personnages s'épanchent avec une complaisance attendrie non exempte de fadeur. C'est une religion pleine de mignardise, raffinée, mélangée, nuancée, composée de plaisir et d'ascétisme, incertaine entre le théâtre et l'église, entre le prie-Dieu et l'alcôve, traduite dans une peinture, qui, selon l'expression de M. Taine, "correspond aux doucereuses beautés de la poésie qui règne, du sigisbéisme qui commence et de l'opéra qui va se fonder".»

    VICTOR CHAMPIER, article «les Carracci» de La grande encyclopédie: inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Paris, Société anonyme de «La grande encyclopédie», [191-?]. Tome neuvième, p. 527-529

    Oeuvres

    Fresques Fresques du palais Farnèse, 1597-1692 (Rome)
    Peintures Scènes mythologiques
    La toilette de Vénus, 1590-1595 (National Gallery, Washington)
    Marsyas et Olympe, 1597-1600 (National Gallery, Londres)

    Scènes religieuses
    L'apparition de la Vierge à saint Luc et à sainte Catherine, 1592 (Louvres, Paris)
    Le Christ apparaissant à saint Antoine abbé, 1598 (National Gallery, Londres)
    Le Christ apparaissant à saint Pierre sur le voie Appienne, 1601-1602 (National Gallery, Londres)
    Le Christ mort pleuré par les trois Maries, vers 1604 (National Gallery, Londres)

    Paysages
    Paysage de rivière, vers 1590 (National Gallery, Rome)
    Le repos pendant la fuite en Égypte, 1603, (Galerie Doria-Pamphili, Rome)
    Oeuvres décoratives Silène cueillant des grappes de raisins. Couvert intérieur d'un instrument à clavier, 1597-1600 (National Gallery, Londres)
    Dessins Paysage de rivière avec bateaux, vers 1590 (Cleveland Museum of Art)
    Paysage avec personnages et bateaux à voile près d'un estuaire, 1590-1595 (National Gallery, Washington)
    Hercule au repos: étude pour la voûte du Camerino du palais Farnèse, 1595-1597 (Cleveland Museum of Art)
    Satyre, 1597-1600 (National Gallery, Washington)
    Étude pour le Polyphème de la Gallerie Farnèse (Louvres, Paris)
    Gravures Suzanne et les vieillards, 1590-1595 (National Gallery, Washington)

    Documentation

    Textes en ligne
    Vie d'Annibal Carrache, peintre bolognais par Giovan Pietro Bellori. Texte original en italien.

    Propos et citations sur Annibale Carrache

    Eugène Delacroix: les Carrache et l'introduction du réalisme en peinture
    «Le réalisme est la grande ressource des novateurs dans les temps où les écoles alanguies et tournant à la manière, pour réveiller les goûts blasés du public, en sont venues à tourner dans le cercle des mêmes inventions. Le retour, à la nature est proclamé un matin par un homme (NDE: Delacroix pense ici de Courbet) qui se donne pour inspiré...

    Les Carrache, et c'est l'exemple le plus illustre qu'on puisse citer, ont cru qu'ils rajeunissaient l'école de Raphaël. Ils ont cru voir dans le maître des défaillances dans le sens de l'imitation matérielle. Il n'est pas bien difficile, en effet, de voir que les ouvrages de Raphaël, que ceux de Michel-Ange, du Corrège et de leurs plus illustres contemporains, doivent à l'imagination leur charme principal et que l'imitation du modèle y est secondaire et même tout à fait effacée. Les Carrache, hommes très supérieurs, on ne peut le nier, hommes savants et doués d'un grand sentiment de l'art, se sont dit un jour qu'il fallait reprendre pour leur compte ce qui avait échappé à ces devanciers illustres, ou plutôt ce qu'ils avaient dédaigné; ce dédain même leur a peut-être paru une sorte d'impuissance de réunir dans leurs ouvrages des qualités de nature diverse qui leur parurent, à eux, faire partie intégrante de la peinture. Ils ouvrirent des écoles ; c'est avec eux, il faut le dire, que commencent les écoles comme on les comprend de nos jours, à savoir l'étude assidue et préférée du modèle vivant, substituée presque entièrement à l'attention soutenue, donnée à toutes les parties de l'art dont celle-ci n'est qu'une partie.

    Les Carrache se sont flattés sans doute que, sans déserter la largeur et le sentiment profond de la composition, ils introduiraient dans leurs tableaux des détails d'une imitation plus parfaite et s'élèveraient ainsi au-dessus des grands maîtres qui les avaient précédés. Ils ont conduit en peu de temps leurs disciples et sont descendus eux-mêmes à une imitation plus réelle, il est vrai, mais qui détachait l'esprit des parties plus essentielles du tableau conçu en vue de plaire avant tout à l'imagination. Sitôt que les artistes ont cru que le moyen d'atteindre la perfection était de faire du tableau une réunion de morceaux imités fidèlement.»

    EUGÈNE DELACROIX, Journal de Delacroix, 1822-1863, Genève, La Palatine, 1943, p. 407 et suiv.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Italie
    Naissance
    1560, Bologne
    Déces
    1609
    Documents Associés
    V. Champier, ,
    Biographies des membres de la famille de peintre bolognais Carrache (Carrachi).
    Raccourcis

    Référence


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